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22/10/02

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du n° 223 - 22 octobre 2002

Brésil, terre d'espoirs

Jairo Bossa est formateur au Cetap (Centre des technologies alternatives et populaires) au Rio Grande do Sul (Sud Brésil). Il accompagne des groupes d'agriculteurs familiaux en marche vers l'agroécologie. Il espère la victoire du candidat du Parti des travailleurs, Lula, au deuxième tour des élections présidentielles brésiliennes.

Transrural : Que pensez-vous de la politique agricole brésilienne ?
J. B. : Le président sortant, F. H. Cardoso, a conduit la politique de l'agrobusiness, tout en reconnaissant que l'État avait une "dette sociale" envers les petits paysans. Il y a deux ministères : le ministère de l'agriculture, interlocuteur des grandes entreprises qui traite économie et exportations et le ministère du développement agraire, interlocuteur des syndicats (Contag, Cut) chargé de mettre en place une politique compensatrice, sociale, mais sans remettre en cause celle de l'autre ministère. Ainsi le Secrétariat à l'agriculture familiale gère un programme d'appui à l'agriculture familiale avec des prêts bonifiés.

Transrural : Où en est le débat sur les Organismes génétiquement modifiés (OGM) ?
J. B. : Le ministère de l'agriculture et celui des sciences et technologies sont favorables aux OGM. Le ministère de l'environnement est plus critique. La recherche agronomique est également favorable et les chercheurs qui ont un avis personnel différent ne doivent pas l'exprimer publiquement, mais porter l'avis de l'institution.

Transrural : Si Lula est élu…
J. B. : Le gouvernement fédéral impulsera un débat sur le OGM. Le Parti des travailleurs (PT) n'a pas une position tranchée même si une majorité de militants est contre.
Derrière les OGM, il y a le débat sur le développement durable. Parler d'écologie est une option sociale. Elle va plus facilement de pair avec l'agriculture familiale qu'avec l'agriculture patronale. Le prochain gouvernement devra repenser les deux ministères de manière à ce que la durabilité soit présente.
Quant à la réforme agraire, elle ne sera plus traitée ni de manière policière, ni idéologique. Mieux répartir les terres aura des conséquences économiques et sociales fortes. Le Mouvement des sans terre (MST) sera un partenaire de la réforme agraire, mais pas le seul. Les exportations agricoles, source de devises, ne seront pas remises en cause mais une attention plus grande sera donnée à la sécurité alimentaire intérieure grâce au développement de l'agriculture familiale.

Transrural Initiatives : Où en est la réforme agraire ?
Jairo Bossa : La loi instituant la réforme agraire date de 1964, sous dictature militaire. Elle est restée inappliquée. C'est à partir de 1978 que redémarre la lutte sociale pour la redistribution des terres. Le Mouvement des sans terre (MST) naît en 1981 au Rio Grande do Sul. La dictature prend fin en 1985. Mais la réforme n'est appliquée que lorsqu'il y a pression des mouvements sociaux : campement des familles sur les terres, occupation de l'Institut en charge de la réforme agraire, grèves de la faim, marches... Cela s'est accompagné de violences et massacres, surtout dans le nord du pays car dans le sud, les médias sont plus présents.

Propos recueillis par J.-Y. G.


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