Agir à l’école
Objet de bien des débats, l’école représente un enjeu de première
importance pour les territoires ruraux. Et elle monopolise une bonne partie de
la vie d’un adolescent... Pourtant, ce n’est pas (encore ?) sur ce
terrain que l’action du MRJC est la plus visible.
80 % des militants du MRJC sont scolarisés, le plus souvent en collège et
en lycée. Pourtant, le thème de l’école est loin de toujours faire recette
dans les équipes. L’explication généralement avancée est qu’elle occupe
déjà suffisamment de temps comme ça : on ne va quand même pas se mettre
à en reparler dès que les cours sont terminés... Mais il est aussi possible
que la double identité de rural et de chrétien ne soit pas considérée comme
très fédératrice sur un tel thème. D’ailleurs, ce n’est sans doute pas
un hasard si la Bretagne et les Pays de la Loire figurent (avec toutefois le
Nord-Pas-de-Calais) en tête des régions où le MRJC se montre le plus actif au
sein des établissements scolaires : dans l’Ouest, un collégien sur deux
fréquente un établissement de l’enseignement catholique sous contrat.
Ces limites n’empêchent pas le MRJC d’être très probablement le
principal réseau de jeunes agissant en continu et à une échelle nationale en
milieu scolaire. Il faut en effet remarquer que, en dehors de mouvements
ponctuels de grève, la question de l’école est habituellement confisquée
par les syndicats d’enseignants et les fédérations de parents d’élèves.
Les actions conduites par le MRJC au sein des établissements scolaires ne s’intéressent
pas toutes à l’école : beaucoup cherchent à développer des
solidarités internationales ou mettent en débat des questions relatives à l’agriculture
ou au développement rural. Mais le MRJC a aussi pour objectif de renforcer la
participation des élèves aux instances de concertation des établissements.
Dans cette optique, des sessions de formation des délégués de classe sont
organisées localement.
En Bretagne, le MRJC contribue également à la mise en place de projets
pédagogiques communs à plusieurs collèges, sur le thème des rapports
Nord-Sud. Dans le Nord-Pas-de-Calais, cette volonté d’une plus grande
ouverture des établissements scolaires a conduit à vouloir élaborer des
« projets éducatifs de territoire », en collaboration notamment
avec le Conseil régional, le syndicat d’enseignants SGEN-CFDT et la
fédération de parents d’élèves FCPE. Avec cette dernière, la question du
« C » de MRJC n’a pas manqué de poser problème... Toujours dans
le Nord-Pas-de-Calais, le MRJC fait partie du comité de pilotage du Contrat
éducatif local (CEL) de Fruges, dans le Pays des Sept vallées, et il
interpelle les élus de l’Artois-Lys pour qu’ils réclament eux aussi l’établissement
d’un tel contrat (1).
Plus généralement, le MRJC veut contribuer à une redéfinition de la place
de l’école, tant dans le milieu rural que dans l’ensemble de la société.
(1) Le CEL est un contrat passé entre une commune ou une
structure intercommunale, l’Éducation nationale et Jeunesse et Sports dans le
but de développer et d’enrichir l’offre d’activités périscolaires et
extra-scolaires.
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Une école en prise avec son territoire
« La loi du 22 juillet 1983 transforme les établissements publics
nationaux (collèges, lycées, établissements d’éducation spéciale) en
"établissement public local d’enseignement". Cette loi prévoit des
dispositions pour créer de nouvelles relations entre le monde éducatif et les
collectivités locales.
Le MRJC s’est déjà interrogé sur la place de l’école dans l’espace
rural. En 1995 est sorti un document-outil "Le topo-guide Branchons l’école
sur son milieu". (...) Il est important de définir l’école comme :
- lieu éducatif qui peut se saisir de l’opportunité de son
territoire pour remplir sa mission éducative ;
- composante et acteur du développement rural. (...)
Un territoire doit intégrer, dans son développement, une dimension
éducative, une offre éducative globale. Dans le cadre d’un "Projet
éducatif de territoire", l’école apporte sa contribution, au même
titre que des associations, des communes ou toute autre organisation. La mise en
place d’un projet de territoire passera par la mobilisation de ses énergies
propres. Si l’école veut participer à cette mobilisation, il faut mettre en
route les parents, les élèves, les élus et les enseignants. »
(extrait d’un document de travail sur
« l’école en rural »)
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