
Les
Sociétés coopératives d’intérêt collectif
Le nouveau secrétaire d’État à l’économie
solidaire, Guy Hascoët (député vert du Nord-Pas-de-Calais) prend ses
fonctions alors que se lance une expérimentation sur un nouveau statut
coopératif. Le projet de création de Sociétés coopératives d’intérêt
collectif (SCIC) s’inscrit dans la recherche de réponses aux demandes
de services collectifs alliant but social et insertion économique. Le
statut coopératif valorise la dimension entrepreunariale tout en
garantissant la non lucrativité et « la primauté de la
solidarité et du bien être social sur la rémunération du capital ».
La SCIC associe dans son pilotage et dans sa gestion des bénévoles
(militants), des usagers (qui peuvent être consommateurs, bénéficiaires
ou « porteurs de projets ») et des salariés. Sa spécificité
tient dans ce multi-partenariat.
La mission Promotion de l’Emploi (ministère de l’Emploi), la
Direction interministérielle à l’innovation sociale et l’économie
solidaire (Dises) et le réseau Scop-Entreprises (Société coopérative
ouvrière de production) lancent une expérimentation à partir d’avril
2000 pour accompagner l’évolution d’une vingtaine de structures vers
un statut SCIC. Parmi les candidats déjà repérés : l’Association
des collectifs de crèches parentales (Acepp), la fédération des Foyers
de jeunes travailleurs, l’Agence nantaise des Plie (pour les déchets),
le Parc naturel régional des Causses du Quercy (équipes vertes en
insertion), l’École de conduite française de Poitiers, Livradois
Chaleur Bois (micro filière bois)… Il s’agira d’avaliser comment
adapter le cadre juridique coopératif aux projets de développement
local, d’imaginer un mode d’organisation du pouvoir entre les trois
collèges et une gestion fondée sur des ressources hybrides publiques et
privés.
La SCIC apparaît comme une traduction concrète de la réflexion sur
le tiers secteur (aussi appelé économie solidaire). Celle-ci a mis en
évidence l’opportunité de créer un statut d’entreprise à but
social qui puisse s’inscrire dans les projets de territoire. La nouvelle
circulaire fiscale en direction des associations corrobore cette
orientation. Enfin, la SCIC offre, selon ses concepteurs, un cadre
juridique adéquat pour les « nouveaux métiers » de services.
Elle apparaît comme une voie possible pour pérenniser les
« emplois jeunes » à l’issue du programme (cinq ans).
Ailleurs, en Italie, en Suède, en Finlande ou au Québec notamment, il
existe depuis longtemps des coopératives multi-partenaires oeuvrant dans
le secteur des services.
C. D.

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