Quelle
dimension territoriale pour les CTE ?
La confrontation de deux visions « globales »
En ce qui concerne plus particulièrement les promoteurs d’une
approche territoriale, deux types d’acteurs sont également
identifiables : des « agriculteurs militants » et des
« environnementalistes ». Ces deux groupes partagent à l’évidence
certaines valeurs et certains objectifs mais, s’ils veulent travailler
ensemble, ils ont probablement intérêt à identifier aussi ce qui les
distinguent l’un de l’autre. Chacun d’entre eux a en effet sa culture,
sa manière de voir les choses, et met en avant sa légitimité.
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Les agriculteurs affirment qu’ils
ont une vision globale du territoire parce qu’ils sont les principaux
gestionnaires de l’espace rural. Leur activité mêle naturellement
des dimensions environnementales, économiques, sociales,
esthétiques...
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Les environnementalistes
affirment qu’ils ont une vision globale du territoire parce qu’ils
en ont une approche scientifique et qu’ils prennent en compte les
intérêts de l’ensemble de la population (y compris des générations
à venir).
Par exemple, ces deux cultures conduisent à ne pas parler de la même
chose quand on parle de « territoire ». Pour les agriculteurs,
ce dernier se situe plutôt à l’échelle communale tandis que pour les
environnementalistes, le niveau d’analyse pertinent est plutôt celui du
bassin versant, de la vallée, du plateau... En corollaire, chacun des
groupes fait naturellement référence aux démarches et aux outils qui lui
sont familiers. Ainsi, par exemple, Natura 2000 revient sans cesse dans le
discours des environnementalistes tandis que celui des agriculteurs est
truffé de tellement de sigles et de références à des dispositifs qu’ils
ont parfois du mal à se comprendre entre eux...
Il semble urgent d’entamer un travail qui risque fort de prendre
beaucoup de temps : une meilleure compréhension réciproque des
conceptions des uns et des autres. Ce travail peut par exemple se baser sur
une comparaison des définitions respectives de mots tels que
« territoire », « environnement »,
« durabilité »... Il peut en outre passer par une meilleure
information sur Natura 2000, les organisations de la sphère agricole, les
mesures agro-environnementales...
Toujours sur ce même plan des différences de « cultures »,
une réflexion spécifique est sans doute nécessaire à propos des élus.
En France, il est généralement admis (notamment par les
environnementalistes) qu’ils sont les plus « légitimes » pour
parler du territoire. Le problème est que ce territoire se compose pour l’essentiel
d’espaces privés. De plus, la gestion des espaces agricoles présente des
aspects économiques et techniques devant lesquels les élus se sentent
fréquemment démunis.
Dans tous les cas de figure, un important travail de médiation s’impose,
ce qui nécessite :
- du temps (or les pressions sont fortes en faveur d’une signature rapide
d’un maximum de contrats) ;
- des moyens d’animation ;
- un travail de formation (identification des enjeux, connaissance du CTE,
réflexion « plurielle » sur ce qu’il est possible de faire
dans une perspective « territoriale »...).
D’ores et déjà, il apparaît que ce nécessaire travail de médiation
trouve un cadre très favorable dans les comités locaux de pilotage ou
de suivi mis en place sur certains sites en réunissant des acteurs de
natures différentes.
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