Ours de TRI

30 juin 2000

La revue

Edito

Sommaire

Article choisi

Dossier

Initiatives

Abonnement

Recherche

Retour en page d'accueil

Liens

Expansion laitière néo-zélandaise

La production laitière en Océanie a été la principale bénéficiaire de la politique européenne de contingentement de la production. Décidés en 1984, les quotas laitiers se sont traduit par un retrait progressif de l'Europe des marchés mondiaux laitiers, lesquels sont dominés à 45% par l'Océanie. La Nouvelle-Zélande fait désormais jeu égal avec l’Union européenne, en terme de volumes exportés. En dix ans, ce pays de moins de 4 millions d’habitants a connu une croissance spectaculaire de 60% de sa production ( 12 millions de tonnes).

L’expansion de l’élevage laitier néo-zélandais s’est réalisée au dépend de l’élevage ovin, fragilisé par une politique de libéralisation et par l’effondrement du marché de la laine au début des années 1990. Le cheptel laitier a, lui, progressé de 30% (hausse de 800 000 têtes) par agrandissement des troupeaux et extension des surfaces fourragères. La taille moyenne des troupeaux dépasse 200 vaches, lesquelles produisent annuellement 3 600 kg de lait.

Le dynamisme de l’élevage laitier néo-zélandais s’explique par de faibles coûts de production. Avec un climat tempéré et humide toute l’année, la conduite d’élevage repose sur le pâturage et la valorisation de l’herbe. Comme la production d'herbe, la production laitière demeure saisonnière. Les laiteries fermées pendant l’hiver austral. Cette logique ne pose pas problème car seul un dixième de la production est destiné à la consommation intérieure. L’essentiel est transformé en poudre, beurre et fromage pour l'export. Sans doute le plus économe et le plus performant des pays de l’OCDE, l’élevage laitier néo-zélandais produit le litre de lait aux alentours de 1 franc.

Dans la perspective de la suppression des quotas européens et de la libéralisation des échanges, le prix mondial pourrait s’aligner sur les coûts de production de cette région, estime le Geb (Groupe d'économie du bétail). « Il se fera à travers un ajustement des productions d’exportation de l’Australie et la Nouvelle-Zélande à la demande du marché mondial, et en particulier à la demande du marché des fromages qui devrait poursuivre sa croissance. » Si un tel scénario advenait, la question est de savoir si ces deux pays peuvent poursuivre la croissance soutenue de leur production sans augmenter substantiellement leur coût de production.

V. L.