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Les forces syndicales en présence
La FNSEA et le CNJA conjuguent ensemble le futur ; la
Confédération paysanne a besoin de tous les paysans; la Coordination
rurale veut être payée par des prix rémunérateurs ; le Modef unit les
produits, les prix et les hommes pour plus de qualité… Chaque syndicat
agricole a trouvé son mot d'ordre…
Le duo FNSEA et CNJA affichent un « modernisme » qui
veut contrebalancer l'image d'un syndicalisme majoritaire "notabilisé".
Il cache cependant mal le malaise que traverse la "grande
maison" qui gère de plus en plus difficilement les grands écarts
d'intérêts entre ses composantes : depuis les céréaliculteurs se
plaçant sur les marchés internationaux jusqu'aux petits éleveurs de
montagne. L'effort en communication est par conséquent important (le
publicitaire Jacques Séguéla a été sollicité) : site Internet, lettre
hebdomadaire ‘En campagne !’, slogans toniques… Forte de
la fidélité de l’électorat agricole, le syndicalisme
"majoritaire" devrait encore gagner ces élections. Mais
l'effritement de leur audience depuis 1989, avec l'expression grandissante
d'un pluralisme syndical, leur fait craindre d'approcher la barre
symbolique des 50%. L’objectif est de ne pas se faire bordurer sur
l'aile gauche par la Confédération paysanne, ni sur l'aile droite par la
Coordination rurale.
La Confédération paysanne a assis sa place comme deuxième
syndicat agricole. Elle est représentative nationalement depuis 1995. Le
syndicat a conquis un crédit indéniable dans l’opinion publique. Il
cherche à améliorer son score (20,6% en 1995) en se présentant dans
tous les départements. Tenir la présidence de chambres d'agriculture
vient en second plan, une frange non négligeable des militants étant peu
enclins à gérer de telles institutions. La Confédération paysanne a
cependant acquis une expérience de mandats minoritaires et de gestion de
quatre chambres. Le bilan est en demi-teinte : un apprentissage
intéressant, une participation positive dans les instances "de
travail" mais une faible répercussion de leurs propositions lors des
délibérations.
La Coordination rurale s'affiche conquérante. Nouvellement
installée dans le jeu des organisations agricoles (création du syndicat
en 1994), ce scrutin confirmera ou infirmera sa présence sur l’échiquier.
Trouble fête en 1995, elle n'est guère intervenue depuis (faute de
moyens financiers peut être aussi), mais sa pugnacité pourrait séduire
dans la dernière ligne droite de la campagne. En effet, ce syndicat
semble avoir une réelle force d'attraction auprès d'agriculteurs
désorientés par les mutations économiques. Née en opposition de la
réforme de la Politique agricole commune en 1992, la Coordination traduit
l'éclatement du syndicalisme à sa droite. Elle regroupe des céréaliers
plutôt protectionnistes et critiques de la cogestion et des agrariens
anticapitalistes.
Le Modef joue modeste. Touchant généralement un électorat âgé
à la tête de petites structures, il enregistre un tassement de ses
militants. Entre 1983 et 1995, sa représentativité a été diminuée par
deux.
Dans une campagne de proximité (scrutin départemental), la
FNSEA a l'avantage d'un maillage territorial institutionnel et de l'appui
de la majorité des journaux départementaux (inféodés au groupe
Réussir) ainsi que de la confusion entre l'appareil syndical et celui des
chambres. Constituant souvent des listes « d’union
professionnelle » (le Lot et Garonne par exemple), le syndicalisme
majoritaire cherche à regrouper les notables agricoles départementaux :
représentants de coopératives et d'associations de développement, élus
locaux.... Outre les réunions locales, la Confédération paysanne
organisera également plusieurs « événements » régionaux
(janvier) en présence des porte parole nationaux, dont le médiatique
José Bové. La Coordination rurale, elle, se dit prête à sortir les
"bétaillères" pour se faire entendre…
Les thèmes de campagnes sont classiques et la crise de la
filière bovine si elle donne des armes pour mobiliser les agriculteurs,
n'occupe pas tout le débat. La défense du revenu par des prix de vente
rémunérateurs et l'installation de nombreux agriculteurs sont les deux
sujets incontournables. Les moyens pour atteindre ces objectifs diffèrent
: maîtrise de l’offre (Confédération paysanne), prix rémunérateurs
(Coordination rurale), fin de l’agrandissement (Modef) et, entre autres
arguments un meilleur rapport de force avec la distribution (FNSEA). Quant
à l’installation de jeunes, les syndicats d’opposition dénoncent
unanimement la charte pilotée par le CNJA. Leurs propositions varient
entre créer « des bons agriculteurs » pour la
Coordination à un accès au foncier facilité pour la Confédération
paysanne.
