Création de microentreprises pour la décentralisation des services municipaux

Lieu d'implantation

Équateur - Quito - Pinchincha

Opérateur

Centre de Promotion et d'Emploi pour le Secteur Informel Urbain (CEPESIU)

Domaine d'intervention

  • Habitat, infrastructures
  • Gestion des déchets

Dates Clés

Début du projet

Juillet 1996

Durée du projet

18 mois

Budget Total

en monnaie locale

400 millions de sucres

en US $

120 000 US$

Principaux partenaires

Commission Épiscopale pour MISEREOR

Mots clés

Infrastructure et Service de la voirie
Aménagement des rues et des espaces publiques
Décentralisation
Microentreprise

Information générale

Contexte (géographique, institutionnel, politique, socio-économique, équipements, infrastructures…)

 

Le projet se situe à Quito, capitale de l'Équateur, et bénéficie de la participation de la Municipalité, du District Métropolitain, d'organisations sociales, d'organismes de coopération, et de groupes de chômeurs au sein de la société civile.

Les Conseils Municipaux sont légalement responsables de la prestation de certains services (nettoyage des espaces publiques, collecte des déchets solides, administration des services d'hygiène, gestion des parcs et jardins…), ainsi que de l'administration de l'espace public en général.

Dans le contexte de la politique nationale de décentralisation, certaines collectivités développent un processus de privatisation sociale intégrant les populations défavorisées. Ces populations urbaines vivent dans des conditions précaires de pauvreté, de chômage et souffrent du coût élevé de la vie, et d'un manque d'accès aux services de santé et d'éducation.

Les unités d'intervention municipales, qui disposent de moyens limités, délaissent très souvent les quartiers pauvres.

Historique (origines, problèmes rencontrés…)

En 1994, la Municipalité de Quito a élaboré, avec l'appui de l'Organisation Internationale du Travail ( OIT), un projet de décentralisation municipale par le biais de microentreprises. Le projet envisage la création de 83 microentreprises pour la collecte des déchets solides, le nettoyage des rues, la maintenance des espaces verts, l'administration des services d'hygiène, des parcs publics et du recyclage du plastique. Une première phase a été lancée sous forme de projet pilote, et encourage la participation d'organismes privés de développement en tant qu'agents techniques responsables de la mise en œuvre du projet.

Le CEPESIU, spécialisé dans la promotion des microentreprises, s'est intéressé au projet. Conjointement avec la Municipalité, il a formulé et géré le projet, financé par l'ONG allemande MISEREOR.

L'exécution du projet a du faire face à trois types de difficultés:

1. La politique de décentralisation municipale progresse très lentement, ce qui a limité le soutien politique au projet, a fragilisé son cadre normatif, et limité son accès à des ressources financières.

2. Cette expérience, du fait qu'elle soit inédite dans le pays, a confronté l'opérateur à des difficultés de gestion et de négociation politique.

3. Le projet a également été confronté à un certain nombre de problèmes du côté de la population bénéficiaire. D'une part, il était difficile de changer les mentalités de la population, peu habituée à payer pour un service supposé être gratuit. Par ailleurs, il a été difficile d'inculquer la mentalité « d'entreprise » aux salariés des microentreprises, habitués à travailler de manière informelle.

Résumé du projet (objectifs généraux, bénéficiaires, moyens, résultats attendus…)

Les objectifs du projet peuvent se résumer ainsi:

  • l'amélioration de la qualité de vie et la couverture des services publics municipaux (nettoyage public, services d'hygiène, gestion des espaces publics…)
  • la création de 9 microentreprises associatives privées, qui génèrent des emplois stables pour les chômeurs
  • disposer d'un modèle de privatisation sociale des services d'assainissement de base, testé et opérationnel

Les bénéficiaires du projet sont la population des quartiers où opèrent les microentreprises, les chômeurs et la Municipalité de Quito.

Les résultats attendus étaient les suivants:

  • nettoyer et balayer quotidiennement les rues du Centre historique de Quito;
  • satisfaire les besoins quotidiens en termes de services d'hygiène pour environ 1200 personnes qui transitent par certains quartiers de la ville;
  • organiser et contrôler le stationnement dans environ 3,5 km de rues dans Quito, auprès d'environ 1500 usagers;
  • générer 90 postes de travail stables, par la création de 9 microentreprises.

Les acteurs et leurs relations : répartition des tâches et responsabilités, formes d'organisation

Différents acteurs contribuent à ce projet. Le CEPESIU exécute les activités techniques et opérationnelles. Les organisations sociales participent en tant que créateurs des microentreprises, et ultérieurement, comme propriétaires et responsables des entreprises. Les groupes de chômeurs ont été intégrés aux microentreprises.

