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04/02/02

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du n° 206 - 5 février 2002

Renforcement des directives nitrates

Une circulaire interministérielle donne de nouvelles instructions aux préfets, relatives a la délimitation des cantons en zones d'excédents structurels (Zes, élégant qualificatif des zones polluées par les effluents d'élevage) et à la mise en œuvre d' "actions renforcées".

Cette circulaire a pour objectif "d'améliorer l'efficacité de la résorption d'azote et d'éviter certaines dérives constatées". Elle demande aux préfets d'édicter un arrêté préfectoral avant le 31 mars 2002 et de modifier les arrêtés antérieurs pris au titre de la réglementation sur les installations classées. Elle devrait aboutir à une nouvelle délimitation des Zes, et à l'augmentation de leur nombre. En Bretagne, 71 cantons sur 181 sont classés en Zes.
Le seuil d'unités d'azote organique va être réduit de 210 kg/ha à  170 kg/ha de surface épandable. Le calcul des effectifs s'effectuera à partir du dernier recensement agricole (2000) et appliquera les nouvelles normes Corpen
(TRI 198). Ces références se fondent sur des estimations de rejets azotés par catégorie d'animal. Utilisées depuis 1988, elles ont été réactualisées à la hausse de près de 15%… tout en restant les normes les plus basses d'Europe. Parmi les actions renforcées, les surfaces d'épandage sont limitées. Il s'agit donc d'un vrai tour de vis pour obtenir une résorption des quantités d'azote. Le dispositif accorde aussi un bonus aux cantons dont la surface pâturée dépasse de 50% de la surface agricole.
Dans les zones vulnérables, les solutions peuvent passer par le traitement des déjections, par leur transfert vers des cantons non Zes, par la diminution du cheptel ou par la modification des systèmes d'élevage. De quoi continuer à alimenter les débats sur la notion de développement agricole dans l'ouest notamment.... d'autant que certaines voies génèrent des coûts sociaux et environnementaux.
Enfin, nouveauté juridique : le dispositif est intégré dans le décret du conseil d'État du 10-01-2001 et les actions renforcées seront incluses dans les arrétés préfectoraux. Cela peut appuyer les procédures judiciaires en cas d'actes illégaux, inviter les préfets à moins de timidité et l'administration à exiger l'application de la loi, mais surtout rendre plus difficile la tâche à ceux qui contournent les règles plutôt que de résorber les pollutions.

J.-B. M.

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