La gestion communautaire des réseaux d'adduction d'eau potable (AEP) des centres secondaires de la vallée du fleuve Sénégal

Lieu d'implantation

Vallée du fleuve Sénégal, les petits centres ruraux secondaires (plus de 1000 habitants) sur l'axe goudronné Saint Louis / Bakel.

Domaine d'intervention

L'action vise les "comités" de gestion des forages, les conducteurs des forages et les opérateurs privés de petite maintenance

Dates Clés

Début du projet

Non renseigné

Durée du projet

Idem

Budget Total

en monnaie locale

Non renseigné

en US $

Idem

Principaux partenaires

- Programme P.S.eau / AFVP
- ISF / Hydro conseil

Mots clés

Participation, développement institutionnel, adduction d'eau potable

Information générale

Contexte (géographique, institutionnel, politique, socio-économique, équipements, infrastructures…)

"Avant 1984, l'État sénégalais contrôlait la gestion des ouvrages d'AEP, à travers un organisme, la DEM (Direction de l'Exploitation et de la Maintenance), et les "antennes déconcentrées " de la BPF (Brigade de Puits et Forages).
Mais l'État, manquant, de moyens a dû réformer ce système. Depuis 1984, tous les forages alimentant en eau les populations rurales doivent être pourvus d'un comité de gestion villageois constitué sous le contrôle de l'État et des communautés rurales. Un transfert est donc en train de s'opérer d'un contrôle par l'État vers un contrôle par ces comités.
" Ces comités (...) assurent le service de l'eau et sont appelés, dans le cadre de la réforme, à prendre en charge l'ensemble des coûts de fonctionnement, du renouvellement de matériel d'exhaure et d'entretien du réseau ".
Le modèle technique est aujourd'hui maîtrisé (on compte 800 puits à partir de forages à exhaure motorisés). Mais l'entretien et la gestion continuent de poser des problèmes.

Historique (origines, problèmes rencontrés…)

Les questions qui se posent, et auxquelles l'action pilote cherche à trouver réponse, concernent donc prioritairement la gestion des petits réseaux d'AEP par des comités d'usagers : -Est-elle viable ? - Le service de l'eau peut-il être pleinement assuré par des associations d'usagers au niveau villageois ? - Dans quelle mesure le secteur privé peut-il assurer la maintenance des équipements d'exhaure et de
réseaux ?L'action pilote va donc tester des outils et une démarche pour renforcer les capacités de prise en charge des comités villageois, et les compétences des opérateurs privés.

Résumé du projet (objectifs généraux, bénéficiaires, moyens, résultats attendus…)

L'action pilote propose des formations à 35 comités de gestion (en gestion communautaire, comptable et financière, entretien et maintenance) et un service d'appui-conseil. Ces comités disposent de réseaux d'adduction d'eau potable (AEP) qui alimentent entre 1 et 14 villages, soit de 1500 à 15 000 habitants. L'action fait appel à des prestataires de services locaux, spécialisés dans la formation, la gestion financière et comptable etc…
En aucun cas il n'est question de soutenir financièrement les exploitations du réseau.
La zone " d'expérimentation " a été choisie en fonction du contexte géographique bien sûr (approvisionnement en eau potable dans un milieu semi-urbain ), mais également selon des critères de faisabilité importants dans le cadre d'action pilotes : pas de problèmes politiques face auxquels l'action n'aurait pas su ou pu " apporter de solutions ". Une quinzaine de comités villageois de l'axe Bakel / Matam ont ainsi été sélectionnés, après un état des lieux de la gestion villageoise de l'eau dans le département de Matam.
Dans un premier temps, la méthode prévue passait par trois phases successives et complémentaires : 1)animation - 2)formation -3) suivi, pour toutes les facettes de l'action.

Les acteurs et leurs relations : répartition des tâches et responsabilités, formes d'organisation

Les acteurs : dans un premier temps, l'association Conseils pour l'action (ACA) était pressentie pour l'animation et la formation, avec ses propres ressources humaines. Elle mettrait au point un " kit d'animation et de formation pour capitaliser la démarche testée et validée ".
Les conducteurs de forages, considérés comme plus indépendants, auraient cependant fait également l'objet de cet appui en trois phases (animation - formation - suivi).
Les opérateurs privés de l'AEP devaient aussi, après recensement et identification, être formés .
L'AFVP devait assurer la mise en place d'une équipe, et l'appui méthodologique et logistique sur le terrain.
Ingénieur Sans Frontière devait assurer l'appui fondamental technique et méthodologique à l'action Matam, et constituait également le relai privilégié de l'AFVP en France, compte tenu de ses contacts et initiatives en AEP en France et au Sénégal.
La mission d'expertise externe commanditée par l'AFVP devait être effectuée par Hydro-conseil et ISF.

