Le Round up mis en cause
Eau & rivières de Bretagne, association
très active dans la lutte contre les pollutions, déclare la guerre aux
désherbants Round up.
Eau & rivières vient de publier un dossier qui s’appuie
sur deux années d’analyse et d’observation à partir du suivi effectué
par la Corpep (cellule d’orientation pour la protection des eaux contre
les pesticides) dans huit rivières de Bretagne. Sur la moitié, « le
glyphosate est systématiquement retrouvé en 1998 et 1999 au-delà de
la norme réglementaire de 0,1 mg/l ». Dans les bassins versants du
programme Eau pure (TRI 166 et 146/147), « les suivis en
confirment la présence constante dans les eaux. Le record de contamination
est établi le 15 octobre 1999 sur le bassin de l’Elorn (Finistère). La
pollution de glyphosate y a atteint 17,2 mg/l, soit 172 fois la norme. »
Le dossier apporte également des références de
recherches toxicologiques qui démontrent qu’il s’agit d’une molécule
persistante avec un impact évident sur l’écosystème. Eau &
rivières dénonce, par conséquent, les publicités qui présentent le
Round up comme une « molécule miracle » qui va résoudre les
problèmes de pollutions de l’eau et qui conduit les utilisateurs « à
user et abuser des herbicides totaux ». L’association a
interpellé les ministères de l’Environnement et de la Consommation
afin de faire connaître l’analyse de ses services sur le caractère
trompeur des publicités concernées ; de mettre en demeure les
sociétés Monsanto et Oxadys de cesser immédiatement d’affirmer que leur
produits sont sans effets sur l’environnement ; et enfin de demander
une révision, à la lumière des études scientifiques récentes, de l’homologation
et du classement toxicologique des herbicides à base de glyphosate.
Ce nouveau coup de projecteur d’Eau & rivières
va conforter l’analyse de ceux qui sont persuadés que la reconquête de
la qualité de l’eau en Bretagne ne peut faire l’économie d’une
modification importante des systèmes de production agricole.
J-B. M

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