Vivre autrement n°9, lundi 10 juin 1996, dossier
Nourrir les villes
Peut-on se pencher sur lavenir des villes sans se préoccuper de celui des campagnes ? La question est quelque peu oubliée à Istanbul. Les premières dépendent pourtant des secondes pour leur sécurité alimentaire.
Au sommaire de ce dossier :
Lintendance suivra-t-elle ?, par André Franqueville (Orstom)
Côte-dIvoire : la dévaluation dans les assiettes, par Francis Akindes (Université de Bouaké)
Habitudes alimentaires : le retour de la cuisine locale, par Nicolas Bricas (Cirad-Sar)
Les agro-citadins dHarare, par Momo Masoka (Enda-Zimbabwe)
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Lintendance suivra-t-elle ?
Comment répondre au défi de lalimentation des villes des pays en
développement ? Malgré son fort potentiel, lagriculture locale reste marginalisée.
Que lon considère la croissance démographique des villes comme le résultat de la défaillance de lEtat dans son rôle de développement des campagnes ou, au contraire, comme un phénomène éminemment civilisateur, le problème reste dune ampleur sans précédent : comment alimenter cette masse sans cesse croissante de citadins désormais déconnectés de la production agricole et donc incapables de se nourrir eux-mêmes ? La moitié de la population du Sud vit aujourdhui dans les villes. En lan 2000, 59 des 79 villes de plus de 4 millions dhabitants appartiendront aux pays du Sud. Or, dans nombre dentre elles, lintendance ne suit pas. Lima, qui concentre quelque 45 % de la population péruvienne et vit dans la hantise dune rupture dramatique de son approvisionnement, illustre bien lampleur du défi : au cours des deux dernières décennies, cette ville a frôlé à plusieurs reprises la catastrophe. Une vulnérabilité non moins préoccupante prévaut à Brazzaville et plus encore à Libreville. Aux Philippines, dont la moitié des habitants vivent en ville, la production de riz, céréale stratégique, croît moins vite que celle de la population. Le gouvernement, malgré des ventes de riz importé à prix subventionné, ne parvient pas à juguler la hausse du prix à la consommation, qui est passé de 8 à 25 pesos le kilo entre janvier et septembre 1995
Pâtes et surgelés
Lénormité dune demande croissante suppose une réadaptation totale des modalités de lapprovisionnement, depuis la production jusquà la distribution. Où trouver et comment acheminer chaque jour les considérables quantités daliments nécessaires ? Peut-on encore compter sur la production locale, nationale, régionale, quand les campagnes se trouvent justement vidées de leurs forces vives ? Brazzaville, Pointe-Noire et Kinshasa se livrent chacune à une guerre du manioc dans un arrière-pays dépeuplé. Au Mexique, le nombre de consommateurs dont chaque actif agricole doit assurer la subsistance a été multiplié par cinq depuis 1940.
Défi également posé par les changements de la demande alimentaire qui porte de plus en plus sur des aliments industrialisés, depuis le pain et les pâtes jusquaux surgelés. Lurbanisation saccompagne ainsi dun déclin de la demande en aliments de consommation directe, précisément ceux que savent produire lagriculture et le petit artisanat alimentaire locaux. Déclin relatif cependant, car la rupture entre les types dalimentation nest jamais radicale. En Côte-dIvoire, laugmentation des importations alimentaires semble bien être due davantage à la croissance du taux durbanisation quà lévolution du comportement des consommateurs, et des études montrent que cette évolution na rien dirréversible. Confirmation en est donnée à Bogota où limportance des aliments de consommation directe, fruits, tubercules, tend à augmenter parmi les dépenses alimentaires des ménages, au détriment des produits agro-industriels.
