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04/02/03

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du n° 230 - 4 février 2003

Des associations essaiment sur les champs commerciaux

Limitées par leur statut, certaines associations imaginent des solutions pour réaliser des activités commerciales. Coup de projecteur sur une initiative ardéchoise.

Depuis 1996, Asfodel, dispense des formations en alternance pour des créateurs d’activités en milieu rural. Cette association, qui compte près de 110 adhérents et plusieurs salariés, propose aussi un réseau de tuteurs qui partagent leurs expériences avec les porteurs de projet. Au bilan, l’association regrettait que certaines personnes ne passent pas à l’acte de création suite à la formation. Plus précisement, ces personnes manquaient d’un lieu d’accueil pour vérifier la validité de leur idée initiale, la viabilité économique du projet ainsi que les compétences nécessaires pour devenir entrepreneur. D’autre part, Asfodel réalisait des études fiscalisables qui devaient être externalisées. L’association ne pouvant être un lieu pour ces activités à forte vocation économique, deux salariés d’Asfodel se sont alors investis pour créer une nouvelle structure. La Société coopérative ouvrière de production est apparue la plus transparente à la fois du point de vue du statut commercial, du capital social ainsi que de la gestion par les salariés. La Scop Pollen est, donc, née en 2001. Trois associés-salariés et un représentant d’Asfodel sont membres de l’assemblée des associés. Les associés-salariés sont majoritaires dans les statuts et mènent leurs propres activités d’ingénierie, de formation ainsi que des études pour le compte d’Asfodel... Chaque entrepreneur potentiel est embauché en CDI (Contrat à durée indéterminée) par la Scop sur une base prévisionnelle de développement économique du projet. Il bénéficie du support juridique de la coopérative. Un accompagnement est réalisé par les trois associés-salariés de la coopérative pour que l’entrepreneur fasse les choix nécessaires. Lorsque l’activité est jugée pérenne, le créateur peut faire le choix d’intégrer la Scop en tant qu’associé ou créer son propre statut. En 2002, la Scop a accueilli onze salariés-entrepreneurs souhaitant mettre en place des activités de dépannage informatique en milieu rural, d’ébénisterie, de travaux multi-services, d’initiation à l’audiovisuel… Par rapport à une couveuse d’entreprises, la prise de risques par les associés est supérieure car souvent les projets initiaux sont sur des domaines non solvables.
Plusieurs couples " association/société commerciale " existent aujourd’hui en France. La lisibilité extérieure du couplage de deux structures, l’une non-lucrative et l’autre lucrative, peut poser questions. Quelles sont les échanges financiers ? Où se situent les lieux de décision avec la présence des mêmes acteurs dans les deux entités ? La formalisation permanente des liens entre l’association et la société commerciale est nécessaire pour montrer cette complexité. La Scop Pollen bénéficie pour sa part d’un statut d’expérimentation reconnue par les pouvoirs publics ardéchois, ce qui lui permet de régler ces difficultés.

T. G.

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