Lieu d'implantation |
Afrique de l'Ouest-Niger |
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Opérateur |
Saphta - Niger |
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Domaine d'intervention |
Gestion des déchets et des eaux usées |
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Dates Clés |
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Budget Total |
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Principaux partenaires |
ONG SAPHTA (Salubrité,
Propreté, Hygiène et Techniques d'Assainissement) |
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Mots clés |
Déchet organique - Déchet non organique - Assainissement - Technologie appropriée - Transfert de technologie - Initiative locale de développement - Amélioration des conditions de vie - Participation de la femme - Communication et mobilisation sociale - Création d'emploi |
Contexte (géographique, institutionnel, politique, socio-économique, équipements, infrastructures ) |
Talladjé comprend 40 000 habitants en 1994.Quartier péri-urbain de Niamey, il est composé de 2 100 familles.C'est un quartier cosmopolite essentiellement créé par des populations en exode. La question de la gestion urbaine et de la salubrité est un véritable casse-tête dans les centres urbains et péri-urbains africains. Les autorités municipales se désengagent de plus en plus, laissant les populations cohabiter tant bien que mal dans un environnement sanitaire précaire avec tous les risques que cela comporte. Ces populations doivent dès lors se démener dans un contexte d'ostracisme économique chaque jour plus intense. Malgré tout, dans la plupart des villes ouest-africaines, les populations se sont organisées en structures plus ou moins formelles pour le développement social et environnemental de leurs quartiers. De plus en plus d'associations, prestataires de services à part entière, occupent ainsi le créneau de la lutte contre l'insalubrité et la prolifération des ordures ménagères. La SAPHTA au Niger en est un exemple. |
Historique (origines, problèmes rencontrés ) |
Fondée en mars 1993 par Mme Souna Hadiza Diallo, la "SAPHTA" (signifie Salubrité, Propreté, Hygiène et Techniques d'Assainissement, en langue nationale Haoussa, d'où le sigle) est une ONG nationale nigérienne qui regroupe près d'un millier de femmes, aussi bien rurales que citadines. Son but principal est d'aider les femmes à se regrouper, à les mettre en confiance pour qu'elles prennent en charge leur propre développement afin d'améliorer les conditions de vie des populations. Cette ONG, dont le siège se trouve à Niamey, s'est fixée plusieurs objectifs: promouvoir la participation de ses membres au processus de développement notamment en matière de salubrité en zones urbaines et rurales, organiser des activités pour l'amélioration des conditions de vie des populations, développer l'esprit d'entreprise et de volontariat chez les femmes et les jeunes filles, informer, sensibiliser et former les femmes sur les questions relatives à la démographie, l'environnement, l'introduction de nouvelles technologies adaptables au contexte et aux moyens économiques, sociaux et culturels des femmes en matière de santé, nutrition, alphabétisation. Elle a également l'intention de mettre en oeuvre des projets créateurs d'activités génératrices de revenus, ainsi que des infrastructures destinées aux enfants (garderie, crèches, aménagement d'espaces verts). La SAPHTA tente de pallier la carence des autorités municipales en matière de gestion des déchets solides et liquides à Niamey. Ainsi, un projet a démarré en 1994 dans le quartier de Talladjé, avec le soutien de la Caisse Française de Développement.Il se trouve que le franc CFA a été dévalué cette année là.Et pour atténuer les effets sociaux de la dévaluation sur les populations les plus vulnérables, la CFD a financé un certain nombre de projets afin d'appuyer la politique d'ajustement global poursuivie par les Etats africains de la zone franc.Le projet de Talladjé en fait partie. |
Résumé du projet (objectifs généraux, bénéficiaires, moyens, résultats attendus ) |
Ce sont les femmes du quartier qui sont à l'origine du projet. Le groupement des femmes de Talladjé, sensibilisé aux problèmes de salubrité et d'hygiène par la SAPHTA, a voulu mettre en oeuvre un programme visant à résoudre les problèmes d'évacuation des ordures ménagères et des eaux usées car les populations vivaient dans des conditions de salubrité très précaires (absence d'infrastructures et d'équipements appropriés). Les objectifs du projet de Talladjé sont:
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Les acteurs et leurs relations : répartition des tâches et responsabilités, formes d'organisation |
Actions réalisées: A-Construction de 600 puisards dans 600 concessions
B-Organisation de la collecte de ordures ménagères
