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 du
numéro 191
L'eau et la santé en colloque à Metz
Le 31 mai et 1er juin derniers, l’agence de l’eau Rhin
Meuse organisait un colloque sur le thème « eau et santé ».
Placée sous l'égide du ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement,
cette manifestation a permis unlarge partage de connaissances.
Les intervenants de tous horizons, français et
étrangers, appartenants aux mondes institutionnel, politique, économique,
scientifique, médical et associatif, ont dégagé plusieurs points forts. Tout
d’abord, le risque de maladies liées à l’eau reste préoccupant dans les
pays en voie de développement mais aussi dans les pays industrialisés, malgré
les systèmes de prévention, de contrôle et de traitement des pollutions. De
nouvelles épidémies émergent suite au développement de microorganismes non
éliminés par les procédés de traitement classique : parasites
(ex : cryptosporidium, 400 000 cas aux États-Unis), bactéries (ex :
Légionella, 600 cas répertoriés en France, ou E. Coli 0157, 1 300 cas au
Royaume-Uni). Des toxines libérées par les algues en période d’eutrophisation,
peuvent également être cancérigènes ou provoquer des troubles neurologiques.
Des études mettent en évidence des perturbations hormonales, souvent
irréversibles, engendrées par des agents chimiques tels que pesticides,
détergents, agents plastifiants ou résidus de médicaments (ex : pillule
contraceptive) ayant contaminés les ressources en eau. Plusieurs cas de
troubles de la fertilité ont ainsi été observés chez la faune aquatique. L’alumimium
est également suspecté d’être un facteur de risque pour la maladie d’Alzheimer.
Et les chercheurs s’interrogent sur le devenir du prion (vecteur de la maladie
de la vache folle) dans l’environnement.
Les connaissances à leur début
Des recherches sont nécessaires pour identifier les substances et leurs
métabolites (parfois plus toxiques que la molécule mère), pour étudier leurs
interactions et évaluer leurs effets sur les écosystèmes et sur l’homme.
Mais l’enjeu se pose aussi en termes de méthodes car la découverte de
nouveaux polluants et de nouvelles maladies met en évidence les limites des
pratiques actuelles de contrôle, de surveillance et d’évaluation des
risques. Ainsi, le programme de surveillance des pathologies infectieuses d’origine
hydrique engagé par l’INVS (Institut national de veille sanitaire) recherche
de nouveaux indicateurs de contamination de l’eau, plus pertinents que les
paramètres classiques (germes test de contamination fécale notamment). Il
cherche par exemple à préciser la part de l’eau dans l’origine des
gastro-entérites, toute la difficulté résidant dans la hiérarchie entre
vecteurs (eau, air, alimentation) et dans l’établissement du lien causal
entre l’eau et la maladie. Il a été remarqué qu'il faudrait d'ailleurs
prendre en compte le risque hydrique dans les tests préalables à la mise sur
le marché de nouveaux produits. Le professeur Hartemann (Conseil supérieur d’hygiène
publique de France) a, dans le même ordre d’idées, souligné la nécéssité
de privilégier le principe de prévention, fondé sur une analyse scientifique
des risques, par rapport au principe de précaution qui peut être facteur de
blocages.
Informations
L’ensemble de ces interrogations renvoie au rapport de l’homme à
la nature. « Un environnement dégradé est nécessairement dégradant
pour l’homme » a souligné Jean-Marie Pelt. Les consommateurs,
plutôt confiants sur l’eau du robinet, perdent confiance. « On ne
veut plus d’un risque subi, mais d’un risque choisi », résume la
représentante de France nature environnement. C'est pouquoi, il faut, a
souligné M. Tricard (AFFSSA), communiquer à tous les stades et associer les
citoyens aux décisions qui seront prises pour un niveau de risque reconnu comme
acceptable. Des comités consultatifs sont expérimentés localement, au niveau
industriel. Mais les difficultés rencontrées par les médecins en charge du
diagnostic et de la prévention montrent que l'effort à faire en matière de
transparence, sensibilisation, éducation, concertation, coopération.
Le nouveau programme de santé publique de la Commission européenne, en
préparation pour la période 2001-2006, créera un système global d’information
sur la santé via Internet et mettra en place un forum européen de la
santé, regroupant professionnels de santé, scientifiques et associations de
patients. Les agences de l’eau, qui constituent un « ensemblier
de compétences et un véritable lieu d’objectivité et de débat »,
selon M. Gaillard (Président du comité de bassin Rhin Meuse et vice président
de l’assemblée nationale) pourrait être des relais. Une proposition à
reprendre lors du débat parlementaire sur la nouvelle loi sur l’eau.
Claire Bernat ( agence de l'eau Rhin-Meuse)
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