Contexte (géographique, institutionnel, politique,
socio-économique, équipements, infrastructures
)

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Le projet se situe à Quito, capitale de l'Équateur, et
bénéficie de la participation de la Municipalité,
du District Métropolitain, d'organisations sociales, d'organismes
de coopération, et de groupes de chômeurs au sein de la
société civile.
Les Conseils Municipaux sont légalement responsables de la prestation
de certains services (nettoyage des espaces publiques, collecte des
déchets solides, administration des services d'hygiène,
gestion des parcs et jardins
), ainsi que de l'administration de
l'espace public en général.
Dans le contexte de la politique nationale de décentralisation,
certaines collectivités développent un processus de privatisation
sociale intégrant les populations défavorisées.
Ces populations urbaines vivent dans des conditions précaires
de pauvreté, de chômage et souffrent du coût élevé
de la vie, et d'un manque d'accès aux services de santé
et d'éducation.
Les unités d'intervention municipales, qui disposent de moyens
limités, délaissent très souvent les quartiers
pauvres.
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Historique (origines, problèmes rencontrés
)
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En 1994, la Municipalité de Quito a élaboré, avec
l'appui de l'Organisation Internationale du Travail ( OIT), un projet
de décentralisation municipale par le biais de microentreprises.
Le projet envisage la création de 83 microentreprises pour la
collecte des déchets solides, le nettoyage des rues, la maintenance
des espaces verts, l'administration des services d'hygiène, des
parcs publics et du recyclage du plastique. Une première phase
a été lancée sous forme de projet pilote, et encourage
la participation d'organismes privés de développement
en tant qu'agents techniques responsables de la mise en uvre du
projet.
Le CEPESIU, spécialisé dans la promotion des microentreprises,
s'est intéressé au projet. Conjointement avec la Municipalité,
il a formulé et géré le projet, financé
par l'ONG allemande MISEREOR.
L'exécution du projet a du faire face à trois types de
difficultés:
1. La politique de décentralisation municipale progresse
très lentement, ce qui a limité le soutien politique au
projet, a fragilisé son cadre normatif, et limité son
accès à des ressources financières.
2. Cette expérience, du fait qu'elle soit inédite dans
le pays, a confronté l'opérateur à des difficultés
de gestion et de négociation politique.
3. Le projet a également été confronté
à un certain nombre de problèmes du côté
de la population bénéficiaire. D'une part, il était
difficile de changer les mentalités de la population, peu habituée
à payer pour un service supposé être gratuit.
Par ailleurs, il a été difficile d'inculquer la mentalité
« d'entreprise » aux salariés des microentreprises,
habitués à travailler de manière informelle.
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Résumé du projet (objectifs généraux,
bénéficiaires, moyens, résultats attendus
)
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Les objectifs du projet peuvent se résumer ainsi:
- l'amélioration de la qualité de vie et la couverture
des services publics municipaux (nettoyage public, services d'hygiène,
gestion des espaces publics
)
- la création de 9 microentreprises associatives privées,
qui génèrent des emplois stables pour les chômeurs
- disposer d'un modèle de privatisation sociale des services
d'assainissement de base, testé et opérationnel
Les bénéficiaires du projet sont la population des quartiers
où opèrent les microentreprises, les chômeurs et
la Municipalité de Quito.
Les résultats attendus étaient les suivants:
- nettoyer et balayer quotidiennement les rues du Centre historique
de Quito;
- satisfaire les besoins quotidiens en termes de services d'hygiène
pour environ 1200 personnes qui transitent par certains quartiers
de la ville;
- organiser et contrôler le stationnement dans environ 3,5 km
de rues dans Quito, auprès d'environ 1500 usagers;
- générer 90 postes de travail stables, par la création
de 9 microentreprises.
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Les acteurs et leurs relations : répartition des
tâches et responsabilités, formes d'organisation
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Différents acteurs contribuent à ce projet. Le CEPESIU
exécute les activités techniques et opérationnelles.
Les organisations sociales participent en tant que créateurs
des microentreprises, et ultérieurement, comme propriétaires
et responsables des entreprises. Les groupes de chômeurs ont été
intégrés aux microentreprises.
La gestion du projet a nécessité la coordination, la
négociation et la signature d'un certain nombre d'accords entre
ces acteurs, dont la participation varie selon les étapes de
mise en uvre.
Le projet s'organise à partir du CEPESIU, qui assure la promotion
et finance la création de microentreprises en accord avec la
Municipalité de Quito. Le CEPESIU autorise la formation et la
prestation de services par les microentreprises. Ces microentreprises,
dans le cas des services d'hygiène et des stationnements publics,
font payer l'usager pour le service, et reversent un pourcentage à
la Municipalité pour l'usage de l'espace public. Pour le reste,
les microentreprises sont engagées par la Municipalité
pour la prestation du service.
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Aspects technologiques (innovations, méthodes)
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Pour l'équipement des microentreprises, une technologie alternative
et appropriée a été utilisée, avec un apport
important en main d'uvre et une réduction maximale des
coûts. Par ailleurs, la création des microentreprises s'est
effectuée par le biais de renforcement interactif des capacités
existantes.
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Résultats & impacts de l'expérience
(qualitatifs et quantitatifs)
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- Les entreprises créées ou appuyées sont: 1
de nettoyage, 4 de recyclage, 2 de services d'hygiène (5 modules,
chaque module comprenant 2 toilettes, un urinoir et un lavabo), 3
de stationnement public. Parmi ces entreprises, 8 opèrent toujours
et 2 ont cessé leur activité.
- Quatre foires publiques bénéficient d'un service de
nettoyage, de collecte et de transport des déchets (44 tonnes).
- 225 tonnes de déchets solides sont recyclés (plastique,
papier, carton, verre et métaux).
- Les services d'hygiène touchent 2000 usagers par jour.
- 1,2 km de voies publiques sont contrôlées, et un service
de stationnement publique sert 2300 usagers
- 67 emplois ont été créés ou renforcés,
et le revenu des employés est 1,5 fois le salaire minimum en
Équateur. Il n'existe aucune différenciation par sexe.
- Les dirigeants des microentreprises sont conscients qu'ils abordent
la problématique socio-économique et environnementale
là où ils opèrent.
Les commerçants et les clients des foires sont moins exposés
aux problèmes de salubrité et d'hygiène. L'environnement
urbain est moins contaminé du fait de la récupération
des déchets, ainsi que par l'usage adéquat et le contrôle
des voies par la microentreprise de stationnement.
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Intérêt de l'expérience (leçons
tirées, durabilité, replicabilité)
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Un des principaux enseignements du projet est que la stratégie
de gestion partagée a dû être modifiée à
cause de la participation de la Municipalité. L'activisme des
organisations créatrices de microentreprises a permis de faire
pression sur le cadre normatif municipal. Le contexte culturel de la
population rend difficile la prise en main du rôle protagoniste
de leur propre développement, ce qui ralentit la création
d'entreprises, car tous les travailleurs ne souhaitent pas être
propriétaires de leur entreprise.
La durabilité du projet dépendra de la capacité
des entreprises à se faire une place sur le marché par
la fourniture de services de qualité à bas prix, et en
développant de manière plus technique leur capacité
de gestion et d'organisation.
La replicabilité du projet dépendra de
l'obtention de ressources externes permettant l'intervention dans de
nouveaux quartiers. Elle dépendra également du processus
politique de décentralisation des services publiques. La situation
semble favorable pour les années à venir, grâce
à une opinion favorable de la majorité des citoyens sur
l'urgente nécessité de moderniser l'état.
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