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13/03/01

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Edito

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Le bras de fer des négociations agricoles

Les échanges de positions sur les négociations agricoles, s’ils doivent préciser le contenu des traités d’adhésion, témoignent surtout des enjeux que représente ce secteur pour les protagonistes. Enjeux visiblement perçus comme contradictoires.
Surproduction

"Ni oui ni non" aux aides directes
Et les normes

Surproduction

L’UE souhaite que les pays candidats établissent des quotas agricoles basés sur leur niveau actuel de production. Consciente de ses points faibles en matière de gestion des excédents agricoles, elle craint que les Peco, avec une terre et une main d’œuvre abondantes, ne deviennent très (trop) productifs. Les Peco refusent que ces quotas soient fixés sur les dernières années, compte-tenu de la récession qu’ils ont connue après la chute du communisme. Le cheptel bovin a ainsi été réduit de plus de moitié et la production végétale a baissé de 10 à 20%. Ils n’ont aujourd’hui pas retrouvé leur niveau de production d’il y a 10 ans. Dans ces conditions, ils refusent de limiter leur potentiel de développement, ce qui correspondrait selon eux à condamner une partie de leur agriculture.

" Ni oui ni non " aux aides directes

Initialement l’UE avait affirmé que les nouveaux membres ne bénéficieraient pas des aides directes (crées en compensation d’une baisse des prix garantis), arguant que les prix agricoles pratiqués dans les Peco étaient plus bas que ceux du marché commun. L’adoption des prix communautaires lors de leur entrée dans l’Union tiendrait lieu de compensation. Les Peco continuent presque unanimement d’exiger ces aides, d'une part sur la base du principe fondateur de l'UE (unicité de traitement pour tous les membres) et d'autre part sur la base que justement leurs prix convergent vers ceux de l'UE. Le revenu agricole est en moyenne proche de zéro ou déficitaire (les prix des intrants n’ont cessé d’augmenter et les prix à la production stagnent après avoir fortement baissé). L’UE revient progressivement sur sa décision et envisage des aides compensatoires. Les arguments contre ne tiennent plus : la situation financière et structurelle des Peco ne peut faire craindre une flambée de la production suite à un soutien financier direct. Par ailleurs, les prix agricoles de certains Peco ont déjà relativement augmenté ces dernières années suite aux politiques protectionnistes (mises en place pour faire barrage aux importations massives). Par contre l’argument financier de l’élargissement des aides n’est évidement pas levé. Leur application monterait à 10 milliards d’euros supplémentaires les 3 milliards actuellement dispensés dans le cadre des programmes structurels.

Et les normes...

Pour l’UE, l’harmonisation des normes vétérinaires et phytosanitaires est une priorité. Elle exige que leur adoption soit remplie au moment de l’adhésion. Or plusieurs Peco souhaitent des périodes d’adaptation de 3 à 5 ans, étant donné l’investissement financier énorme que cela représente. La Pologne demande la possibilité de produire uniquement pour le marché intérieur pendant cette période d’adaptation. Ces requêtes sont pour l’instant refusées.
L’enjeu agricole de cet élargissement renvoie donc tous les partenaires au type d’agriculture qu’ils veulent mettre en place. La vision compétitive dominante crée des antagonismes qui ne seront levés qu’au prix d’une nouvelle conception de la politique agricole. Á moins que la loi du plus fort ne l’emporte…

Source : document de Françoise Simon, chercheur à École nationale supérieure d’agronomie de Montpellier, en économie et sociologie rurale.

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