Défi encore, et non des moindres, que celui posé par la pauvreté globale des populations urbaines. La situation est dautant plus explosive quune majorité de pauvres côtoie une minorité de citadins insolemment opulents. Offrir à cette masse de citadins une alimentation à bas prix est, pour tout gouvernement, non seulement une obligation mais souvent une condition de son maintien au pouvoir. Or la solution adoptée depuis les années 70, celle des importations subventionnées par lEtat et de laide alimentaire, a permis déluder la nécessaire restructuration de lagriculture en accord avec les besoins nationaux et, pis encore, a marginalisé lagriculture existante. Aujourdhui, subventionner les aliments est désormais considéré comme économiquement hérétique et la « vérité des prix » doit obligatoirement et partout se substituer aux subventions.
Il serait erroné de penser que la production alimentaire, même celle des petits paysans péjorativement qualifiés de « traditionnels », ne sadapte pas à la croissance de la demande urbaine. Spontanément, même en labsence de toute incitation, les paysans du Sud répondent, comme les autres, à la demande, dans la mesure où cette réponse nest pas de nature à mettre en péril leur propre approvisionnement et présente pour eux un réel avantage. Dans bien des régions dAfrique, la ville est depuis longtemps perçue par les paysans proches comme un prolongement de leur espace rural. Ainsi, en Côte-dIvoire, la croissance urbaine a suscité un essor des cultures vivrières commerciales. Au Venezuela, les paysans des hautes vallées andines ont su créer des milliers dhectares irrigués produisant de façon intensive pommes de terre et légumes pour le marché de Caracas. Incontestablement, les campagnes réagissent et se transforment, non seulement sous leffet de la croissance des villes voisines, mais parfois aussi en réponse à des appels venus dau-delà des frontières, telle la demande alimentaire du Nigeria pour les producteurs togolais, ou celle de lEurope pour les maraîchers de Dakar.
Adaptation des paysans, mais aussi adaptation des citadins dont les stratégies dauto-approvisionnement ne doivent pas être sous-estimées. Pour nombre dentre eux, les relations maintenues avec la campagne apportent un sérieux appoint à lalimentation de base. A El Alto de La Paz, en Bolivie, plus de la moitié des familles immigrées au cours de la dernière décennie reçoivent des vivres de leur communauté dorigine. A ces stratégies non-marchandes déchanges familiaux sajoutent des stratégies commerciales qui conduisent des citadins dAbidjan ou de Douala, même sans lien particulier avec la terre, à investir dans la création dexploitations agricoles périurbaines ou dans un petit élevage destiné au marché urbain. Enfin, phénomène souvent ignoré, la pratique de cultures urbaines, dans les concessions familiales ou sur les terrains vagues en attente de construction, apporte à la cuisine familiale bien plus que de simples aromates ou condiments. A Kinshasa, le maïs et le manioc ont remplacé les bougainvilliers des quartiers résidentiels. A São-Paulo, où lespace manque, on va jusquà essayer la culture sans terre dans les garages.
Développement de lagriculture péri ou intra-urbaine, mais aussi élargissement de laire dapprovisionnement de la ville. Yaoundé reçoit du pays bamiléké, à 400 kilomètres de distance, une bonne partie de son alimentation. Au Mexique, lapprovisionnement urbain, et en particulier celui des 17 millions de consommateurs de la capitale, sorganise sur des distances croissantes. Ici, trois Etats assurent, sur des distances supérieures à 2 000 kilomètres, 80 % de lapprovisionnement en oignons, tandis que douze bassins de quelques milliers dhectares situés dans le nord-ouest et le sud-est du pays produisent la quasi-totalité des pommes de terre acheminées vers les halles centrales.
