Ours de TRI

26 décembre 2000

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Connaître et reconnaître le travail salarié…

Les élections aux chambres d’agriculture vont élire quelque 720 représentants des salariés répartis en deux collèges, l'un pour les salariés d'exploitation et l'autre pour ceux des entreprises de services et agroalimentaires. La CFDT avait obtenu près de 40% des suffrages en 1995, devant la CGT (22%). Moins mobilisés que les exploitants sur ce scrutin (moins de 30% de votants en 95, contre 60% pour les agriculteurs), les salariés revendiquent de ne pas être oubliés !

Entretien avec Jo Pennors, syndicaliste à la FGA CFDT

Transrural Initiatives : vous êtes élu des salariés à la chambre d’agriculture Côtes-d’Armor, à la chambre régionale de Bretagne et président du groupe des salariés à l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), quel bilan faites-vous de ces trois mandats ?

J.P : La chambre d’agriculture est un lieu d’expression. Il y a 4 élus représentants les salariés de la production et 4 élus pour les organisations. Dans les Côtes d’Armor, on a contribué à ce que les droits à produire prennent en compte le nombre de salariés et pas seulement les hectares. On a aussi créé un observatoire départemental de l’emploi afin de connaître le nombre de salariés, une donnée moins connue que les volumes produits… Enfin, on a négocié la création d’un comité d’action sociale et culturelle départemental. Au niveau régional, le poids est plus faible. Il y a eu moins de travail sauf en Bretagne où l’on a créé un observatoire régional de l’emploi agricole. C’est grâce à lui que l’on sait que la crise de la vache folle frappe les 9370 salariés des abattoirs et ateliers de découpes.
Au niveau de l’APCA, on est 9 élus salariés qui avons formé une équipe plurisyndicale (5 élus CFDT, 1 CGT,1 FO,1 CGC,1 FGSOA). On a fait beaucoup d’aller-retour au ministère pour amender la loi d’orientation agricole et on a participé à des débats en régions pour rappeler la place des salariés, oubliés des aides dans chaque crise de la production.

TRI : Quels sont les chevaux de bataille pour les élections 2001 ?

J.P. : La qualité au travail. Après 30 ans d’augmentation des volumes, 20 ans de maîtrise des coûts, il faut maintenant accroître la qualité, accroître la valeur ajoutée sociale. Aujourd’hui la précarité progresse dans les emplois agricoles. 30% de statuts précaires dans les services notamment (MSA, Crédit agricole, Groupama…). On voit aussi se développer des tâcherons qui sont payés au tonnage dans les abattoirs. Postés à des endroits stratégiques de la chaîne, ils obligent les salariés à accroître la cadence.

TRI : Quels sont les objectifs de la CFDT ?

J.P. : Faire mieux qu’en 1995 ! Mais, il faut surtout que les gens puissent aller voter. Les patrons refusent parfois de perturber la chaîne...

Extraits d'un entretien entre responsables FNAF CGT publié dans La Tribune SFAB-CGT n°151. A propos de la représentation des salariés :

Jocelyne Hacquemand : "[Dans les débats sur le nouveau contrat agriculture-société], à aucun moment, il n'est fait référence aux conditions de vie et de travail des salariés qui sont maintenant aussi nombreux que les exploitants."

Roger Perret : "Le système électoral assure le monopole aux organisations professionnelles agricoles majoritaires. Sur les 45 membres, les salariés avec 8 sièges sont sous représentés. La CGT exige l'augmentation substantielle du nombre de sièges "salariés" conforme à leur poids dans l'activité économique. La composition des chambre d'agriculture doit représenter véritablement, avec une place pour chacune, ses composantes dans leur diversité. Les salariés doivent disposer de moyens dans le cadre des élections, un statut de l'élu doit être établi. Dans le même sens, les élus salariés doivent être pleinement reconnus dans les diverses structures. Nous restons fermement attachés au suffrage universel des chambres d'agriculture et ferons tout pour que les salariés s'expriment en faveur des candidats CGT".

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