Ours de TRI


 30
JUIN 2000

La revue

Edito

Sommaire

Article choisi

Dossier

Initiatives

Abonnement

Recherche

Retour en page d'accueil

 

  

Un mouvement qui ne vieillit pas

Le Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC) reste fidèle à la volonté émancipatrice qu’avait la Jeunesse agricole chrétienne (JAC). Plus précoces que ceux de ce prestigieux ancêtre, ses militants s’exercent surtout à l’intervention citoyenne.

15 000 adhérents. 3 000 équipes locales. À la différence de bien des mouvements d’éducation populaire, le MRJC continue d’attirer les jeunes. Mieux : ses soixante et onze ans ne l’empêchent pas de rajeunir constamment ses effectifs. Ainsi, aujourd’hui, ses militants sont plus souvent collégiens et lycéens qu’agriculteurs, apprentis, étudiants ou salariés. Avec une double étiquette rurale et chrétienne, cette vitalité étonne parfois. Elle trouve probablement son explication dans le type d’activités que développe le MRJC.

Il faut tout d’abord préciser que ce mouvement présente la particularité d’être réellement dirigé par des jeunes. Au niveau national, son conseil d’administration affiche une moyenne d’âge de 25 ans. Et, au niveau local, un tel âge est considéré comme canonique... Ainsi, les adhérents du MRJC ne sont pas « animés » par des adultes qui les encadreraient : ils décident par eux-mêmes de ce qu’ils font et de ce qu’ils disent. Il est intéressant de noter qu’une telle autonomie débouche rarement sur la construction de cerfs-volants ou de cabanes en forêt. Non, les occupations du MRJC relèvent plutôt de la réflexion sociale et politique, de la formation militante, de la prise de parole publique, de l’appui à la création d’activité ou encore de l’intervention culturelle. Le tout n’est pas forcément triste et passe aussi par l’organisation de chantiers de jeunes, de sorties de ski ou de veillées autour d’un feu de camp.

Au final, le MRJC actualise bel et bien le travail éducatif qu’a réalisé avant lui la mythique JAC. Il ne s’agit plus, comme dans les années 1930 ou 1950, de promouvoir l’épanouissement intellectuel et une meilleure reconnaissance sociale des populations rurales. Toutefois, l’objectif est bien toujours de faire admettre le droit des nouvelles générations à prendre la parole et à développer leurs projets. Ces nouvelles générations bénéficient bien sûr d’une meilleure formation initiale que par le passé mais, dans le contexte d’une société vieillissante, cette prise d’initiative n’est sans doute pas plus simple à réaliser qu’il y a un demi-siècle.

 

retour au sommaire du dossier