Les Circuits Socio - Economiques du Recyclage dans la ville de
Saint-Domingue, République Dominicaine

Cette étude a été menée dans le cadre du Programme PRECEUP et s'est étalée sur neuf mois (Juin 1998/Février 1999). L'objectif fondamental de cette étude qualitative a été de connaître les circuits socio-économiques du recyclage à Santo Domingo, dans le but de mettre en oeuvre des actions dans ce domaine.
En République Dominicaine, environ 30 % de la population totale est concentrée dans la capitale. La situation environnementale s'est dégradée entraînant de sérieuses conséquences sur l'état des espaces publics, de l'eau et de la santé des habitants. Le service de collecte des déchets dépend de la Mairie, mais il est inefficace ce qui rend indispensable le recours à des entreprises communautaires.
L'évolution économique du pays et l'augmentation de l'exode rural ont provoqué le gonflement du "secteur informel" auquel appartiennent, en grande majorité, les travailleurs du secteur du recyclage des déchets.
En ce qui concerne la méthodologie employée, il a tout d'abord fallu définir les " univers " à étudier , 5 ont été choisis :
á Les grandes entreprises
á La petite industrie
á Les travailleurs chargés de la collecte et les intermédiaires entre les collecteurs et acheteurs
á Les collecteurs employés de la société Dixi Sanitary Services
á Les "buzos"
Plusieurs outils de collecte d'information ont été retenus, en fonction des interlocuteurs : les enquêtes (questionnaires plus ou moins précis, réalisés sur le lieu de travail ou bien au domicile des personnes interrogées...), l'observation directe, les enquêtes par téléphone (pour déterminer quelles entreprises utilisent les matériaux recyclés), des groupes de dialogue ...

Par ailleurs, un effort d'archivage, de classement des données recueillies a été entrepris puisqu'il n'existait auparavant aucun élément répertorié sur ce secteur et ces travailleurs.
Une première partie du rapport, plus quantitative, éclaire sur leurs conditions socio-économiques, et démontre qu'il existe une relation proportionnelle entre le niveau des conditions de vie et la place occupée dans la chaîne de commercialisation des déchets. Plus on se trouve au bas de l'échelle, et moins on est instruit et a la possibilité de faire instruire ses enfants, plus les revenus sont faibles, plus on vit dans des logements précaires et dans des quartiers éloignés et insalubres, enfin plus on souffre de problèmes de santé.
Cette activité est dans une majorité des cas l'activité principale de ces travailleurs qui appartiennent surtout au secteur informel. Ce rapport fournit ainsi d'importants éléments sur l'informalité à Santo Domingo et en présente plusieurs définitions, dont celle du FONDOMICRO qui soulève les difficultés que rencontre ces micro et petites entreprises.
De plus, cette étude s'attache a présenter les logiques de fonctionnement des travailleurs (régulation du système, logiques de pouvoir, ...) et montre qu'il est essentiel pour appréhender correctement le domaine du recyclage, de différencier les produits.
Plusieurs grandes entreprises ayant un produit particulier (métal, verre, papier/carton et plastique) sont donc analysées. Les données quantitatives fournies concernent leurs effectifs, leurs équipements, les quantités traitées... Quant aux données qualitatives, elles se basent sur les remarques des cadres de ces entreprises concernant les avantages et les inconvénients de chaque activité.
Dans l'ensemble tous s'accordent à dire que l'activité est rentable et qu'il existe de nouveaux marchés à développer, mais qu'il faudrait que le secteur s'organise, se structure, qu'il y a encore des efforts à réaliser sur le plan technique, et surtout il faut des politiques publiques et une participation de l'Etat afin que ces actions prennent une nouvelle ampleur.