Comparaison des campagne syndicales
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FNSEA et CNJA |
Confédération paysanne |
Coordination rurale |
Modef |
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Score 1995 |
59,8% des suffrages. Perte de 5 points par
rapport à 1989. |
20,6 % des voix. Présidence de 4
chambres : Finistère, Loire-Atlantique, Réunion,
Guyane. |
12%. Présidence de la chambre du
Calvados |
5,1%. Présence surtout dans le Sud Ouest,
Massif Central, Rhône Alpes, Midi, Bretagne. |
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Résultats attendus |
Score au moins identique aux élections de
1995. |
Constitution de listes dans 90 départements
(78 en 1995), ce qui à score égal, augmenterait leur
représentativité nationale à 27%. |
Devenir le deuxième syndicat agricole en
faisant passer la FNSEA en dessous de 50% et en doublant le
score de 1995. |
Une quarantaine de listes. Deux chambres
accessibles là où des alliances ont été faites. |
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Slogan |
« L’agriculture se conjugue au
futur » |
« L’agriculture a besoin de tous ses
paysans » |
« Des prix aujourd'hui, des paysans
demain » |
« Des hommes, des produits, tous unis
pour une agriculture de qualité » |
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Thèmes de campagne |
- Favoriser l'installation y compris
progressive
- Défendre le revenu par des prix
rémunérateurs, des allégements fiscaux et des aides pour
les fonctions non marchandes
- Alléger les contraintes administratives
- Valoriser l'engagement volontaire pour
l'environnement
- Promouvoir l'image des agriculteurs et du
syndicalisme
- Défendre la place de la Pac
- Défendre le modèle agricole européen au
niveau international |
- Affirmer le projet syndical comme une
alternative de politique agricole nationale, européenne et
internationale
- Défendre le
revenu par les prix grâce à la maîtrise des productions
- Favoriser l'installation et l'accès au
foncier
- Remettre en cause les systèmes intensifs
- Défendre les paysans en difficulté et
les petites exploitations
- Ne pas s'enfermer sur le corporatisme |
- Défendre des agriculteurs "dignes,
libres d'entreprendre, vivant du fruit de leur travail et
responsables"
- Favoriser des installations nombreuses
grâce à une politique basée sur des prix rémunérateurs
- Dénoncer la Politique agricole commune
qui est jugée "absurde" et refus de la modulation
des aides qualifiée d’impôt injuste |
- Dénoncer la Politique agricole commune et
préférer un soutien des prix aux aides directes.
- Stopper les agrandissements
- Dénoncer la concentration des secteurs
coopératifs
- Favoriser une agriculture respectueuse de
l'environnement
- Se battre pour une protection sociale non
excluante et des retraites revalorisées |
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Stratégie |
- Listes communes FNSEA et CNJA
- Constitution de listes qui regroupent les
notables agricoles (responsables de coopératives, Cuma,
associations…) et couvre le territoire (canton, commune)
départemental |
- Ne pas faire d’alliance.
- Préférer l’explication du projet
syndical que l’attaque de la FNSEA
|
- "Provoquer le big bang du
syndicalisme" en étant présent dans tous les
départements
- Attaques de la FNSEA "qui a
oublié les agriculteurs" et de «
l'agriculture fonctionnarisée de la Confédération paysanne" |
- Avait proposé une alliance à la
Confédération qui l’a refusée (sauf dans l’Hérault, le
Lot et Garonne, les Hautes Alpes (tractations) et la
Haute-Garonne)
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Outils de campagne |
- Parution du livre de Luc Guyau « Le
défi paysan » (TRI 178)
- Bus qui parcourt la France, réunions de
proximité
- Site Internet, publication d’une lettre
hebdomadaire « En campagne ! »,
couverture dans la presse agricole départementale |
- Réunions de proximité, débats avec les
portes paroles et notamment avec José Bové en janvier
- Affiches, lancement de journaux
départementaux et dossier dans « Campagnes
Solidaires »
- Théâtre dans la Vienne |
- Réunions et manifestations,
"Il ne nous reste plus qu'à sortir
les bétaillères"…
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- Peu d’actions étant donné les faibles
moyens financiers
- Utilisation de la presse locale
- Manifestation à Toulouse le 23 janvier |
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