Résumé - Synthèse régionale Asie.
Les objectifs de développement économique et d'allégement des problèmes de pauvreté, tels qu'ils existent actuellement, semblent être en conflit avec des considérations environnementales, ce qui conduit à l'absence d'une gestion environnementale efficace des villes. Les villes sont faites de contradictions, avec des centres de "croissance et de richesse" d'un côté, et de "besoin et de pauvreté" de l'autre.
Les villes d'aujourd'hui fonctionnent sur un double système, procurant d'une part un espace d'autogestion et de planification, et de l'autre, restreignant les initiatives. Face aux inadéquations des planifications bureaucratiques et des modèles de gestion technocratiques, les perspectives de renforcement de l'autonomie populaire et de son expression, devront être efficacement solidifiées et intégrées, en vue d'une indépendance économique et d'une démocratie politique.
L'idée que la part des déchets mondiaux produite par les pays industrialisés est proportionnellement élevée en comparaison à la part de la population mondiale qu'ils représentent, est largement reconnue. Aujourd'hui, l'environnement urbain se caractérise d'un côté par des problèmes à caractère mondial et de l'autre, par les possibilités offertes par des solutions locales. Ces solutions locales se sont démontrées efficaces dans les contextes urbains des pays en développement. Toutefois, l'efficacité de leurs applications transférées au niveau mondial, n'a pas encore pu être établie.
Bien qu'il soit facile d'énumérer un certain nombre de questions environnementales qui nécessitent une attention immédiate, le Preceup s'intéresse à quatre dimensions principales, que ce soit en terme de recherche ou d'action. Ces principales dimensions de l'environnement urbain qui affectent les conditions de vie et qui sont l'air, l'eau, les déchets solides et les questions sanitaires; sont directement influencées par la manière dont elles sont gérées.
Pour mener à bien cette étude, ces dimensions ont été analysées en termes de : source, impacts, modes de gestion, technologies et acteurs.
Puisque la gestion des déchets solides représente une dimension beaucoup plus complexe et vaste, ce document essaie d'explorer plus en détails les diverses étapes du cycle de la gestion des déchets solides.
Dans la plupart des pays en développement, bien qu'il existe des cas d'initiatives locales de tri et de ramassage des ordures pour la revente et le recyclage, ces activités restent "informelles" et ne sont pas soutenues par les autorités municipales. Les prises de décision sont lentes et compliquées, ce qui incite à la création de décharges sauvages et conduit à la présence de substances dangereuses, sur le sol et dans les cours d'eau.
Le secteur formel de la gestion des déchets dans les villes d'Asie est faible et ne répond, dans la plupart des cas, qu'à 30% de la demande. Les villes ne croulent pas sous les ordures solides grâce au système informel qui se charge du ramassage et recyclage des déchets pour et avec peu d'argent. Cette activité génère aussi des emplois et permet d'une part, aux ramasseurs d'ordure de faire des bénéfices et d'autre part, aux ménages de revendre une partie de leurs détritus solides à ces ramasseurs, au lieu de les jeter. Ainsi, le verre, le plastique, le papier et le métal sont tous recyclés.
Quoiqu'il en soit, les procédés de recyclage utilisés sont primaires et préjudiciables à l'environnement. C'est pourquoi plusieurs municipalités ont essayé de restreindre ces activités plutôt que de les aider à améliorer leurs procédés au travers de recherches, financements et conseils techniques. Dans certains cas, des instances publiques ont formalisé ces procédés par un arrangement contractuel, en faveur de l'évacuation des matières recyclables.
La gestion des déchets solides est devenu un problème mondial. Plusieurs options technologiques ont été essayées et expérimentées par différents acteurs afin de trouver des solutions alternatives viables pour un système de ramassage des ordures satisfaisant.
Ces expériences ont montré que la gestion des déchets solides n'est pas qu'une question technique et qu'elle ne dépend pas non plus de considérations purement financières. Ses dimensions socio-économiques et culturelles demandent des solutions au travers de mesures imaginatives, de réorientations administratives, d'accords institutionnels et organisationnels et de l'information de la population. Il est donc impératif de revoir ces expériences en gestion des déchets solides en prenant en compte les diverses dimensions impliquées. A chaque phase du cycle, quatre questions principales restent sous-jacentes et elles se regroupent sous les catégories : mesures politiques, questions de planification, questions organisationnelles et questions de partenariat. Ces questions sont traitées dans cette étude au travers d'expériences concrêtes.