Ours de TRI

30 juin 2000

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Le Round up mis en cause

Eau & rivières de Bretagne, association très active dans la lutte contre les pollutions, déclare la guerre aux désherbants Round up.

Eau & rivières vient de publier un dossier qui s’appuie sur deux années d’analyse et d’observation à partir du suivi effectué par la Corpep (cellule d’orientation pour la protection des eaux contre les pesticides) dans huit rivières de Bretagne. Sur la moitié, «  le glyphosate est systématiquement retrouvé en 1998 et 1999 au-delà de la norme réglementaire de 0,1 mg/l ». Dans les bassins versants du programme Eau pure (TRI 166 et 146/147), « les suivis en confirment la présence constante dans les eaux. Le record de contamination est établi le 15 octobre 1999 sur le bassin de l’Elorn (Finistère). La pollution de glyphosate y a atteint 17,2 mg/l, soit 172 fois la norme. »

Le dossier apporte également des références de recherches toxicologiques qui démontrent qu’il s’agit d’une molécule persistante avec un impact évident sur l’écosystème. Eau & rivières dénonce, par conséquent, les publicités qui présentent le Round up comme une « molécule miracle » qui va résoudre les problèmes de pollutions de l’eau et qui conduit les utilisateurs « à user et abuser des herbicides totaux ». L’association a interpellé les ministères de l’Environnement et de la Consommation afin de faire connaître l’analyse de ses services sur le caractère trompeur des publicités concernées ; de mettre en demeure les sociétés Monsanto et Oxadys de cesser immédiatement d’affirmer que leur produits sont sans effets sur l’environnement ; et enfin de demander une révision, à la lumière des études scientifiques récentes, de l’homologation et du classement toxicologique des herbicides à base de glyphosate.

Ce nouveau coup de projecteur d’Eau & rivières va conforter l’analyse de ceux qui sont persuadés que la reconquête de la qualité de l’eau en Bretagne ne peut faire l’économie d’une modification importante des systèmes de production agricole.

J-B. M