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 du
n° 205 - 22 janvier 2002
Une redistribution
des terres à l’occidental
En entendant « réforme agraire », on s’attend
à comprendre la situation d’un pays d’Amérique latine. Il existe
pourtant un pays plus proche de nous qui a engagé une politique de
redistribution des terres. |
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L’Écosse, qui a son propre Parlement depuis juillet 1999,
a, en effet, la volonté d’apporter un « changement irréversible »
à la situation de concentration inégalitaire des terres. L’état de
propriété des terres écossaises n’a que faiblement évolué depuis le Moyen
Âge. Déjà l’abolition du système de métayage, en mai 2000, a mis fin à
un fonctionnement féodal en place depuis 900 ans sur les 8 millions d’hectares
du pays. Mais les propriétaires sont accrochés à leur pouvoir sur les
Highlands où un seul clan (les descendants d’une même famille) peut
posséder des milliers d’hectares. Dans l’ensemble de l'Écosse, les 4000
membres de la Scottish Landowners’ Federation (propriétaires terriens)
contrôlent 80 % des terres privées.
Le projet de loi mécontente ces propriétaires qui comparent la situation avec
celle du Zimbabwe où les Noirs « prennent la place » des Blancs. En
effet, la réforme donne la priorité de rachat des terres à des communautés
rurales vivant et travaillant sur ces terrains. La création de coopératives
ayant un droit de préemption est une opportunité pour apporter des solutions
innovantes créatrices d’emploi sur des territoires. Ainsi sur les 3000
hectares de l’île d’Eigg achetés par ses 60 habitants, des emplois ont
été créés et une étude de faisabilité pour la production d’énergie
éolienne et hydraulique est en cours. Certains ruraux assimilent ce revirement
de situation à une sorte de décolonisation…
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La Scottish Crofting Foundation, association des petits fermiers ("crofters")
exploitant les terres, est favorable au projet de loi. Impliqués dans la phase
de consultation préalable, les recommandations des crofters ont été
prises en compte.
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Ils demandent notamment la gestion des coopératives terriennes, détenues en
majorité par ces crofters.
La loi, adoptée probablement au printemps prochain, ne résoudra pas
immédiatement les conflits locaux. Entre les différentes catégories d’usagers
et de gestionnaires du foncier, anciens propriétaires, industriels pratiquant
des activités qualifiées d’« anti-économiques », éleveurs et
forestiers, l'entente sera sans doute longue à venir.
I. C.
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