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 du
n° 203 - 18 décembre 2001
Reconstruire l’agriculture afghane
La guerre touchant à sa fin, les "grandes manoeuvres" de la
coopération internationale vont commencer pour rebâtir l'Afghanistan. État
des lieux agricole.
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Sur les 19 millions d’Afghans (estimation PNUD), 80% sont agriculteurs.
Détruite par 20 ans de guerre, l'agriculture est à reconstruire sous une forte
pression foncière avec le retour des réfugiés. Sur les 6 millions d'afghans
qui ont fui le conflit armé avec l'URSS en 1978, 3 millions sont rentrés à la
fin des années 1980 et 3 millions sont encore en Iran et au Pakistan. Que
sait-on de l'agriculture afghane1 ?
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Elle a connu une réforme agraire en 1973. Les grandes propriétés ont été
divisées, chaque famille ne pouvant détenir plus de 50 jeribs (1 jerib= 1/5ème
d'ha). Puis, l'époque prosoviétique a poussé à la collectivisation, mais
sans succès. Aujourd'hui, les paysans sont surtout des petits propriétaires
d'un ou deux jeribs.
Les principales cultures sont le riz, le blé et le maïs auxquelles s'ajoutent
des vergers et du maraîchage. L'irrigation représente 5% de la superficie
agricole, mais contribue à 85% de la production céréalière. Sa maîtrise est
capitale pour faire face aux périodes de sécheresse (TRI 189). Elle repose sur
les Karez, des canaux souterrains qui sillonnent le relief montagneux sur des
milliers de kms et des prises directes dérivant l'eau des rivières
tumultueuses. L'organisation sociale qui gère le partage de l'eau doit être
réactivée et repensée avec le retour des réfugiés.
Les moutons et les chèvres constituent l'essentiel du bétail..
Traditionnellement toutes les familles détenaient une paire de bœufs (zébus)
pour la traction, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui. Les tracteurs
restent rares.
Quant à l'encadrement agricole, il a disparu, hormis là où interviennent les
quelques ONG qui ont maintenu durablement leur présence.. La faculté d'agromomie
a ainsi fermé ses portes il y a 20 ans. Plus globalement, sur les 3500 écoles
primaires qui existaient en 1978, il n'en restaient que 600 dans tout le pays en
19902.
Soulignons enfin la difficulté de construire une agriculture depuis longtemps
otage des soubresauts guerriers de commandants locaux, plus enclins à inciter
les cultures illicites (5 à 50 fois plus rentables selon les sources, voir TRI
200) ou la contrebande du bois.
C. D.
1 Source : Madera, ONG de
développement agricole qui intervient depuis 20 ans en Afghanistan – 3 rue
Roubo – 75011 Paris- madera@globenet.org
2 source FAO. 13% des femmes adultes
et 44% des hommes adultes sont alphabétisés
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