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numéro 200 - 6 novembre 2001
L'Anda survivra-t-elle au pluralisme ?
Le 23 octobre,
l'Association nationale de développement agricole a tenu une assemblée
générale extraordinaire pour modifier ses statuts. Cette instance gestionnaire
des 800 MF de crédits de développement agricole a permis d'organiser ce
dernier autour d'instituts techniques, de chambres départementales
d'agriculture et d'organisations de formation et d'accompagnement, avec un
pilotage par le syndicalisme majoritaire. Réformer l'Anda peut donc avoir des
incidences sur cette organisation, y compris en régions, et rebattre le jeu
entre acteurs. C'est pourquoi, nous revenons sur les batailles en cours.
Le décret paru au J.O. le 22 octobre entérine le pluralisme de représentation
dans les lieux de décision nationaux et régionaux en charge des crédits du
développement agricole. Cependant, La Confédération paysanne et la
Coordination rurale ont refusé de voter les statuts (qui ont quand même été
adoptés) pour protester contre la répartition des sièges et la règle de la
majorité des 2/3, qui permet à la FNSEA et à ses alliés de conserver une
minorité de blocage. Autrement dit, toutes les décisions nécessiteront l’accord
de la FNSEA.
Mais l'Assemblée a surtout été l'occasion pour le commissaire du gouvernement
d'officialiser la mort du Fadisar (Fonds de financement des actions de
développement initiées par des syndicats agricoles représentatifs). Créé il
y a seulement six mois (AG d’avril 2001), cette ligne devait assurer le
financement national et régional des syndicats représentatifs. Mais dès le
mois de juin, un recours en justice porté par la Coordination rurale mettait en
lumière le caractère illégal de ce fonds (TRI 199)
anéantissant la perspective pour les syndicats minoritaires d'accéder - enfin-
aux fonds de l'Anda. Le CNJA et la FNSEA qui soutiennent que leurs crédits
financent les opérations de développement agricole réalisées par leurs
structures (et non des actions syndicales) refusent également cette mise en
cause.
Le gouvernement a imaginé comme alternative, un financement syndical sur budget
ministériel, celui-ci devant être validé par l’assemblée nationale. Mais
la question centrale reste que le financement syndical n’est pas censé se
faire sur crédits publics.
Plus globalement, cet imbroglio remet à jour les trois scénarios
envisagés par l’Inspection des finances dans un de ses rapports critiques sur
la gestion de l'Anda. Le premier proposait que les chambres d'agriculture
augmentent leurs impositions foncières pour boucler leur budget et que les
taxes parafiscales soient remplacées par des cotisations volontaires
obligatoires (à l’image de ce qui existe pour le blé) afin de financer les
instituts. Dans ce scénario, le financement des autres organismes (associations
notamment) disparaît. Le deuxième scénario préconise un financement du
développement agricole inscrit dans les contrats de plan Etat/Régions ce qui
permet de préserver une redistribution entre régions et des approches
transversales. La troisième voie est celle d'une privatisation de l'Anda :
chaque partie se paye le service attendu. Cette hypothèse a la faveur des
organisations céréalières et des sucriers. Elle nie tout mutualisme.
La difficulté du débat sur l'avenir de l'Anda est de trouver des solutions d’ici
juillet 2003 (échéance de la suppression des taxes parafiscales qui alimentent
l'Anda) alors que la technique de négociation des organisations majoritaires
consiste à repousser les échéances.
C. G. et C. D.
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