Aspects technologiques (innovations, méthodes)

Contrairement a ce qui était prévu, un animateur a été choisi pour assurer l'animation et la formation au sein du projet. Cette formule présente pluisieurs avantages: elle est peu coûteuse, elle nécessite peu d'immobilisation matérielle, et privilégie la créativité à l'assistance.
Les opérateurs de maintenance (plombiers, électriciens, mécaniciens, topographes etc…) proposent des avantages par rapport aux entreprises structurées de maintenance : ils jouent " la carte de la proximité ", tout en " articulant leur action à celle des grosses sociétés dakaroises qui obtiendront les gros contrats de maintenance. "Ils sont disposés à proposer des garanties et à se conformer aux procédures d'accréditation définies par la DEM pour offrir des prestations de qualité. Enfin, ils sauront répondre aux attentes des comités de gestion en matière de maintenance préventive, comme le font les mécaniciens réparateurs des groupements du fleuve : ces groupements de riziculteurs payent un forfait aux mécaniciens réparateurs de motopompes qui formeront des pompistes villageois à la maintenance quotidienne des pompes, ce qui limite le nombre de ses interventions.

Résultats & impacts de l'expérience (qualitatifs et quantitatifs)

Globalement, la méthodologie de départ a pu être respectée.
Les comités ont engagé une procédure d'agrément auprès du Gouverneur de la région de Saint Louis, et ont ouvert un compte au nom du Comité, comme personne morale. Un règlement intérieur a été rédigé, reprenant les termes évoqués par l'ensemble des usagers mais rarement formalisés. Des documents comptables et techniques ont été réalisés. Enfin, le bureau des comités fonctionne avec un noyau dur de personnes compétentes (hommes et femmes), très impliquées dans la gestion quotidienne.
Les conducteurs de forage mettent en avant leurs revandications collectives. Les comités, quant à eux, préfèrent choisir des conducteurs issus des villages, plutôt qu'un technicien envoyé par la Direction du ministère de l'hydraulique (DEM).
Les opérateurs privés " informels " de la maintenance (topographes, plombiers, mécaniciens, éléctriciens…), mis au courant de l'abandon du monopole de la DEM, ont commencé à se structurer en GIE puis en fédération, afin d'obtenir des marchés.Cependant, l'action a attiré leur attention sur le fait que le GIE n'était pas une panacée, et que cette forme d'organisation recélait également de nombreux inconvénients (partage des pouvoirs, confiance, sous-traitance etc…). Ces opérateurs ont néamoins proposé des pistes d'actions innovantes (cf. innovations)

Intérêt de l'expérience (leçons tirées, durabilité, replicabilité)

" Le calcul du prix de l'eau et la mise en œuvre de mesures pour assurer le recouvrement des coûts réels constituaient des indicateurs importants pour l'action pilote. mais les résultats obtenus par les comités dans ces domaines sont encore timides, beaucoup ont du agir par étape pour faire passer auprès des usagers desmesures à priori douloureuses ".
La pierre d'achoppement de cette action est en fait un classique de ce type de projets :
" Le marché de la maintenance est actuellement à un point d'équilibre entre une offre de prestations assez médiocre, et une demande de service émanant de comités de gestion peu exigeants, pas encore disposés à payer plus cher une prestation de meilleure qualité ".
La leçon à tirer est donc la suivante :
" Tout programme de renforcement des capacités de gestion des comités et de promotion des opérateurs privés est limité par la vitesse d'évolution de la demande des usagers. "
Et cette vitesse d'évolution de la demande dépend elle même des sommes que ces usagers sont prêts à investir à titres individuels pour améliorer les prestation des opérateurs de l'offre.

Coordonnées de l'opérateur et des partenaires

Opérateur du projet (adresse, téléphone, fax, e-mail)

- AFVP:
>Responsable terrain : Cedric Estienne
BP 57- Matam, Sénégal
Tél / fax : (221) 966 63 38 e.mail : ados@metissacana.sn
>Chargée de programme AFVP: Severine Champetier
BP 1010 - Dakar, Sénégal
Tél (221)827 40 75 Fax : (221) 827 40 74 E.mail : afvp@telecomplus.sn
>Responsable " France " : Laurent Girard, chargé de programme AFVP
BP 207 Linas 91311 Monthléry Cedex France

Partenaires (adresse, téléphone, fax, e-mail)

- ISF:
>Responsable projet ISF: Régis Taisne
9 passage Dubail - 75010 France
Tél : 01 44 24 06 82 / 01 45 86 16 04 Fax : 01 44 24 26 94 E.mail : isf_fr@club-internet.fr
>Consultant Hydro Conseil: Bruno Valfrey
53 rue du Moulin des Prés - 75013 Paris
Tél/fax : 01 45 65 11 16 E.mail : h2conseil@aol.com