Connaître et reconnaître le travail salarié…
Les élections aux chambres d’agriculture vont élire quelque 720
représentants des salariés répartis en deux collèges, l'un pour les
salariés d'exploitation et l'autre pour ceux des entreprises de services
et agroalimentaires. La CFDT avait obtenu près de 40% des suffrages en
1995, devant la CGT (22%). Moins mobilisés que les exploitants sur ce
scrutin (moins de 30% de votants en 95, contre 60% pour les agriculteurs),
les salariés revendiquent de ne pas être oubliés !
Entretien avec Jo Pennors, syndicaliste à la FGA CFDT
Transrural Initiatives : vous êtes élu des salariés à
la chambre d’agriculture Côtes-d’Armor, à la chambre régionale de
Bretagne et président du groupe des salariés à l’Assemblée
permanente des chambres d’agriculture (APCA), quel bilan faites-vous de
ces trois mandats ?
J.P : La chambre d’agriculture est un lieu d’expression.
Il y a 4 élus représentants les salariés de la production et 4 élus
pour les organisations. Dans les Côtes d’Armor, on a contribué à ce
que les droits à produire prennent en compte le nombre de salariés et
pas seulement les hectares. On a aussi créé un observatoire
départemental de l’emploi afin de connaître le nombre de salariés,
une donnée moins connue que les volumes produits… Enfin, on a négocié
la création d’un comité d’action sociale et culturelle
départemental. Au niveau régional, le poids est plus faible. Il y a eu
moins de travail sauf en Bretagne où l’on a créé un observatoire
régional de l’emploi agricole. C’est grâce à lui que l’on sait
que la crise de la vache folle frappe les 9370 salariés des abattoirs et
ateliers de découpes.
Au niveau de l’APCA, on est 9 élus salariés qui avons formé une
équipe plurisyndicale (5 élus CFDT, 1 CGT,1 FO,1 CGC,1 FGSOA). On a fait
beaucoup d’aller-retour au ministère pour amender la loi d’orientation
agricole et on a participé à des débats en régions pour rappeler la
place des salariés, oubliés des aides dans chaque crise de la
production.
TRI : Quels sont les chevaux de bataille pour les
élections 2001 ?
J.P. : La qualité au travail. Après 30 ans d’augmentation
des volumes, 20 ans de maîtrise des coûts, il faut maintenant accroître
la qualité, accroître la valeur ajoutée sociale. Aujourd’hui la
précarité progresse dans les emplois agricoles. 30% de statuts
précaires dans les services notamment (MSA, Crédit agricole, Groupama…).
On voit aussi se développer des tâcherons qui sont payés au tonnage
dans les abattoirs. Postés à des endroits stratégiques de la chaîne,
ils obligent les salariés à accroître la cadence.
TRI : Quels sont les objectifs de la CFDT ?
J.P. : Faire mieux qu’en 1995 ! Mais, il faut surtout
que les gens puissent aller voter. Les patrons refusent parfois de
perturber la chaîne...
Extraits d'un entretien entre responsables FNAF CGT publié dans La
Tribune SFAB-CGT n°151. A propos de la représentation des
salariés :
Jocelyne Hacquemand : "[Dans les débats sur le nouveau
contrat agriculture-société], à aucun moment, il n'est fait référence
aux conditions de vie et de travail des salariés qui sont maintenant
aussi nombreux que les exploitants."
Roger Perret : "Le système électoral assure le
monopole aux organisations professionnelles agricoles majoritaires. Sur
les 45 membres, les salariés avec 8 sièges sont sous représentés. La
CGT exige l'augmentation substantielle du nombre de sièges
"salariés" conforme à leur poids dans l'activité économique.
La composition des chambre d'agriculture doit représenter véritablement,
avec une place pour chacune, ses composantes dans leur diversité. Les
salariés doivent disposer de moyens dans le cadre des élections, un
statut de l'élu doit être établi. Dans le même sens, les élus
salariés doivent être pleinement reconnus dans les diverses structures.
Nous restons fermement attachés au suffrage universel des chambres
d'agriculture et ferons tout pour que les salariés s'expriment en faveur
des candidats CGT".
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