Ours de TRI

16 janvier 2001

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La chambre bretonne de l'économie sociale accueille l'économie solidaire

La montée en puissance de l'économie solidaire amène à s'interroger sur son organisation "sur le terrain" aux côtés de l'économie sociale déjà instituée. Regard à partir de la Chambre régionale de l'économie sociale de Bretagne (Cres)

Les Cres sont le nouveau nom pris par plus de la moitié des GRCMA (Groupement régional coopération, mutuelles, associations). Elles rassemblent au plan régional les regroupements associatifs, mutualistes et coopératifs, à savoir, a minima les échelons régionaux du CNLAMCA (Comité national de liaison des activités mutualistes, coopératives et associatives) auxquels s'ajoutent d'autres structures en fonction des spécificités ou d'une volonté régionale de fédérer des regroupements locaux de l'économie sociale (au niveau des pays par exemple).
Le nom, Cres, symbolise leur volonté d'être une instance représentative d'un secteur de l'économie : l'économie sociale, c'est-à-dire les sociétés de personnes, à but non lucratif et au fonctionnement démocratique. Les Cres favorisent l'unité et la montée en puissance de ce tiers secteur : "les organisations de l'économie sociale sont, comme les autres, des entreprises, mais elles ne sont pas des entreprises comme les autres". Pour autant les Cres ne revendiquent pas le prélèvement de taxes parafiscales sur les entreprises pour se financer.
La Cres de Bretagne, au-delà de son rôle fédératif, a développé deux "missions" concrètes. La première porte sur les services aux personnes. Il s'agit de favoriser une synergie régionale entre acteurs de l'économie sociale et pouvoirs publics pour structurer des services de qualité, porteurs de véritables emplois et s'inscrivant dans le développement local. La deuxième s'intéresse au dispositif "Nouveaux services, emplois-jeunes" afin de travailler transversalement avec le mouvement associatif pour favoriser l'émergence de nouveaux services, permettre leur professionnalisation et leur pérennisation. Sur ces deux axes et grâce à ses groupes de travail ouverts aux agents des fonctions publiques, la Cres participe à la co-élaboration des politiques publiques régionales.
Depuis 4 ans de fonctionnement, l'expérience de la Cres de Bretagne montre l'intérêt de faire se rencontrer, réfléchir et agir ensemble des partenaires de l'économie sociale dont les statuts diffèrent. À Rennes, début décembre, les "6èmes Rencontres de l'économie sociale atlantique" portaient sur le thème "le citoyen, le développement local et l'économie sociale". Les témoignages échangés entre Cuma, Scop, coopératives de consommateurs, mutualité et associations d'éducation populaire ou de services aux personnes ont permis de mesurer la diversité et la richesse des expériences et des implantations sur le terrain.
Au quotidien, dans son travail de développement des services de proximité, la Cres est amenée à faire se rencontrer et travailler l'ensemble des acteurs de l'économie sociale instituée et ceux de l'économie solidaire émergente. Le parti pris est de considérer que l'économie sociale inclut nécessairement l'économie solidaire ; que la clef du développement de l'économie sociale, dans la fidélité à ses valeurs fondatrices, est de permettre l'unité entre les anciens et les nouveaux acteurs.
Beaucoup de chantiers sont en cours ou peuvent s'ouvrir, tant l'option économique libérale a du plomb dans l'aile dans de larges secteurs de l'opinion publique. La Cres, avec d'autres, s'y attelle.

Bernard Mérand (Afip Bretagne) est délégué
de la Cres Bretagne.