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24/09/02

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du n° 221 - 24 septembre 2002


Simplifier les CTE et les enjeux initiaux

Le ministre de l'Agriculture a commandé un audit sur les Contrats territoriaux d'exploitation. A sa lecture, la principale interrogation porte sur les conditions qui permettraient d'opérer conjointement une simplification du dispositif et une meilleure atteinte des enjeux initiaux, notamment ce qui concerne les enjeux non liés aux filières.


Les auteurs de l'audit constatent premièrement un affaiblissement du dispositif des CTE qu'ils lient à plusieurs facteurs : volonté de multiplier les signatures de CTE au détriment de leur qualité, utilisation du dispositif pour résoudre des crises sectorielles (CTE ovin par exemple), absence d'outils de maîtrise financière et d'un système d'information pertinent. Les auditeurs insistent toutefois sur la nécessité de maintenir l'outil CTE en tant que tel, au regard des avantages qu'un telle politique peut apporter à l'agriculture et au développement rural.

Constatant une moindre prise en compte des enjeux territoriaux par rapport aux enjeux économiques, les auditeurs proposent que, dans chaque département, une analyse des enjeux territoriaux aboutisse à la mise en œuvre d'un contrat-type adapté pour chaque territoire identifié, avec un nombre limité d'actions obligatoires visant les enjeux essentiels de ce territoire. Le niveau régional devrait alors assurer, plus qu'il ne l'a fait jusqu'ici, un rôle d'harmonisation afin de limiter les disparités entre départements. Disparités mises en évidence dans l'audit.
Sur le plan agri-environnemental, les auditeurs préconisent de développer les contrats agri-environnementaux (CAE) hors CTE, en ciblant soit des zones à enjeux forts, soit " des systèmes de production spécifiques à impact environnemental certain ".
Du point de vue financier, la maîtrise du budget devrait passer par la définition d'un montant moyen par contrat à respecter par département et la mise en place d'un système " d'enveloppes de droits à engager ".
Enfin, la procédure devra être simplifiée et mieux articulée aux autres dispositifs publics d'aide à l'agriculture. Ainsi, les auditeurs recommandent une meilleure coordination entre la mise en place de la qualification des exploitations en agriculture raisonnée, les CTE et les CAE. Par ailleurs, bien que les auditeurs aient souligné la faible prise en compte de la dimension sociale (il y a création d'emploi dans uniquement 5 à 6% des contrats), ils préconisent, pour des raisons de simplification, d'abandonner l'engagement minimum de maintenir l'emploi pendant 2 ans sur l'exploitation contractante d'un CTE.

P. R.

Où en est-on du Contrat territorial d'exploitation ?

Aujourd'hui, le quatrième acte du feuilleton sur la remise à plat du Contrat territorial d'exploitation (CTE) se joue. Hervé Gaymard, ministre de l'agriculture, annonce les principales orientations de l'action de son ministère, et notamment sur le plan des CTE, le 26 septembre prochain. On peut penser que les CTE seront maintenus, puisque, à la fois les professionnels agricoles et les conclusions du rapport d'audit y sont favorables. Il reste à mesurer l'importance et la signification des inflexions qui seront apportées au dispositif.

Le changement de majorité politique en avril dernier laissait présager une révision du dispositif des CTE, dont il s'agissait de " tourner la page " . La première disposition significative a été la promulgation du décret prévoyant la possibilité d'engager des Contrats agri-environnementaux (CAE) en dehors des CTE , la France se mettant ainsi en conformité avec les exigences européennes.
Le deuxième acte s'est ouvert le 5 juin lorsque Hervé Gaymard, nouveau ministre de l'agriculture, de la pêche et des affaires rurales (MAPAAR) adressait une lettre de mission au Comité permanent de coordination des inspections (COPERCI), leur demandant dans un délai d'un mois de réaliser un audit des CTE. Cet audit, rendu le 5 juillet, n'a été diffusé qu'au début du mois de septembre.
Le troisième acte est intervenu au milieu de l'été, avec la suspension de la procédure d'instruction des dossiers de CTE après un période d'intense activité de signatures de contrats. Ceci dit, les signatures de CTE préalablement validés se sont poursuivies.

P. R

Editorial de TRI n° 220
Décret 2002-865 du 3 mai 2002.

Brèves "spécial CTE"

Signatures
Au 31 août, 42 450 contrats avaient été validés en Commission départementale d'orientation de l'agriculture (CDOA). Parmi eux, 33 323 CTE ont été signés. Malgré la suspension de la procédure, les signatures de contrats préalablement validés se sont donc poursuivies pendant l'été. L'accélération du rythme des signatures est confirmée par les chiffres disponibles : avant mai, il y avait environ 400 signatures par semaine, contre près de 700 à partir de juin. Cette accélération fait craindre un dépassement budgétaire de 30 millions d'euros par rapport à l'enveloppe consacrée aux CTE pour l'année 2002 (Rapport d'audit du COPERCI).

Projets collectifs
Au 1er juin 2002, 1 129 projets collectifs avaient été examinés en CDOA. Parmi ceux ci, plus de 50% émanaient d'organisations économiques, et près d'un tiers des organisations professionnelles agricoles. Les projets portés par les autres acteurs ruraux (associations, Parcs naturels et collectivités locales notamment) restent largement minoritaires. Au-delà de ces chiffres, aucune véritable analyse des objectifs et des effets de ces projets collectifs n'est aujourd'hui disponible. Le nombre de CTE validés et signés dans le cadre de ces projets n'est même pas connu. Toutefois, ces projets risquent d'être le principal levier de signatures dans les trimestres qui viennent.

Financement
Le financement des CTE devait, dès la mise en place de la procédure, se faire selon le principe du cofinancement entre la France et l'Union Européenne. Ceci dit, la validation tardive du Plan de Développement Rural National (PDRN) français, les tâtonnements et les ajustements successifs de la procédure CTE se sont traduits par une perte de crédits européens estimée à 50 millions d'Euros. Environ 8 000 CTE sont en effet totalement ou partiellement inéligibles au cofinancement européen (rapport d'audit du COPERCI).


CTE et petites exploitations
La mesure spécifique CTE pour les petites exploitations (TRI 200) serait a priori maintenue par le gouvernement. Cependant, sa validation par la Commission européenne dans le cadre de la révision annuelle du PDRN ne pourra sans doute pas intervenir avant le 1er trimestre 2003 dans le meilleur des cas. C'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle, puisque l'audit réalisé sur les CTE souligne la sous-représentation des petites exploitations dans le dispositif ainsi que le bien fondé de cette mesure spécifique. Il est donc regrettable que des délais supplémentaires empêchent la mise en œuvre rapide de cette dernière.

Evaluation
L'évaluation intermédiaire des CTE va bientôt démarrer. Des appels d'offre pour les évaluations régionales ont été diffusés par la cellule nationale d'évaluation mise en place par le précédent Ministre de l'Agriculture. Ces évaluations seront conduites sur le premier semestre 2003 et serviront notamment à préparer l'évaluation intermédiaire de la mise en œuvre du PDRN qui devra être communiquée à l'Union Européenne fin 2003.

 

 

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