C-Suivi-Evaluation : Une évaluation a été faite, de même qu'un audit commandité par la Caisse Française de Développement auprès d'un cabinet de consultants. Une analyse de la nappe phréatique a été effectuée par le laboratoire des produits chimiques et pharmaceutiques du Niger (ONPPC) pour écarter toute contamination avec les puits avoisinants alimentant les populations en eau. Rôle des différents acteurs: -La population s'est chargée de fournir la main-d'oeuvre non qualifiée pour creuser des puisards et construire des remblais. Sa contribution est estimée à 13.000.000 F CFA. Le comité de gestion a assuré l'animation et la sensibilisation dans le quartier. La SAPHTA possède des groupements dans 70 quartiers de Niamey qui comptent 80, 100, 200, 300 femmes (cela dépend de l'importance du quartier). Les femmes elles-mêmes éprouvent le besoin de se grouper après une sensibilisation dans le quartier ou une émision à la radio; elles viennent ensuite à la SAPHTA dans une démarche de formalisation. Elles s'adjoignent des hommes comme conseillers. -La mairie de la Commune II de Niamey : elle avait pour rôle de doter le quartier de containers et d'indiquer le lieu de décharge des ordures. La Communauté Urbaine de Niamey compte trois Communes qui sont toutes coiffées par un Préfet : Président de la Communauté Urbaine de Niamey (CUN). Le quartier de Talladjé est situé dans la Commune II (qui couvre 22 quartiers). La Secrétaire Générale de cette Commune a suivi le projet. Le Maire est venu pour la remise des ouvrages. -La Direction de la Prévention Sanitaire a fourni les techniciens pour la construction des puisards, indiquer la profondeur, le diamètre et les modalités de construction des fosses. Deux entrepreneurs ont été recrutés pour construire les fosses. La DPS a suivi le projet depuis la conception, l'exécution et l'évaluation. -La Direction Environnement, avec l'appui de son homologue précédent (DPS), a formé les collecteurs et le comité de gestion du groupement. La DE a aidé la SAPHTA dans la sensibilisation et la formation. -L'ONG SAPHTA, maître-d'oeuvre du projet, a appuyé la formation, le suivi puis la sensibilisation; elle s'est également chargée de l'élaboration mensuelle des rapports d'activités et du contrôle des travaux. Les salaires des collecteurs, assurés pendant trois mois par l'ONG, ont ensuite été couverts par les recettes obtenues auprès des ménages. Ces dernières ont permis aussi de couvrir les frais de réparation du matériel et une partie a été épargnée par les femmes du groupement. Les salaires ont été revus à la baisse après le projet:
Concrètement, la collecte s'est faite avec des pousse-pousse à traction humaine, des pelles, des râteaux, des brouettes et du matériel d'accompagnement : les collecteurs avaient un tablier SAPHTA, des bottes, des lunettes, des gants et des cache-nez achetés dans le cadre du financement. |
Aspects technologiques (innovations, méthodes) |
Innovations à la fois méthodologique et technologique: La SAPHTA a donné l'exemple en matière d'assainissement des quartiers de Niamey. Elle a incité les populations du quartier de talladjé à se prendre en charge, à gérer le fonctionnement des activités de collecte des ordures ménagères et des eaux usées, à participer à la résolution des problèmes d'environnement qui se posent à elles en payant des redevances aux collecteurs. L'ONG a montré au groupement de femmes de Talladjé et aux collecteurs d'ordures et des eaux usées comment traiter les déchets solides et liquides: elle leur a montré comment transformer les ordures ménagères en compost (engrais organique) en y incorporant la jacinthe d'eau pour avoir une décomposition rapide. Le compost obtenu pouvait ensuite être vendu, de même que les eaux usées décomposées. C'est donc une source de revenus non négligeable pour les populations. Concrètement cela s'est passé ainsi : les 600 puisards construits dans le quartier recueillent les eaux usées. Une fois que les fosses sont pleines, les vidangeurs puisent l'eau avec un seau muni de corde et la déversent dans un tonneau sur lequel il y a un entonnoir. Ces tonneaux remplis sont vendus aux paysans qui les font déverser dans leurs champs. Le fond du puisard est ensuite raclé, cela ressemble à un compost par la décomposition des détritus. Le compost fabriqué avec les ordures ménagères est vendu aux maraîchers tandis que le dépôt des eaux usées dans les fosses est vendu aux paysans. La sensibilisation a porté également sur la gestion de l'eau et son assainissement dans les zones urbaines/rurales où sévit la dracunculose (vert de guinée) : l'ONG a fait mettre sur les canaris des têtes de robinet, afin d'une part, d'économiser l'eau et d'autre part, d'éviter les microbes : non seulement les canaris sont couverts et nettoyés régulièrement, mais de plus on se sert d'un petit bol pour boire au lieu de plonger la main dans le canari. La sensibilisation pour lutter contre le ver de guinée se fait avec pour supports des toiles ou feuille de papier comportant des images frappantes. |
Résultats & impacts de l'expérience (qualitatifs et quantitatifs) |
