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Les biodéchets, un nouvel enjeu
Les règlements
concernant la gestion des matières organiques évoluent constamment, qu’il s’agisse
de l’homologation ou des conditions d'utilisation des matières fertilisantes ou
des amendements. Selon l’ADEME, 7 millions de
tonnes de déchets verts et 20 millions de tonnes de biodéchets urbains sont
traités par an. L’interdiction de mise en décharge des ordures ménagères
et des déchets verts à partir de 2002 va contraindre les collectivités
locales à prendre des mesures pour les traiter et les éliminer.
L’agriculture biologique est appelée à jouer un rôle dans ce recyclage
puisqu’elle utilise les matières organiques comme principale source
fertilisante. Le maraîchage et les systèmes céréaliers biologiques
particulièrement tributaires de sources organiques exogènes, peuvent valoriser
ces résidus sous forme d’éléments nutritifs pour la plante ou pour le sol.
Mais l’agriculture biologique doit contrôler l'innocuité de ces amendements
et assurer leur traçabilité. La technique du compostage (processus de
fermentation aérobie) permet d’assainir le produit. Mais il ne permet pas l’élimination
des éléments traces métalliques. Leur accumulation présentant des risques de
toxicité, l'agriculture biologique est soumise à une obligation de résultat
depuis 1998 pour l’emploi de déchets ménagers compostés. En revanche, l’utilisation
de fumiers de porcheries ou de poulaillers intensifs présentant également des
risques quant au cuivre ou au zinc, ou celle des déchets verts pouvant amener
du chrome, du nickel voire du plomb demeurent sans obligation de résultat.
Cette discrimination pose un problème de cohérence. Ne serait-il pas opportun
de profiter de l’échéance de 2002 pour harmoniser cette réglementation et
permettre aux producteurs de disposer de composts
" sécurisés " tout en simplifiant pour les collectivités
locales l’écoulement des stocks de déchets organiques ? La prise en charge,
par la collectivité du coût de certification de ces produits, éco-labellisés
sur le modèle européen, aurait aussi le mérite de concrétiser une
coopération ville/campagne.
D. L-M
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