Ce document contient la synthèse analytique de troisétudes de cas :
L'objectif de la première expérience était d'améliorer les conditions d'approvisionnement en eau pour 6organisations des districts de Ventanilla y Puente Piedra de Lima(Pérou) ; la seconde cherchait à encourager les dynamiques d'urbanisation à travers un travail conjoint entre le gouvernement local et les habitants de la zone périphérique de Fortaleza (Brésil) ; et la dernière avait pour objectif l'amélioration des conditions d'assainissement à Altos de Menga, un bidonville de Cali (Colombie), par un travail conjoint entre les institutions locales et la communauté, avec pour facilitateur du processus un Institut Universitaire de Recherche.
Les acteurs qui ont participé aux processus et leur srôles étaient les suivants
1. La communauté a participé à chacune des initiatives. Elle a participé au processus de sélection de la technologie : dans le cas du Pérou, en discutant des conceptions technologiques proposées par l'ONG CIPUR et en contribuant à leur modification ; dans le cas de la Colombie, la communauté à conçu les dessins préalables de la technologie à mettre en place, qui furent ultérieurement revus par les techniciens des institutions. Dans chacune des initiatives la communauté a participé à la construction en contribuant de la main d'œuvre et des matériaux, et au Pérou et en Colombie elle a par ailleurs supervisé les travaux entrepris par les autres agents. En Colombie, la communauté à également évalué le projet. Dans toutes les expériences la communauté participe aux opérations et à la maintenance des infrastructures.
2. Les gouvernements locaux ont pu participer à toutes les expériences par le biais de différentes institutions. Dans le cas du Pérou, cette participation a été faible, limitée principalement à un apport logistique dans l'exécution des ouvrages ; en Colombie, l'institution prestataire de services publiques de la municipalité a participé activement à tout le processus, et dans le cas brésilien, le projet d'urbanisation faisait partie d'un programme gouvernemental.
3. Les ONG ont eu un rôle de facilitateur au Pérou (CIPUR) et au Brésil (CEARAH Periferia). Par ailleurs, au Pérou et en Colombie, les ONG MISEREOR et Plan International ont appuyé les habitants par le financement des infrastructures.
4. En Colombie, un Institut Universitaire de Recherche, le CINARA de l'Université del Valle, a joué le rôle de facilitateur.
Des technologies alternatives ont été utilisées : au Pérou et au Brésil, des bornes fontaines ont été construites pour l'approvisionnement en eau. Au Brésil et en Colombie, des canalisations non conventionnelles ont été utilisées : au ParqueHavaí, elles ont été mises en place parlotissement, avec des filtres pour les éléments solides, des filtres anaérobiques, et un système dechloration de l'eau. En Colombie, il y a en plus le système RAS (Réseau de Canalisation Simplifiée) qui a pour effet de décharger les canalisations urbaines, ainsi qu'un système de drainage des eaux de pluie.
Les projets ont atteint les objectifs attendus : au Pérou,les bornes fontaines publiques servent environ 7 800 personnes ; au Brésil, un lotissement a été construit pour héberger 150 familles, et en Colombie, le système de canalisation non-conventionnel couvre 143 familles.
Le principal problème a été la résistance initiale de la part les populations auxtechnologies alternatives (et dans le cas colombien égalementde la part des institutions). Dans chacune des initiatives, il a été difficile de faire tenir leurs promesses aux autorités locales. Au Pérou, les promesses faites à la population par des candidats aux élections ont également été difficiles à tenir une fois les élections passées.
L'impact le plus significatif de ces expériences est le renforcement des capacités de gestion des organisations debase. Par ailleurs, au Brésil et en Colombie, ces initiativesont permis aux organisations et à la population de travailler avec les institutions de l'État, en qui elles n'avaient auparavant qu'une confiance très limitée. Vu que toutes ces expériences œuvrent pour l'amélioration de la fourniture en eau ou de l'assainissement (et dans le casbrésilien de l'habitat en général), nous espérons qu'elles auront eu un impact sur la santé, enparticulier celle des enfants. Les expériences colombienne et brésilienne ont par ailleurs eu un impact particulier environnemental l'évacuation des excréments et des eaux usées.
Le principal enseignement de ces expériences est que les communautés et les institutions peuvent travailler ensemble avec l'appui d'un facilitateur pour les processus de dialogue et de concertation. Chaque acteur du développement peut assumer son rôle avec responsabilité, et sans prendre la place d'autrui. Par ailleurs, les solutions technologiques ne doivent pas être le point de départ des projets, mais il faut plutôt trouver une forme d'organisation et un processus qui permettront d'arriver à ces solutions.