Laire de lapprovisionnement urbain peut aussi sétendre bien au-delà des frontières nationales. Mais, ici, les acteurs de lapprovisionnement changent : ce sont de grandes entreprises visant à dominer les marchés nationaux, voire, internationaux et dont le rôle croissant, depuis une vingtaine dannées, se concrétise par limplantation de chaînes de grands magasins dans les principales villes latino-américaines. Faut-il donc admettre que lextraversion caractéristique des villes du Sud doive sétendre jusquà leur alimentation et que seul le marché international soit à même de leur apporter la véritable sécurité alimentaire ? Faut-il aussi admettre que le riz asiatique envahisse les marchés de Madagascar et du Sénégal et consacre la marginalisation des producteurs africains tout en détruisant lenvironnement dans les zones de production ?(1) Intensification des cultures, extension des bassins de ravitaillement, mondialisation des échanges, la réponse au défi de lalimentation urbaine est-elle réellement trouvée ?
Goulots détranglement
Le manque de fluidité des échanges, nécessaire à un ravitaillement correct des villes, constitue pour la grande majorité des pays pauvres lun des principaux goulots détranglement des systèmes alimentaires. Quils soient nationaux ou importés, les aliments circulent mal à lintérieur de ces pays à cause de linadéquation persistante des infrastructures de transport. En Tanzanie, le coût de transport par chemin de fer du maïs produit à 1 500 kilomètres de Dar es-Saalam, deux fois supérieur à celui du transport maritime du même produit depuis lEurope, fut lune des causes de léchec de lautosuffisance recherchée dans les années 60. Mais construire des voies ferrées ou des routes dignes de ce nom ne suffit pas. Encore faut-il que ces voies de communication servent à désenclaver des zones agricoles capables de ravitailler les villes. Il faut aussi que les producteurs soient certains quune éventuelle amélioration des infrastructures tourne à leur avantage. Si la rente ainsi obtenue est, comme souvent, prioritairement répercutée sur le consommateur urbain ou bien confisquée par les intermédiaires, la relation supposée entre accessibilité au marché et développement de la production agricole ne peut pas sétablir, comme le constat en a été fait au Ghana et en Sierra Leone.
Or il faut bien constater que les politiques préconisées par les bailleurs de fonds internationaux ne favorisent guère les changements souhaitables. Le désengagement de lEtat, qui cède à des entreprises privées ses infrastructures de transport, ne peut avoir dautre conséquence quune contraction des réseaux existants sur leurs seules composantes rentables et la mise hors-
circuit des régions et des producteurs peu ou pas encore intégrés au système dapprovisionnement du marché urbain. Plus encore, la baisse du pouvoir dachat subie par la majorité des citadins pendant la « décennie perdue » du développement, la réduction du nombre des emplois induite par la récession due à lajustement structurel, la disparition des subventions ont entraîné une compression extrême des dépenses alimentaires. Pour les habitants de la ville de Panama, le pouvoir dachat du salaire minimum a diminué de 22 % entre 1960 et 1994 et de 36 % si lon considère les achats alimentaires.
Lévolution de la demande urbaine fait apparaître une opposition de plus en plus nette entre les productions des petits et moyens agriculteurs et les spéculations nées de demandes alimentaires en expansion. La proximité du marché urbain ne suffit plus à garantir la rentabilité de la commercialisation. Les producteurs périurbains du bassin de Chalco, autrefois grenier de Mexico, se trouvent de fait rejetés en marge des réseaux de la commercialisation du maïs et des légumes frais, au point que le seul usage rémunérateur des parcelles qui leur restent est celui de son lotissement. Ici, le développement du transport routier a favorisé des spécialisations régionales fort lointaines et une centralisation de la commercialisation entre les mains de quelques intermédiaires obligés. Dix grossistes contrôlent directement plus de 80 % des arrivages de pommes de terre : les agriculteurs ne peuvent avoir accès au débouché urbain que sils ont passé contrat avec lun deux ou avec son mandataire. En Equateur, le désenclavement de la ville de Loja, par louverture de nouvelles routes vers la côte, désarticule léconomie régionale en permettant aux grossistes de sapprovisionner à meilleur prix à Guayaquil. Mais ici, toutefois, les agriculteurs locaux ont gardé le monopole sur les produits frais. Laccès des acteurs au marché vivrier dépend de leur organisation, et force est de constater que dans les pays du Sud, ceux qui sorganisent au mieux de leurs intérêts sont rarement les paysans, mais les intermédiaires et les producteurs capitalistes dont le poids politique est plus déterminant.
