Un mouvement qui ne vieillit pas
Le Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC) reste fidèle à la
volonté émancipatrice qu’avait la Jeunesse agricole chrétienne (JAC). Plus
précoces que ceux de ce prestigieux ancêtre, ses militants s’exercent
surtout à l’intervention citoyenne.
15 000 adhérents. 3 000 équipes locales. À la différence de bien des
mouvements d’éducation populaire, le MRJC continue d’attirer les jeunes.
Mieux : ses soixante et onze ans ne l’empêchent pas de rajeunir
constamment ses effectifs. Ainsi, aujourd’hui, ses militants sont plus souvent
collégiens et lycéens qu’agriculteurs, apprentis, étudiants ou salariés.
Avec une double étiquette rurale et chrétienne, cette vitalité étonne
parfois. Elle trouve probablement son explication dans le type d’activités
que développe le MRJC.
Il faut tout d’abord préciser que ce mouvement présente la particularité
d’être réellement dirigé par des jeunes. Au niveau national, son conseil d’administration
affiche une moyenne d’âge de 25 ans. Et, au niveau local, un tel âge est
considéré comme canonique... Ainsi, les adhérents du MRJC ne sont pas
« animés » par des adultes qui les encadreraient : ils
décident par eux-mêmes de ce qu’ils font et de ce qu’ils disent. Il est
intéressant de noter qu’une telle autonomie débouche rarement sur la
construction de cerfs-volants ou de cabanes en forêt. Non, les occupations du
MRJC relèvent plutôt de la réflexion sociale et politique, de la formation
militante, de la prise de parole publique, de l’appui à la création d’activité
ou encore de l’intervention culturelle. Le tout n’est pas forcément triste
et passe aussi par l’organisation de chantiers de jeunes, de sorties de ski ou
de veillées autour d’un feu de camp.
Au final, le MRJC actualise bel et bien le travail éducatif qu’a réalisé
avant lui la mythique JAC. Il ne s’agit plus, comme dans les années 1930 ou
1950, de promouvoir l’épanouissement intellectuel et une meilleure
reconnaissance sociale des populations rurales. Toutefois, l’objectif est bien
toujours de faire admettre le droit des nouvelles générations à prendre la
parole et à développer leurs projets. Ces nouvelles générations
bénéficient bien sûr d’une meilleure formation initiale que par le passé
mais, dans le contexte d’une société vieillissante, cette prise d’initiative
n’est sans doute pas plus simple à réaliser qu’il y a un demi-siècle.