Ours de TRI


 8
SEPTEMBRE 2000

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Quelle dimension territoriale pour les CTE ?

La confrontation de deux visions « globales »

En ce qui concerne plus particulièrement les promoteurs d’une approche territoriale, deux types d’acteurs sont également identifiables : des « agriculteurs militants » et des « environnementalistes ». Ces deux groupes partagent à l’évidence certaines valeurs et certains objectifs mais, s’ils veulent travailler ensemble, ils ont probablement intérêt à identifier aussi ce qui les distinguent l’un de l’autre. Chacun d’entre eux a en effet sa culture, sa manière de voir les choses, et met en avant sa légitimité.

  • Les agriculteurs affirment qu’ils ont une vision globale du territoire parce qu’ils sont les principaux gestionnaires de l’espace rural. Leur activité mêle naturellement des dimensions environnementales, économiques, sociales, esthétiques...

  • Les environnementalistes affirment qu’ils ont une vision globale du territoire parce qu’ils en ont une approche scientifique et qu’ils prennent en compte les intérêts de l’ensemble de la population (y compris des générations à venir).

Par exemple, ces deux cultures conduisent à ne pas parler de la même chose quand on parle de « territoire ». Pour les agriculteurs, ce dernier se situe plutôt à l’échelle communale tandis que pour les environnementalistes, le niveau d’analyse pertinent est plutôt celui du bassin versant, de la vallée, du plateau... En corollaire, chacun des groupes fait naturellement référence aux démarches et aux outils qui lui sont familiers. Ainsi, par exemple, Natura 2000 revient sans cesse dans le discours des environnementalistes tandis que celui des agriculteurs est truffé de tellement de sigles et de références à des dispositifs qu’ils ont parfois du mal à se comprendre entre eux...

Il semble urgent d’entamer un travail qui risque fort de prendre beaucoup de temps : une meilleure compréhension réciproque des conceptions des uns et des autres. Ce travail peut par exemple se baser sur une comparaison des définitions respectives de mots tels que « territoire », « environnement », « durabilité »... Il peut en outre passer par une meilleure information sur Natura 2000, les organisations de la sphère agricole, les mesures agro-environnementales...

Toujours sur ce même plan des différences de « cultures », une réflexion spécifique est sans doute nécessaire à propos des élus. En France, il est généralement admis (notamment par les environnementalistes) qu’ils sont les plus « légitimes » pour parler du territoire. Le problème est que ce territoire se compose pour l’essentiel d’espaces privés. De plus, la gestion des espaces agricoles présente des aspects économiques et techniques devant lesquels les élus se sentent fréquemment démunis.

Dans tous les cas de figure, un important travail de médiation s’impose, ce qui nécessite :
- du temps (or les pressions sont fortes en faveur d’une signature rapide d’un maximum de contrats) ;
- des moyens d’animation ;
- un travail de formation (identification des enjeux, connaissance du CTE, réflexion « plurielle » sur ce qu’il est possible de faire dans une perspective « territoriale »...).

D’ores et déjà, il apparaît que ce nécessaire travail de médiation trouve un cadre très favorable dans les comités locaux de pilotage ou de suivi mis en place sur certains sites en réunissant des acteurs de natures différentes.

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