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Choix technologiques : la délibération collective se cherche
L’organisation d’une « conférence des citoyens » en juin
1998 pour débattre collectivement du choix technologique que représentent les
OGM était la première expérience du genre en France. Si cette procédure
constitue une innovation, elle n’en demeure pas moins accessoire.
Les conférences de consensus ont été lancées
au Danemark il y a une quinzaine d’années. Les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont
suivi le mouvement. Ces conférences sont destinées à préparer les débats
parlementaires sur les choix technologiques, en plaçant les citoyens au centre
d’un processus d’évaluation publique et contradictoire. Elles peuvent
prendre la forme d’un dialogue entre un panel de citoyens et un panel d’experts,
au cours d’une conférence publique qui dure plusieurs jours. La
problématique porte sur des sujets de société qui mobilisent habituellement
les connaissances scientifiques, mais qui selon leur complexité et leur portée
éthique ou environnementale, doivent faire l’objet d’une appropriation
sociale.
Depuis le milieu des années 1980, l'application des biotechnologies ou les
risques globaux d’environnement sont les questions les plus fréquemment
discutées.
La conférence des citoyens française portait ainsi sur l’introduction des
OGM dans l’agriculture et l’alimentation. Elle a certes permis de confronter
des savoirs scientifiques et des expertises à des valeurs sociales portées par
un panel de citoyens. Le dispositif a ainsi stimulé la production d’une
information transversale, à la fois hybride et prolixe. Cependant, la
procédure délibérative s'est révélée tronquée dès lors que le
gouvernement français avait autorisé la culture d'OGM (le maïs Bt de la firme
Novartis) six mois auparavant (février 1997). On peut alors se demander si
le « débat citoyen » visait à éclairer le choix d’une
technologie socialement et culturellement appropriée ou à bien aider les
politiques à cerner les modalités d’acceptation de celle-ci par les
citoyens ?
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