Posons donc la question. Quel type dagriculture veut-on pour nourrir les villes ? Faut-il définitivement écarter pour non-compétitivité le petit ou même le moyen producteur et, dans ce cas, quelle autre activité lui propose-t-on ? Faut-il au contraire parier sur sa capacité dadaptation, confirmée par maints exemples ? En Equateur, les exploitations de moins de 10 hectares produisent encore la moitié, et parfois davantage, des aliments de base du pays, mais les conditions de la commercialisation dont ils nont pas la maîtrise font quils les vendent à perte. Même situation en Bolivie où la demande alimentaire est couverte à 70 % par les petits producteurs, mais ceux-ci restent sans défense face à lemprise des intermédiaires. Il existe pourtant des exemples dorganisation de filières alimentaires par lamont, tel celui de ces groupements de femmes rwandaises qui, avec laide dun crédit de lEtat, contrecarraient la spéculation en offrant au producteur un meilleur prix que celui du commerçant au moment de la récolte et en commercialisant les stocks ainsi constitués à un prix moins élevé que celui du marché.
Paysans sur la touche
Dans la mesure où les grands projets agricoles sont par définition hautement productivistes, ils sont nécessairement sélectifs et marginalisent les autres catégories de producteurs. Choix lourd de conséquences sociales et dont la faisabilité à long terme nest pas certaine si lon songe aux multiples dépendances technologiques quil entraîne pour des pays par définition peu solvables. On constate dailleurs que face aux crises, ce sont les petites exploitations pratiquant la polyculture qui résistent le mieux.
Si produire pour la ville suppose, pour le paysan africain, que la commercialisation de ses vivres savère plus rémunératrice que celle des cultures dexportation habituelles, les dévaluations qui tendent à favoriser ces dernières et renchérissent les importations devraient être profitables aux producteurs locaux et leur laisser plus despace sur le marché urbain. Mais les moyens techniques et les intrants quil faut importer, et surtout les crédits nécessaires à lintensification de leur production, font plus que jamais défaut. Peut-on sétonner, dans ces conditions, que lagriculture dite traditionnelle ne se transforme pas ? La solution la plus logique à la portée du paysan demeure alors celle des cultures mixtes où les vivres ne sont quun sous-produit de léconomie de plantation. Mais est-ce suffisant pour nourrir les villes ?
Intégration régionale
Enfin si lessor des réseaux de transport nationaux et internationaux, de même que la facilité croissante des échanges voulue par la pensée dominante, facilitent lemprise dun petit nombre dopérateurs ou de firmes agro-alimentaires souvent multinationales, que deviennent dans ce contexte les perspectives de développement régional dont la ville était censée constituer le moteur ?
Contrairement à une idée reçue, la croissance des villes des pays du Sud na pas pour corollaire une dépendance alimentaire inévitablement accrue. De la même façon que le développement dune ceinture vivrière peut se produire ou non, un système dimportations alimentaires massives peut ou non se mettre en place. Tout dépend du type déconomie qui régit le pays et des options adoptées.
Aujourdhui le choix fondamental est le suivant. Soit entériner lexistence et lélargissement de la fracture géographique entre ville et campagne, sous les impératifs dune mondialisation selon laquelle les villes du Sud ne présenteraient dautre enjeu que celui de livrer une masse de consommateurs au plus offrant, en loccurrence aux grands pays exportateurs. Soit construire, voire reconstruire une intégration nationale ou régionale selon les cas, dans laquelle les populations des villes du Sud non seulement mangeraient à leur faim, mais seraient aussi partie intégrante densembles économiques et sociaux cohérents et solidaires. Les matériaux de lédifice sont là, où sont les architectes ?
