Expansion laitière
néo-zélandaise
La production laitière en
Océanie a été la principale bénéficiaire de la politique européenne de
contingentement de la production. Décidés en 1984, les quotas laitiers se
sont traduit par un retrait progressif de l'Europe des marchés mondiaux
laitiers, lesquels sont dominés à 45% par l'Océanie. La Nouvelle-Zélande
fait désormais jeu égal avec l’Union européenne, en terme de volumes
exportés. En dix ans, ce pays de moins de 4 millions d’habitants a connu
une croissance spectaculaire de 60% de sa production ( 12 millions de
tonnes).
L’expansion de l’élevage laitier
néo-zélandais s’est réalisée au dépend de l’élevage ovin,
fragilisé par une politique de libéralisation et par l’effondrement du
marché de la laine au début des années 1990. Le cheptel laitier a, lui,
progressé de 30% (hausse de 800 000 têtes) par agrandissement des
troupeaux et extension des surfaces fourragères. La taille moyenne des
troupeaux dépasse 200 vaches, lesquelles produisent annuellement 3 600 kg
de lait.
Le dynamisme de l’élevage laitier
néo-zélandais s’explique par de faibles coûts de production. Avec un
climat tempéré et humide toute l’année, la conduite d’élevage repose
sur le pâturage et la valorisation de l’herbe. Comme la production
d'herbe, la production laitière demeure saisonnière. Les laiteries
fermées pendant l’hiver austral. Cette logique ne pose pas problème car
seul un dixième de la production est destiné à la consommation
intérieure. L’essentiel est transformé en poudre, beurre et fromage pour
l'export. Sans doute le plus économe et le plus performant des pays de l’OCDE,
l’élevage laitier néo-zélandais produit le litre de lait aux alentours
de 1 franc.
Dans la perspective de la suppression
des quotas européens et de la libéralisation des échanges, le prix
mondial pourrait s’aligner sur les coûts de production de cette région,
estime le Geb (Groupe d'économie du bétail). « Il se fera à
travers un ajustement des productions d’exportation de l’Australie et la
Nouvelle-Zélande à la demande du marché mondial, et en particulier à la
demande du marché des fromages qui devrait poursuivre sa
croissance. » Si un tel scénario advenait, la question est de
savoir si ces deux pays peuvent poursuivre la croissance soutenue de leur
production sans augmenter substantiellement leur coût de production.
V. L.

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