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Nouveaux remous autour du label AB
TRI
176 avait ouvert le débat sur le logo « AB » dans le cadre de l’harmonisation
de la réglementation biologique européenne. L’intervention de Michel Helfter1,
représentant du Ministère de l’agriculture au Forum national fruits et
légumes biologiques2 le 13 décembre, apporte de nouveaux
éléments.
Tout en proposant une discussion
sur l’avenir de la marque AB (propriété exclusive du ministère) Michel
Helfter justifie la position du ministère : faiblesse du budget inhérent
à la gestion de cette marque, risque de diminution de la confiance des
consommateurs et revendications d’opérateurs étrangers notamment suisses
pour utiliser la marque AB. Les nouveaux objectifs semblent déjà arrêtés.
Premièrement, la fin de la restriction géographique condamnée par les accords
de l’Organisation mondiale du commerce. Deuxièmement, la mise en place d’un
GIP bio (groupement d’intérêt public). Il centraliserait les financements
dont une redevance correspondant à un certain pourcentage du chiffre d’affaires
pour l’utilisation du logo « AB » et il gérerait la marque
« AB » et sa promotion.
Il faut savoir qu’actuellement l’usage du logo AB est une démarche
volontaire des opérateurs, limitée aux producteurs des pays de l’Union
européenne en conformité avec la législation française. L’ouverture à d’autres
pays est restreinte aux productions non produites sur le territoire de l’UE.
Les producteurs craignent une perte de la crédibilité que le logo
« AB » avait réussit à obtenir auprès des consommateurs
français, une ouverture sur les pays tiers rendant plus difficile l’application
de la réglementation et l’efficacité des contrôles. De plus, ils trouvent
étrange d’avoir à subir une nouvelle ponction comme remerciement aux efforts
consentis.
Face aux réactions virulentes de la salle, Michel Helfter remarque qu’un
label collectif qui ne concerne qu’un nombre limité de producteurs, ne peut
justifier une prise en charge par l’État. Position léonine de celui-ci qui
se réserve le choix des décisions. La FNAB propose d’entreprendre une
consultation nationale sur ce sujet pour le moins sensible.
D. L-M. (CIVAM) et M. R.
1 Chargé de mission pour l’agriculture biologique
au ministère.
2 Organisé par l’ITAB (Institut technique de l’agriculture
biologique) et la GRAB (Groupe de recherche en agriculture biologique).

Source : GRAB (Groupement de recherche en
agriculture biologique)
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La « bio » industrielle andalouse
Le Corail-Civambio du Languedoc-Roussillon a présenté l’exemple de l’Andalousie,
première région de productions biologiques en Europe avec 34 250
hectares1 de surface agricole en bio. Les oliviers en
couvrent les 2/3, les fruits et les légumes le reste. Quelques 80
maraîchers se partagent 860 ha. Les hectares de salades à perte de
vue, travaillés par une main d’œuvre saisonnière équatorienne mal
payée2, sont loin des images d’Epinal de l’exploitation
familiale bio "par éthique".
La conversion de ces exploitations est récente, stratégie commerciale
pour répondre à une forte demande du nord de l’Europe. En effet, ces
produits sont destinés à 90% à l’exportation. Les habitudes des
consommateurs anglo-saxons exigeant un conditionnement des produits, les
légumes sont plastifiés.
Ce caractère commercial ne porte pas atteinte aux exigences
réglementaires. Le cahier des charges et la certification biologique
espagnols sont même plus sévères sur certains points que leurs
versions françaises.
La production andalouse n’est pas une photo de la production
biologique nationale. Pionnière dans la bio espagnole, la région de
Valence se caractérise par des exploitations familiales de moins de 10
hectares.
M.R.
1 En août 2000.
2 25 francs de l’heure pour le travail au noir, 40 francs s’il
est déclaré. |

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