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03/05/01

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  du numéro 188

Les légumes bio bretons et Cerafel : le bras de fer

Le 24 avril à Morlaix, le Cerafel (Comité économique régional agricole fruits et légumes) attaquait en juste des producteurs de légumes biologiques pour non paiement de cotisations.

À l’appel de la Frab (Fédération régionale d’agriculture biologique), 150 personnes dont des consommateurs étaient venus soutenir les producteurs. La plainte du Cerafel (présidé par libéral Alexis Gourvennec) s’appuie sur la réglementation qui l’autorise à percevoir des taxes chez l’ensemble des producteurs d’une même filière, à partir du moment où le comité représente plus de la majorité de la production.
Les producteurs bio ne refusent pas le principe de la taxation, mais ils en jugent le montant exorbitant (5 à 10% du chiffre d’affaires, nettement supérieur aux autres régions et aux autres productions) et estiment que les cotisations ne sont « accompagnées d’aucune contrepartie et d'aucun retour ». De plus, ils contestent la légitimité du comité en ce qui concerne les normes de production et l’organisation de la mise en marché des produits issus de l’agriculture biologique.
Ce procès n’est pas le premier. En 1996, plusieurs producteurs ont déjà été assignés. Il ne sera pas le dernier car le Cerafel, en cours d’audience, a annoncé son changement de stratégie. Il maintient sa plainte pour les cotisations non versées en 1998. Mais reporte celle pour 1999 sur les coopératives auxquelles les accusés ont adhéré. Celles-ci, estime le Cerafel, auraient obligation de collecter les cotisations de leurs adhérents pour les reverser au Cerafel. Si le conflit se focalise sur les coopératives légumières spécialisées bio, il élargit la plainte à l’ensemble des coopérateurs. Ce qui va peut être accroître la mobilisation et la solidarité envers les producteurs biologiques de la région…
Le jugement de la plainte (cotisation 1998) est différé au 12 juin. Les juges auront donc le temps de prendre en compte le jugement de la cour de Cassation de Paris sur les dossiers de 1996 (23 mai). Cette décision devrait faire jurisprudence. La FRAB espère qu'elle ouvrira la voie à "« la reconnaissance de la spécificité de l’agriculture biologique et du droit des professionnels de la bio à définir eux-mêmes les règles qui concernent leur mode de production au sein de structures particulières à l’agriculture biologique ».

J-B. M.

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