La gestion du projet a nécessité la coordination, la négociation et la signature d'un certain nombre d'accords entre ces acteurs, dont la participation varie selon les étapes de mise en œuvre.

Le projet s'organise à partir du CEPESIU, qui assure la promotion et finance la création de microentreprises en accord avec la Municipalité de Quito. Le CEPESIU autorise la formation et la prestation de services par les microentreprises. Ces microentreprises, dans le cas des services d'hygiène et des stationnements publics, font payer l'usager pour le service, et reversent un pourcentage à la Municipalité pour l'usage de l'espace public. Pour le reste, les microentreprises sont engagées par la Municipalité pour la prestation du service.

Aspects technologiques (innovations, méthodes)

Pour l'équipement des microentreprises, une technologie alternative et appropriée a été utilisée, avec un apport important en main d'œuvre et une réduction maximale des coûts. Par ailleurs, la création des microentreprises s'est effectuée par le biais de renforcement interactif des capacités existantes.

Résultats & impacts de l'expérience (qualitatifs et quantitatifs)

  • Les entreprises créées ou appuyées sont: 1 de nettoyage, 4 de recyclage, 2 de services d'hygiène (5 modules, chaque module comprenant 2 toilettes, un urinoir et un lavabo), 3 de stationnement public. Parmi ces entreprises, 8 opèrent toujours et 2 ont cessé leur activité.
  • Quatre foires publiques bénéficient d'un service de nettoyage, de collecte et de transport des déchets (44 tonnes).
  • 225 tonnes de déchets solides sont recyclés (plastique, papier, carton, verre et métaux).
  • Les services d'hygiène touchent 2000 usagers par jour.
  • 1,2 km de voies publiques sont contrôlées, et un service de stationnement publique sert 2300 usagers
  • 67 emplois ont été créés ou renforcés, et le revenu des employés est 1,5 fois le salaire minimum en Équateur. Il n'existe aucune différenciation par sexe.
  • Les dirigeants des microentreprises sont conscients qu'ils abordent la problématique socio-économique et environnementale là où ils opèrent.

Les commerçants et les clients des foires sont moins exposés aux problèmes de salubrité et d'hygiène. L'environnement urbain est moins contaminé du fait de la récupération des déchets, ainsi que par l'usage adéquat et le contrôle des voies par la microentreprise de stationnement.

Intérêt de l'expérience (leçons tirées, durabilité, replicabilité)

Un des principaux enseignements du projet est que la stratégie de gestion partagée a dû être modifiée à cause de la participation de la Municipalité. L'activisme des organisations créatrices de microentreprises a permis de faire pression sur le cadre normatif municipal. Le contexte culturel de la population rend difficile la prise en main du rôle protagoniste de leur propre développement, ce qui ralentit la création d'entreprises, car tous les travailleurs ne souhaitent pas être propriétaires de leur entreprise.

La durabilité du projet dépendra de la capacité des entreprises à se faire une place sur le marché par la fourniture de services de qualité à bas prix, et en développant de manière plus technique leur capacité de gestion et d'organisation.

La replicabilité du projet dépendra de l'obtention de ressources externes permettant l'intervention dans de nouveaux quartiers. Elle dépendra également du processus politique de décentralisation des services publiques. La situation semble favorable pour les années à venir, grâce à une opinion favorable de la majorité des citoyens sur l'urgente nécessité de moderniser l'état.

Coordonnées de l'opérateur et des partenaires

Opérateur du projet (adresse, téléphone, fax, e-mail)

Centro de Promocion y Empleo Para el Sector Informal Urbano (CEPESIU)
Vientimilla 325 y 12 de Octubre, Edificio El Girón "E" oficinas MZ 1-3
Téléphones: (593) 02-553930, 527429;
Fax : 224628
E-mail : padilla@cepesiu.org.ec; domenech@cepesiu.org.ec

Partenaires (adresse, téléphone, fax, e-mail)

Commission Épiscopale pour MISEROR
Postfach 14 50, D-52064 Aachen, Allemagne
Téléphone: (02 41) 44 2-0; Fax : (02 41) 442188

Municipalité du District de Quito
Venezuela entre Chile y Espejo
Téléphone : (593) 02-583831; Fax : 583832

Association de Commerçants Indépendants de "La Ofelia"
John F. Kennedy y Lizardo Ruiz (esquina)
Téléphone : (593) 02-599437

Federación de Comerciantes Minoristas de Pichincha
Flores 353 y Sucre, segundo piso, oficina 202
Téléphone : (593) 02-215808

Redacteur de la fiche

Secrétariat Preceup