L'ONG estime que les résultats ont été bons dans l'ensemble, et les populations ont affirmé vivre dans un quartier assaini après l'opération. 1/ Dans la capitale, à Niamey, la Mairie et les privés, en particulier les jeunes, se sont appropriés les méthodes d'évacuation des ordures. Si la formation de 10 collecteurs et des comités de gestion a été limitée au quartier de Talladjé, en revanche, en janvier 1995 60 femmes de 30 quartiers (dont Talladjé), soit 2 par quartier, ont été formées en matière d'hygiène individuelle et collective. Les trois Communes de Niamey, les chefs traditionnels da quartier ont envoyé leurs représentants. Cette formation a concerné les zones les plus insalubres et dont les populations sont particulièrement pauvres. 2/ A l'intérieur du pays, des antennes régionales de la SAPHTA ont répliqué la méthode dans cinq vieux quartiers de Zinder, à 950 km de Niamey. L'antenne régionale SAPHTA/Zinder, qui a vu le jour en juin 1995, est activement dirigée par Mme Laminou Hadjia Rahamou (fonctionnaire à la Mairie de Zinder). Jadis ville salle, abritant d'inimaginables dépôts d'immondices, la Commune de Zinder commence à retrouver un aspect propre. La SAPHTA a déjà installé cinq groupements féminins dans cinq quartiers parmi les vingt-quatre de la Commune. D'autres groupements féminins seront progressivement installés dans les autres quartiers. Chaque samedi et dimanche, c'est par centaines que se mobilisent les militantes et sympathisantes de cette ONG pour mener un inlassable combat contre les saletés, à l'aide de balais, rateaux, pelles, charettes, brouettes, etc... Parallèlement à cette action, les militantes de SAPHTA/Zinder apportent aussi leur contribution financière. C'est ainsi qu'elles ont offert 20 000 FCFA dans le cadre de l'opération Collecte et ramassage des sacs plastiques et ont fait officiellement don de deux moulins à grains et un poste téléviseur couleur aux femmes du village de Malamawa. Selon Mme Hadjia Rahamou, d'autres actions de grande envergure sont programmées pour aider les femmmes de Zinder à prendre en charge leurs propres problèmes tout en entreprenant des activités pouvant favoriser l'amélioration de leur condition et cadre de vie. A Zinder, cela a été un succès puisque des particuliers ont entrepris par eux -mêmes de construire des puisards individuels dans leurs concessions après le projet de l'ONG. L'expérience est en train de se généraliser. |
Intérêt de l'expérience (leçons tirées, durabilité, replicabilité) |
L'expérience a permis surtout aux jeunes désoeuvrés de s'occuper tout en gagnant un revenu (création d'emplois permanents: les collecteurs). La collaboration de l'ONG avec la Mairie de Niamey, comme avec celle de Zinder, a permis à ces dernières de mieux résoudre les problèmes d'insalubrité. Pour l'ONG, la leçon à tirer de ce type d'expérience est qu'elle doit être poursuivie et améliorée suivant le contexte (ville/village) et la réceptivité des populations. Néanmoins, elle reconnaît que la durabilité s'avère en général précaire car dès que l'opérateur se retire du projet des problèmes surgissent: par exemple, la population n'arrive pas à faire face aux redevances (versement des salaires aux collecteurs). Les objectifs du projet ont concerné le quartier de Talladjé mais peuvent s'appliquer à n'importe quel quartier de la ville de Niamey sauf la zone résidentielle, sur la base du constat que la SAPHTA a fait et qui a été à l'origine de sa création. La réplicabilité d'une telle action est donc tout à fait possible, mais le problème de sa pérennisation se pose. En effet, la SAPHTA affirme que des problèmes ont été rencontrés au niveau de la population, non pas durant l'exécution du projet mais plutôt à sa fin, au moment du retrait de l'ONG. La population étant analphabète, habituée à l'assistanat, selon l'ONG, a eu du mal -malgré une certaine sensibilisation- à saisir tout l'intérêt du projet et surtout ne comprenait pas le fait que la SAPHTA veuille se retirer et transmettre la gestion des deux services (collecte des ordures ménagères et des eaux usées) au groupement.Alors que c'était justement là le but recherché: inciter la population à se prendre en charge en matière d'assainissement! L'incivisme s'est alors installé, la population ne voulant plus payer les redevances ou invoquant le prétexte des taxes municipales pour se dérober. Des problèmes se sont également posés avec la mairie: toute la population n'a pas pu bénéficier des containers que la mairie était chargée de placer, aussi a t-elle continué à faire des dépôts sauvages. La Mairie n'a pas pu honorer un certain nombre d'engagements à cause de l'insuffisance des moyens financiers, matériels et même humains. Il n'y a pas eu assez de containers : 10 containers avaient été prévus initialement pour le quartier de Talladjé, un seul a été placé. Ce qui a favorisé les dépôts sauvages. Il faut dire que le containers coutent chers, de plus il n'y a pas assez de camions bennes pour faciliter le transport jusqu'à la décharge. Il y a donc eu beaucoup de problèmes d'organisation et de moyens. Il y a eu des obstacles culturels: lorsque la SAPHTA a commencé la sensibilisation, puis la fabrication du compost, les femmes étaient réticentes et leurs maris ne pouvaient pas comprendre qu'elles puissent en faire un métier si elles le souhaitaient parce que salissant, dégradant pour des femmes. Avec le temps, la sensibilisation a fait tomber des barrières et permis aux uns et aux autres de croire à l'activité, et la population s'est progressivement appropriée le projet même si cela reste timide et sur des superficies encore très réduites. |
Opérateur du projet (adresse, téléphone, fax, e-mail) |
Mme Souna Hadiza Diallo, présidente-fondatrice
de l'ONG SAPHTA |
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Partenaires (adresse, téléphone, fax, e-mail) |
Mme Laminou Hadjia Rahamou M. Mahaman Mayaki M. Ousmane Oumarou Mme Larzillière |
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