VIII. Recommandations

 

Toute politique visant à doter la gestion de déchets solides de dispositions juridiques et réglementaires devrait inclure les responsabilités des producteurs de déchets, des obligations financières et des mécanismes régulateurs.

L'identité socio-culturelle et politique des populations démunies se voit menacée par les choix techniques et les pratiques qui en découlent. Pour éviter ces conflits, le choix des techniques doit respecter l'identité et les racines culturelles.

Une attention particulière doit être portée à la situation des femmes. Reconnaître leur participation, leurs idées et leur spécificité dans la pratique influence l'analyse des conditions actuelles tout comme la formulation de politiques adaptées en matière de gestion des déchets.

Les accords contractuels relatifs à la gestion des déchets doivent définir la nature et les limites de la contribution des acteurs, afin de renforcer la coopération et la reconnaissance officielle du rôle des participants sociaux et populaires.

Etant admis que ni le secteur structuré ni le secteur non structuré ne sont parfaits, les mécanismes de réglementation de ce dernier devront résulter de l'auto-discipline et de négociations. De tels mécanismes populaires de réglementation devraient prendre en compte un certain nombre de critères minimums. La création d'un cadre juridique pour les étapes de la conception et de la réalisation des activités de gestion des déchets qui accorde un statut officiel aux participants permettra à ceux-ci de bénéficier d'une aide financière de la part des institutions financières et des autorités locales.

Les modèles actuels de projets isolés devront faire place à une stratégie plus cohésive qui favorise une intégration dans les politiques municipales, dans le respect de l’autonomie communautaire accrue et avec un soutien renforcé en matière d'infrastructures. Il est essentiel d'assurer la formation des techniciens municipaux, dans la mesure où les services d'assainissement gérés par des ingénieurs d'hygiène publique sont essentiellement considérés d'un point de vue sanitaire.

Eu égard aux groupes démunis, il convient d'élaborer des stratégies à long terme en faveur de l'environnement urbain qui fassent collaborer efficacement le gouvernement, les secteurs privé et public et les ONG. Un partenariat devrait être établi entre les différents acteurs de la société civile. A cette fin, tous les acteurs devraient être identifiés et associés au processus de réflexion.

Il est nécessaire de promouvoir les groupes communautaires afin de permettre la communication et la diffusion de l'information ; de modifier les comportements ; d'encourager la rémunération régulière des services ; de contrôler la qualité de ces services et de préparer un contexte social approprié pour la mise en place de nouveaux services urbains.

Il convient de favoriser l'introduction de fortes composantes éducatives dans les projets techniques et économiques. Les expériences régionales illustrent la nécessité de poursuivre l'investissement en matière d'éducation à l'environnement pour permettre le développement humain dans des relations nouvelles avec le cadre de vie urbain.

Il faut jeter des ponts entre les mouvements sociaux et entre les secteurs (ramasseurs, communautés, spécialistes de l'environnement, femmes), et promouvoir le travail en réseau entre les ONG concernées d'un bout à l'autre de la région.

Les municipalités devraient laisser des acteurs privés communautaires participer au processus de l'aménagement urbain afin de pallier leurs insuffisances financières et permettre la participation des intéresses à l’amélioration de leur cadre de vie.

L'un des éléments importants de la planification est l'identification de marchés pour les produits issus du recyclage ou d'autres méthodes d'évacuation des déchets, telles que le compostage, le biogaz, etc. Les garanties de rachat et la protection de l'environnement par le biais du recyclage des déchets peuvent contribuer à un engagement durable en faveur du soutien communautaire.