Article du Numéro 126 - 09 OCTOBRE 1998
Dossier
Qualité et réduction des
inégalités
L'économiste Philippe
Perrier-Cornet a rappelé que "les exploitations agricoles françaises font
vivre quelque 850 000 actifs. Cela représente environ 3% de l'emploi
national. Le rythme des départs reflète le fait que la productivité du
travail agricole augmente plus rapidement que la demande solvable. Quels
sont les facteurs en jeu ?
- En termes de quantité, la demande alimentaire européenne est
stable. Le changement le plus significatif concerne la recherche de
produits de qualité. C'est elle qui peut avoir des effets positifs sur
l'emploi. Cela passe par une baisse des rendements. Le problème tient au
coût de ces produits de qualité. Il faut donc s'interroger sur la
capacité des gens à acquérir des produits plus chers. Cela veut dire
s'attaquer aux inégalités alors que le nombre de pauvres augmente en
France.
- La demande alimentaire extérieure peut-elle être porteuse
d'emplois ? Il y a une tricherie à répondre oui, car cela consisterait à
créer de l'emploi agricole dans les pays riches en détruisant celui des
pays pauvres.
- L'agriculture peut aussi produire des biens non alimentaires.
Cependant, la production de biocarburants ne représente que 2% de la
surface agricole et la collectivité doit prendre en charge une partie de
son coût .
- Il existe une demande de services ruraux tels que l'entretien des
espaces. Les problèmes qui se posent alors touchent le partage du
travail entre les actifs ruraux, agricoles ou non. Enfin, deux remarques
s'imposent. L'agriculture reste une affaire de famille. Très
massivement, ce sont des enfants d'agriculteurs qui reprennent les
fermes. Les personnes n'étant pas d'origine agricole ne représentent
qu'un dixième des installations (ce chiffre est stable depuis les années
1970). De plus, elles reprennent généralement des exploitations situées
en zones difficiles. Par ailleurs, le travail salarié est généralement
considéré comme un reliquat du travail agricole. Or, depuis les années
1990, la courbe du salariat agricole se redresse (il y a 145 000
salariés agricole actuellement)."
| L'agriculture dans le budget de l'union
européenne |
| |
1970 |
1980 |
1990 |
1996 |
| Dépenses totales de l'UE (milliards d'Ecus*) |
5,4 |
16,0 |
46,0 |
80 |
| Dépenses agricoles (FEOGA) (milliards d'Ecus) |
5,2 |
11,6 |
27,3 |
40 |
| Dépenses agrivoles en% |
96% |
73% |
59% |
50% |
| Actions structurelles en % (FSE - FEDER) |
e |
11% |
17% |
30% |
Tableau présenté par Jean-Christophe
Kroll, l'un des trois experts présents lors de la
journée
Quelques chiffres clefs en 1996 (Europe des
12)
Part de l'agriculture dans la création des
richesses (VA brute agriculture/PIB) = 2,8%
Part de
l'agriculture dans la population active totale = 5,8%
Part de
l'agriculture dans les dépenses totales = 50,0%
|
"L'Europe agricole, c'est l'affaire de tous !"
L'initiative de cette campagne revient au collectif "Stop à la Pac
folle !" qui rassemble les associations suivantes : Afrique Verte,
Alliance Paysans Écologistes Consommateurs, Cohérence, Collectif Pac 3
Nord-Pas-de-Calais, Collectif Pac 3 Rhône-Alpes, Confédération Paysanne,
Fédération Nationale d'Agriculture Biologique, France Nature
Environnement, Mouvement National des Chômeurs et Précaires, Mouvement
Rural de Jeunesse Chrétienne, Paysans et Citoyens, Solidarité
Paysans.
Contact : tél/fax 03 20 57 93 66.
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