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 du
numéro 188
La modulation au service du rural
Le troisième article de notre série sur les
enjeux d’une réforme de la politique agricole commune (Pac) porte sur la
modulation des " paiements compensatoires ". Ce système a
notamment permis en France, d’écrêter les montants les plus élevés des
aides versées aux agriculteurs
L’idée d’une modulation des aides
progresse. Pour l’heure, seuls
deux pays l’ont mise en œuvre : la France sur la base d’un calcul
prenant en compte la marge brute standard de l’exploitation et le nombre d’emplois
et le Royaume-Uni, selon une formule simple de dégressivité appliquée à
l’ensemble des agriculteurs. Le Commissaire européen à l’agriculture,
Franz Fischler reconnaît que la modulation est une des rares avancées de
la Pac : " il est au moins une chose que l’agenda 20001
aura permis, c’est d’adapter le montant des aides agricoles aux
structures de coût des exploitations, selon qu’il s’agit de grandes ou
de petites exploitations ", a-t-il déclaré le 10 avril2,
précisant qu’ " ainsi les Etats membres ont la possibilité
de réduire les aides de 20% au maximum3 et d’utiliser les
montants dégagés pour des mesures de développement rural ".
En France, les économies de la modulation cofinancent les Contrats
territoriaux d’exploitation. Le Commissaire se montre favorable à rendre
cette modulation obligatoire d’autant que le budget européen de
développement rural ne représente que 10% des crédits disponibles.
Dans les débats européens informels, la modulation se révèle en effet un
moyen pour transférer une partie du soutien aux marchés agricoles vers les
crédits du développement rural. .Mais, s’en remettre seulement à la
modulation (selon les règles actuelles) abonderait modestement le budget de
la politique rurale.
En France, la modulation a été revendiquée au nom d’une meilleure
répartition des aides entre agriculteurs. Elle se justifie aussi au nom de
l’efficacité économique et d’une limitation à l’agrandissement des
structures. Ces objectifs d’aménagement et d’équité sociale
apparaissent aujourd’hui davantage comme des effets indirects positifs que
des critères justifiant une dégressivité des aides agricoles. Cependant,
le 18 avril dernier, dans un discours face à des étudiants indiens, Franz
Fischler indiquait que " l’objectif est de faire en sorte que
les subventions agricoles qui profitent aux grandes exploitations qui
exportent 80% de leur production puissent être réservées aux agriculteurs
dont la production est pas ou peu dirigées vers les marchés extérieurs "4.
C. D.
1 Dénomination du document de février 1999
actant, entre autres, une réforme de la Pac.
2 Cité par Agra Presse Hebdo du 16/04/00
3
En France, la modulation représente 2% des aides et 3% au Royaume-Uni.
4 Selon Agra Presse Hebdo du 30/04/01
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