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Décider à 27 les politiques européennes
Principale avancée de l’accord du Sommet de Nice : le
processus de décision à 27 États membres est acté.
L a pondération des voix entre les futurs 27 pays de l’Union
sera effective en 2005. Alors que les obstacles à intégrer « l’acquis
communautaire »1 pèsent sur les processus d'adhésion (TRI 168,173), les
pays d’Europe centrale et orientale (Peco) apprécieront de voir leurs voix
figurer dans les instances de décisions européennes, au même titre que les
pays déjà membres. Le processus de décisions apparaît complexe. La majorité
qualifiée repose sur une triple majorité : obtenir 72% des voix
pondérées des membres ; ce score doit corresponde à au moins 2/3 des
pays membres (18 États) et enfin, un État peut demander que cette majorité
comprenne 62% de la population de l’Union. Ces calculs n’améliorent pas la
lisibilité des décisions communautaires, d'autant qu'elles reposent sur trois
institutions : le Conseil, la Parlement et la Commission.
Le champ des décisions à la majorité qualifiée est applicable à tout ce qui
est régi par l’Organisation mondiale du commerce, à l’exception des
services culturels, audiovisuels, d’éducation et de santé humaine. Le vote
est soumis à des conditions restrictives dans les domaines de l'asile
politique, de la libre circulation des ressortissants de pays tiers et des fonds
structurels. Mais ces restrictions pourraient être surtout de forme. On peut
regretter que le Royaume-Uni ait obligé un vote à l’unanimité sur les
volets sociaux et fiscaux. Cela compromet des avancées dès lors qu’un État
les refuse. Les progrès sur ces questions naîtront peut-être des
« coopérations renforcées », lesquelles ouvrent la possibilité
pour certains États de se doter d’outils politiques communs sans que tous y
adhèrent (les autres pouvant à tout moment rejoindre le dispositif). C’est
le cas de l’euro, lequel ne concerne qu’une partie de l’Union. Les règles
de la Politique agricole commune ne sont pas modifiées car les décisions se
prenaient déjà à la majorité qualifiée. En revanche, les rapports de forces
au sein de l'Union pourraient évoluer.
Le sommet de Nice n’a pas progressé sur l’implication du Parlement
européen. La Charte des droits fondamentaux (en six chapitres : dignité,
liberté, égalité, solidarité, citoyenneté, justice) n'a pas convaincu les
acteurs sociaux. Plus que son contenu, c’est la manière dont elle a été
réalisée qui mérite d’être souligné : sa rédaction a été confiée
à une « convention » composée de représentants du Parlement
européen, des parlements nationaux, des gouvernements, de la Commission
européenne « avec le concours de la société civile européenne ».
Une telle assemblée composite évite les positionnements par pays. C’est ce
que n’est pas arrivé à faire la CIG (conférence intergouvernementale) qui a
travaillé sur la réforme des institutions. Le bilan de Nice pourrait amener à
revoir les modalités du travail sur la construction européenne.
C.D. et Laurent Souchet (Afodip).
Ensemble des politiques et règle communes à l’Union
|
Voix au Parlement |
Voix au Conseil |
% de
population
|
|
Allemagne
France
Royaume-Uni
Italie
Espagne
Pologne
Roumanie
Pays Bas
Grèce
Belgique
Rép. Tchèque
Hongrie
Portugal
Suède
Bulgarie
Autriche
Slovaquie
Danemark
Finlande
Irlande
Lituanie
Lettonie
Slovénie
Estonie
Chypre
Luxembourg
Malte
(Turquie) |
99
72
72
72
50
50
33
25
22
20
20
20
20
18
17
17
13
13
13
12
12
8
7
6
6
6
5
en attente |
29
29
29
29
27
27
14
13
12
12
12
12
12
10
10
10
7
7
7
7
7
4
4
4
4
4
3
en attente |
17%
12 ,5%
12,3%
12%
8,2%
8%
4,7%
3,3%
2,2%
2,1%
2,1%
2,1%
2,1%
1,8%
1,7%
1,7%
1,1%
1,1%
0,8%
0,8%
0,5%
0,4%
0,3%
0,3%
0,1%
0,1%
0,1% |

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