Septembre 1998
Résumé
La gestion des déchets est considérée dans une perspective de changement social. Partant des déchets, l'objectif est de déboucher sur un projet - ENDA pour la ville, qui induise des orientations/choix politiques afin d'avoir un réel impact sur la ville. Les déchets doivent être indissociablement liés à une perspective politique, devant aboutir à un mode de gestion différent de la ville. Il s'agit en fait de proposer un modèle politique pour un changement d'échelle.
Face aux différentes problématiques urbaines, les acteurs ont des approches différentes, à cet égard, la problématique des déchets ne fait pas exception. Rapprocher les différents acteurs pour construire ensemble des projets de ville consensuels, dans lesquels tout le monde se reconnaisse, doit constituer un des principaux objectifs. Trop souvent pour ne pas dire toujours, les politiques sont élaborées de façon unilatérale par les décideurs, sans tenir compte des aspirations et potentialités du plus grand nombre.
Dans ce contexte, l'étude s'interroge sur les notions d'Économie populaire et de "modernité". Toutefois, ce qui est moderne pour un acteur, peut ne pas l'être pour l'autre et vice-versa. Il importe donc de séparer ce qui constitue une vraie modernité de ce qui n'en a que l'apparence (par exemple, qui de la charrette ou du camion "ville-propre" est le plus moderne dans le contexte urbain Ouest-Africain?). La modernité est à rapporter au changement social dans la mesure où elle peut y contribuer. Ainsi, on peut se demander comment aboutir à des technologies, processus organisationnels, etc., plus modernes, afin que les acteurs populaires vivant des déchets puissent évoluer vers un avenir plus confortable.
L'étude analyse de façon comparative le schéma de gestion des déchets domestiques à l'échelle de Dakar et celui de Thiès. Pour réaliser cette étude, deux types d'enquêtes ont été effectuées dans les régions de Dakar et de Thiès : une enquête auprès des ménages et une autre des récupérateurs et recycleurs. L'analyse des résultats de ces différentes enquêtes est révélatrice de la perception par les gens des problèmes environnementaux ainsi que des modes de préparation et d'évacuation des ordures ménagères.
La conclusion de l'étude établit que la récupération ou le recyclage ne sont pas seulement des activités provisoires mais que celles-ci font souvent office de professions. Malheureusement, l'enquête révèle aussi les carences d'un secteur peu structuré et précaire. Ainsi, il semble que la durabilité de l'activité ne se fera qu'au prix d'une concentration des récupérateurs-recycleurs, d'une spécialisation sur un produit précis et surtout d'une orientation vers l'industrie.
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