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09/04/01

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OGM, recherche et principe de précaution

La biologie moléculaire est une science jeune : première transgénèse sur un microorganisme en 1973. La première plante transgénique mise sur le marché a été la tomate Flavr Savr en 1994.
La transgénèse consiste à transférer des gènes, éléments de base du patrimoine génétique, vers un autre organisme. Elle permet d'introduire de nouveaux caractères dans un organisme qui ne les possède pas. Les applications potentielles sont nombreuses et les plantes transgéniques ne constituent qu'une petite partie des applications du génie génétique. La transgénèse peut également modifier des microorganismes pour produire des substances à haute valeur ajoutée : insuline, hormones de croissance, etc.
Les transferts de gènes sont surtout employés comme outils de compréhension des phénomènes biologiques par l'analyse des conséquences des modifications de tout ou partie des gènes et des mécanismes physiologiques qu'ils induisent en terme de biologie du développement, de résistance au stress ou aux maladies, etc. La transgénèse a aussi permis le séquençage du génome (carte d'identité chromosomique).
Cependant, les chercheurs ne sont pas tous d'accords sur le "progrès" que représente la transgénèse et s'interroge sur les précautions (éthique, économique, écologique) qui entourent son développement. Les opposants les plus virulents jugent que les OGM ne sont pas un progrès mais une régression, dans la mesure où leurs conséquences nuisent davantage aux conditions de vie et d'activités humaines (dépendance des agriculteurs vis-à-vis des semenciers, perte de biodiversité…) qu'ils n'apportent de plus value.
Certains chercheurs estiment que le génie génétique s'apparente aujourd'hui à un "bricolage". La transgénèse est par exemple imprécise quant à l'endroit d'insertion des gènes. Elle ne prend pas en compte les effets induits, recombinaisons ou synergies entre gènes qui peuvent intervenir lors de la transgénèse. De ce fait, le passage de la recherche fondamentale à la recherche appliquée peut être questionné. Cité par Corinne Lepage dans le livre qu'elle vient de publier, un professeur anglais, Arpad Puztai, ayant mis en évidence que des rats alimentés avec des pommes de terres génétiquement modifiées (insecticide) voyaient leurs défenses immunitaires faiblir, a été limogé après la parution de ses résultats. Résultats qui n'ont jamais été contredits par aucune autre recherche...
Enfin, les liaisons entre recherche publique et recherche privée sont très critiquées dans ce domaine. En effet, la génomique introduit un changement de rapport avec la biologie amenant à s'interroger davantage sur son bien fondé, d'autant que l'application scientifique est inéluctable, si elle est rentable. Si depuis longtemps, les programmes de recherches ne sont pas déterminés seulement par des intérêts scientifiques, mais par l'intervention de groupes de population ou d'industries, c'est l'inversion des motifs qui inquiète : l'application industrielle détermine l'orientation des recherches. L'acquisition de connaissances, la découverte de la nature et de son fonctionnement ne précédant plus l'application.

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Le principe de précaution
Le principe de précaution s’impose dans une société dite "du risque", c'est-à-dire traversée à la fois par l’incertitude, la complexité et l’irréversibilité. Il est rendu nécessaire par des innovations qui génèrent de nouveaux risques collectifs et globaux (non plus individuels et localisés), comme le changement climatique, les accidents nucléaires et la dissémination des OGM. Certains philosophes (Hans Jonas») et juristes (comme Corinne Lepage, CRII-Gen) invoquent la nécessité d'y adjoindre un principe de responsabilité, sorte d'impératif moral envers les futures générations.
Pour que s'exerce ce principe de précaution, l'expertise doit être contradictoire afin que chaque partie soit obligée de s'expliquer, de justifier et d'argumenter sa thèse. C'est pourquoi, les avis minoritaires dans les comités consultatif d'experts sont aussi importants à connaître que la position finale. « La délibération en commun sur les choix de société et de développement, qui s’appelle légitimement la politique, dans une société d’hommes libres et évolués, est à présent notre urgence », précise Corinne Lepage.

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