André Franqueville
Orstom
(1) La Thaïlande, gros exportateur de produits agricoles, a connu un rythme record de déforestation et a pratiquement épuisé son potentiel dextension des terres cultivables. Les deux tiers des surfaces arables sont érodées et les pertes de sol vont jusquà 1 000 t/ha pour les cultures de rente comme le soja ou le maïs.
Encadré :
LInde aura-t-elle besoin dune autre révolution verte ?
LInde a gagné la bataille de lautosuffisance alimentaire. Mais en dépit dun système qui combine distribution à prix subventionnés et marché libre, la sécurité alimentaire est loin dêtre garantie pour tous. Avec environ 930 millions dhabitants en 1995, lInde est le deuxième pays le plus peuplé du monde, juste derrière la Chine. Sa population urbaine - 250 millions dindividus -, considérable dans labsolu, reste relativement modeste, puisquelle regroupe à peine plus dun quart des habitants du pays.
Néanmoins, nourrir les grandes métropoles indiennes ou la masse des villes petites et moyennes dispersées à travers le pays, requiert une quantité monumentale de produits alimentaires. LInde est à même dy faire face, statistiquement du moins. La révolution verte mise en oeuvre après lalerte alimentaire de 1965-66 sest en effet accompagnée de la mise en place dune structure combinant marchands de grains privés, achats et stockage publics et réseaux de boutiques de « rationnement » offrant à bas prix, en ville comme dans les campagnes, une part des produits de base à prix subventionnés.
Mais la bataille alimentaire gagnée dans labsolu nimplique pas que la malnutrition soit partout vaincue, loin de là. Les stocks publics, quelque 30 millions de tonnes de grains, sont désormais jugés trop lourds, et pourtant il reste des ventres creux.
En dautres termes, les conditions de la sécurité alimentaire dépendent aujourdhui bien davantage des modes de distribution des revenus et du pouvoir dachat que de la capacité du pays à lautosuffisance. La lutte contre la malnutrition relève pour une part de politiques publiques dencadrement, mais aussi de lamélioration du pouvoir dachat des moins favorisés ; car, globalement, les boutiques indiennes regorgent de biens alimentaires.
Equilibre précaire
Depuis 1991, la nouvelle politique économique est marquée par la libéralisation mesurée et louverture au marché mondial dune Inde jusqualors protectionniste. Aujourdhui, on sinterroge : lÉtat maintiendra-t-il son engagement, considérable malgré les lacunes, pour préserver une tradition de régulation partielle du marché alimentaire ? Les réformes structurelles ne risquent-elles pas daffaiblir sensiblement le pouvoir dachat des moins bien lotis ? La déroute du parti du Congrès, moteur de la réforme, aux élections générales de mai 1996 est liée à des causes trop diverses pour quon puisse y voir seulement une condamnation populaire de la politique douverture. Mais la question de lengagement de lEtat restera durablement posée aux nouveaux gouvernants. La stratégie de la croissance par le marché aura-t-elle un impact positif sur la résorption de la pauvreté ? Une autre question préoccupe les experts : lInde devrait-elle connaître à moyen terme une seconde révolution verte - au-delà du riz et du blé, promouvoir dautres céréales et aliments - pour hausser significativement la disponibilité alimentaire par tête ?
En Inde, les pratiques politiques des gouvernants et le poids démographique des ruraux ont pour linstant sauvegardé pour lessentiel la sécurité alimentaire des villes. Villes où la population politisée défend ses prérogatives, usant de son droit de vote sous le regard dune presse pluraliste. Mais quen sera-t-il demain ? Lindispensable avancée sur le front alimentaire demeure sans doute indissociable de lexercice de la citoyenneté. Citoyens urbains et ruraux feront sans doute entendre davantage par des voies multiples les aspirations des moins privilégiés, soit directement, soit par les canaux politiques, soit par lintermédiaire des associations.
Jean-Luc Racine
Ehess