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08/03/01

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L'écoconditionnalité, comparaison entre la France et les Etats-Unis

Le ministère de L’environnement publie un rapport comparatif sur la conditionnalité environnementale en France et aux États-Unis.

Il s'agissait d'évaluer l'écoconditonnalité, c'est-à-dire la mise sous condition d'attribution d'aides publiques au respect d'un cahier de charges environnemental. Dans les années 1980, l’opinion américaine touchée par les problèmes d'érosion a pesé pour qu’en contrepartie du soutien fédéral, les agriculteurs mettent en œuvre des pratiques culturales limitant l'érosion et protégeant les zones humides. Aujourd'hui, le principe de conditionnalité est acquis. Les agriculteurs sont même très sensibilisés aux problèmes d'érosion (ceux-ci jouant sur les rendements), alors que la conservation des zones humides apparaît davantage comme une "corvée". Le non-respect des contraintes est sanctionné financièrement, pouvant signifier la suppression de la totalité des aides. De fait, les contrevenants ne représentent que 0;5% des producteurs. Un tiers des agriculteurs aurait, en revanche, élargi les pratiques favorables à l'environnement au-delà des parcelles "à risques". D'un point de vue économique, l'écoconditionnalité représente une "économie" face à d'autres mesures de protection mises en œuvre par la puissance publique (rachat de terres) ou de restauration de la qualité environnementale. Cet impact semble sous-estimé par les agriculteurs.
En France, l'écoconditionnalité n'existe qu'en matière d'irrigation. Et encore : si l'agriculteur est obligé d'installer un compteur, sa consommation n'est pas mesurée… La "culture" en matière de politique agricole est marquée par l'incitation, le volontarisme et plus récemment la contrat qui se négocie entre profession et pouvoirs publics. Le respect du droit (voir article ci dessus) n'est pas encore entré dans le mœurs et de ce fait, l'écoconditionnalité semble un outil "coercitif".
Les auteurs distingue quatre types d'appréciation. Un premier groupes d'agriculteurs est favorable à l'écoconditionnalité, peu dépendant des aides publics, sensible aux questions environnementales et proche syndicalement de la Confédération paysanne. Un deuxième groupe "sceptique" serait prêt à s'y soumettre sans changer de systèmes de production… Le troisième formé des "résignés" ne s'y soumettrait que pour garder l'accès aux aides. Enfin, les "défavorables" regroupent les agriculteurs s'affichant "anti-écologistes".
C. D.