|
|
 du
n° 221 - 24 septembre 2002
Les restructurations se poursuivent dans l'agroalimentaire
Les grandes manuvres dans l'industrie alimentaire ne connaissent
pas de pause estivale.
Comme dans les autres secteurs, les restructurations dans l'agroalimentaire
ont tendance à s'accentuer en 2002 avec le ralentissement de la
croissance. Et ce malgré les bons résultats de l'ensemble
du secteur depuis le début 2001 grâce à une consommation
soutenue et une hausse des prix.
Des stratégies diversifiées
Le groupe Danone poursuit son recentrage sur son cur de cible (eaux,
produits laitiers et biscuits), en rachetant une marque britannique de
produits laitiers frais, en développant ses partenariats américain
et japonais sur le marché des eaux minérales, et en revendant
l'entreprise italienne de charcuterie Galbani à un Fonds d'investissement.
De son coté, le groupe suisse Nestlé, premier groupe agro-alimentaire
mondial, doté de plusieurs milliers de marques locales et plus
de 70 marques internationales, continue de se développer tous azimuts
: rachat en Russie du n°1 des eaux en bouteilles, prise de contrôle
aux États-Unis d'un fabricant de sandwichs surgelés et du
groupe Ralston Purina spécialisé dans la nourriture pour
animaux de compagnie, négociation pour le rachat du premier chocolatier
américain (Hershey) et pour la reprise des produits diététiques
Céréal et Gerblé mis en vente par Novartis, alliance
avec un des premiers groupes laitiers japonais actuellement en difficulté.
De même la vente du pôle alimentaire du groupe italien Edison
(qui se recentre sur l'énergie) donne lieu à des opérations
d'envergure: Provimi (un des leaders mondiaux de la nutrition animale)
vient d'être repris par une société holding constituée
par deux Fonds d'investissement français et britannique ; Céreol
(transformation des oléagieux, huiles alimentaires marque Lesieur
et Carapelli) est vendu au groupe américain Bunge ; Cerestar (n°1
européen de l'amidon et dérivés) est cédé
à la firme américaine Carghill ; et les négociations
pour la vente de Beghin Say à un consortium de coopératives
betteravières françaises sont sur le point d'aboutir.
Parallèlement à ces recentrages, les grands groupes agro-alimentaires
"externalisent" certaines de leurs fonctions, en confiant à
d'autres entreprises des activités qu'ils assuraient précédemment.
Danone a, par exemple, confié à Suez le traitement des eaux.
Nestlé, malgré ses 479 usines dans le monde, externalise
plus de la moitié de sa production. La quasi-totalité des
sites industriels français d'Unilever-Bestfoods fonctionnent en
location gérance. Ce qui revient à sous traiter les activités
de production (et logistique) pour se réserver les activités
financières et commerciales.
D'ailleurs, les restructurations en cours donnent l'occasion à
des Fonds d'investissement, soumis aux logiques purement financières,
de développer leurs interventions dans le secteur alimentaire,
comme le montrent les exemples de Provimi ou de Galbani.
Dans le secteur coopératif, les difficultés des filières
viande, et plus récemment céréales, incitent les
entreprises à se regrouper. Depuis le début de l'année,
10 unions ou fusions de coopératives de collecte de céréales
et d'approvisionnement se sont constituées, dans un contexte de
difficultés financières liées aux baisses du prix
des céréales.
D. C.
|
Des emplois supprimés ou menacés
Ces restructurations font naturellement peser
des menaces sur les emplois des entreprises concernées. Elles
donnent souvent lieu à des "compressions d'effectifs"
afin de réduire les charges et de rentabiliser les investissements
réalisés. La reprise de Beghin Say fait craindre pour
les emplois de l'usine de Villenoy (Seine et Marne) où 115
emplois sont menacés. Le rachat des abattoirs de Guiscriff
(Morbihan) par le groupe Glon (marque Volailles de Keranna), suite
à la mise en liquidation de Bourgoin SAD, entraînera
un plan social prévoyant 400 licenciements sur les 560 salariés
du site. Nestlé, qui depuis 10 ans se débarrasse de
près de 3000 emplois chaque année en Europe, cherche
à se séparer de 2 sites français et de leurs
420 salariés, à Camaret dans le Vaucluse (marque Buitoni)
et à Chef-du-Pont dans le Manche (marques Gloria et Mont
Blanc). Cette liste n'est malheureusement pas exhaustive. D'autant
que les effets des restructurations sur l'emploi peuvent s'étaler
dans le temps.
D. C.
|
retour
au sommaire
|