Ours de TRI


 30
JUIN 2000

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Agir à l’école

Objet de bien des débats, l’école représente un enjeu de première importance pour les territoires ruraux. Et elle monopolise une bonne partie de la vie d’un adolescent... Pourtant, ce n’est pas (encore ?) sur ce terrain que l’action du MRJC est la plus visible.

80 % des militants du MRJC sont scolarisés, le plus souvent en collège et en lycée. Pourtant, le thème de l’école est loin de toujours faire recette dans les équipes. L’explication généralement avancée est qu’elle occupe déjà suffisamment de temps comme ça : on ne va quand même pas se mettre à en reparler dès que les cours sont terminés... Mais il est aussi possible que la double identité de rural et de chrétien ne soit pas considérée comme très fédératrice sur un tel thème. D’ailleurs, ce n’est sans doute pas un hasard si la Bretagne et les Pays de la Loire figurent (avec toutefois le Nord-Pas-de-Calais) en tête des régions où le MRJC se montre le plus actif au sein des établissements scolaires : dans l’Ouest, un collégien sur deux fréquente un établissement de l’enseignement catholique sous contrat.

Ces limites n’empêchent pas le MRJC d’être très probablement le principal réseau de jeunes agissant en continu et à une échelle nationale en milieu scolaire. Il faut en effet remarquer que, en dehors de mouvements ponctuels de grève, la question de l’école est habituellement confisquée par les syndicats d’enseignants et les fédérations de parents d’élèves.

Les actions conduites par le MRJC au sein des établissements scolaires ne s’intéressent pas toutes à l’école : beaucoup cherchent à développer des solidarités internationales ou mettent en débat des questions relatives à l’agriculture ou au développement rural. Mais le MRJC a aussi pour objectif de renforcer la participation des élèves aux instances de concertation des établissements. Dans cette optique, des sessions de formation des délégués de classe sont organisées localement.

En Bretagne, le MRJC contribue également à la mise en place de projets pédagogiques communs à plusieurs collèges, sur le thème des rapports Nord-Sud. Dans le Nord-Pas-de-Calais, cette volonté d’une plus grande ouverture des établissements scolaires a conduit à vouloir élaborer des « projets éducatifs de territoire », en collaboration notamment avec le Conseil régional, le syndicat d’enseignants SGEN-CFDT et la fédération de parents d’élèves FCPE. Avec cette dernière, la question du « C » de MRJC n’a pas manqué de poser problème... Toujours dans le Nord-Pas-de-Calais, le MRJC fait partie du comité de pilotage du Contrat éducatif local (CEL) de Fruges, dans le Pays des Sept vallées, et il interpelle les élus de l’Artois-Lys pour qu’ils réclament eux aussi l’établissement d’un tel contrat (1).

Plus généralement, le MRJC veut contribuer à une redéfinition de la place de l’école, tant dans le milieu rural que dans l’ensemble de la société.

(1) Le CEL est un contrat passé entre une commune ou une structure intercommunale, l’Éducation nationale et Jeunesse et Sports dans le but de développer et d’enrichir l’offre d’activités périscolaires et extra-scolaires.

Une école en prise avec son territoire

« La loi du 22 juillet 1983 transforme les établissements publics nationaux (collèges, lycées, établissements d’éducation spéciale) en "établissement public local d’enseignement". Cette loi prévoit des dispositions pour créer de nouvelles relations entre le monde éducatif et les collectivités locales.
Le MRJC s’est déjà interrogé sur la place de l’école dans l’espace rural. En 1995 est sorti un document-outil "Le topo-guide Branchons l’école sur son milieu". (...) Il est important de définir l’école comme :

- lieu éducatif qui peut se saisir de l’opportunité de son territoire pour remplir sa mission éducative ;

- composante et acteur du développement rural. (...)

Un territoire doit intégrer, dans son développement, une dimension éducative, une offre éducative globale. Dans le cadre d’un "Projet éducatif de territoire", l’école apporte sa contribution, au même titre que des associations, des communes ou toute autre organisation. La mise en place d’un projet de territoire passera par la mobilisation de ses énergies propres. Si l’école veut participer à cette mobilisation, il faut mettre en route les parents, les élèves, les élus et les enseignants. »

(extrait d’un document de travail sur « l’école en rural »)

 

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