Ours de TRI

26 décembre 2000

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Nouveaux remous autour du label AB

TRI 176 avait ouvert le débat sur le logo « AB » dans le cadre de l’harmonisation de la réglementation biologique européenne. L’intervention de Michel Helfter1, représentant du Ministère de l’agriculture au Forum national fruits et légumes biologiques2 le 13 décembre, apporte de nouveaux éléments.

Tout en proposant une discussion sur l’avenir de la marque AB (propriété exclusive du ministère) Michel Helfter justifie la position du ministère : faiblesse du budget inhérent à la gestion de cette marque, risque de diminution de la confiance des consommateurs et revendications d’opérateurs étrangers notamment suisses pour utiliser la marque AB. Les nouveaux objectifs semblent déjà arrêtés. Premièrement, la fin de la restriction géographique condamnée par les accords de l’Organisation mondiale du commerce. Deuxièmement, la mise en place d’un GIP bio (groupement d’intérêt public). Il centraliserait les financements dont une redevance correspondant à un certain pourcentage du chiffre d’affaires pour l’utilisation du logo « AB » et il gérerait la marque « AB » et sa promotion.
Il faut savoir qu’actuellement l’usage du logo AB est une démarche volontaire des opérateurs, limitée aux producteurs des pays de l’Union européenne en conformité avec la législation française. L’ouverture à d’autres pays est restreinte aux productions non produites sur le territoire de l’UE.
Les producteurs craignent une perte de la crédibilité que le logo « AB » avait réussit à obtenir auprès des consommateurs français, une ouverture sur les pays tiers rendant plus difficile l’application de la réglementation et l’efficacité des contrôles. De plus, ils trouvent étrange d’avoir à subir une nouvelle ponction comme remerciement aux efforts consentis.
Face aux réactions virulentes de la salle, Michel Helfter remarque qu’un label collectif qui ne concerne qu’un nombre limité de producteurs, ne peut justifier une prise en charge par l’État. Position léonine de celui-ci qui se réserve le choix des décisions. La FNAB propose d’entreprendre une consultation nationale sur ce sujet pour le moins sensible.
                                                                D. L-M. (CIVAM) et M. R.
1
Chargé de mission pour l’agriculture biologique au ministère.
2
Organisé par l’ITAB (Institut technique de l’agriculture biologique) et la GRAB (Groupe de recherche en agriculture biologique).


    Source : GRAB (Groupement de recherche en agriculture biologique)
La « bio » industrielle andalouse
Le Corail-Civambio du Languedoc-Roussillon a présenté l’exemple de l’Andalousie, première région de productions biologiques en Europe avec 34 250 hectares1 de surface agricole en bio. Les oliviers en couvrent les 2/3, les fruits et les légumes le reste. Quelques 80 maraîchers se partagent 860 ha. Les hectares de salades à perte de vue, travaillés par une main d’œuvre saisonnière équatorienne mal payée2, sont loin des images d’Epinal de l’exploitation familiale bio "par éthique".
La conversion de ces exploitations est récente, stratégie commerciale pour répondre à une forte demande du nord de l’Europe. En effet, ces produits sont destinés à 90% à l’exportation. Les habitudes des consommateurs anglo-saxons exigeant un conditionnement des produits, les légumes sont plastifiés.
Ce caractère commercial ne porte pas atteinte aux exigences réglementaires. Le cahier des charges et la certification biologique espagnols sont même plus sévères sur certains points que leurs versions françaises.
La production andalouse n’est pas une photo de la production biologique nationale. Pionnière dans la bio espagnole, la région de Valence se caractérise par des exploitations familiales de moins de 10 hectares.
                                                                                     M.R.
1
En août 2000.
2
25 francs de l’heure pour le travail au noir, 40 francs s’il est déclaré.