Micro-projet d'eau et d'assainissement par les communautés de base : le cas de Guibéroua en Côte d'Ivoire

Lieu d'implantation

Afrique - Côte d'Ivoire - Commune de Guiberoua

Opérateur

CREPA

Domaine d'intervention

Projet intégré eau potable, assainissement et déchets solides

Dates Clés

Début du projet: 18/01/97
Durée du projet:deuxième phase : 1998

Budget Total

en monnaie locale: FCFA 16 770 000
en US $: US$ : 27 950 (600cfa = 1$)

Principaux partenaires

  • Mission française de coopération et d'action culturelle (MFCAC)
  • Mairie de Guibéroua
  • Groupement Tatabéro

Mots clés

  • eau potable
  • eaux usées
  • assainissement
  • alimentation en eau potable, latrines, déchets dangereux, collecte ordures ménagères

Information générale

Contexte (géographique, institutionnel, politique, socio-économique, équipements, infrastructures…)

Guibéroua est une ville située à 250 km d'abidjan. Forte de 8000 habitants, elle a depuis 1985 un statut communal. Du centre ville jusqu'aux quartiers périphériques, de graves problèmes sanitaires se posent, liés aux lacunes concernant l'adduction d'eau potable et les services et infrastructures de voirie. Trois grands volets peuvent être présentés, sur lesquels porte le programme intégré " Eau potable, Assainissemnt et déchets solides " , initié par un groupement de jeunes habitants de cette commune, et cofinancé par la mairie de Guibéroua et la coopération française :

a) l'eau : Avant la mise en place du projet, un seul château d'eau de 100 m3 alimentait Guibéroua. En 1996, 37,5 % des ménages avaient directement accès à l'eau courante (soit 300 personnes abonnées à la SODECI). Environ 60% s'alimentaient aux puits traditionnels.

b) les excrétats : Il existe dans les quartiers des latrines et fosses sceptiques traditionnelles, mais 32 % de la population utilise des lieux " sauvages ", ce qui génère des problèmes sanitaires graves.

c) les ordures ménagères : Le taux de collecte est faible (<30%). La collecte est assurée par 3 manœuvres et une benne de 5m3, mais la plupart des zones à déblayer sont inaccessibles à cause par exemple de l'état des voies. De plus, la benne tombe souvent en panne. Enfin , il faut noter le problème spécifique des déchets médicaux, brûlés à l'air libre.

Historique (origines, problèmes rencontrés…)

La mise en œuvre des projets a débuté par des enquêtes auprès de la population concernée, afin d'établir un premier recueil de données techniques, socio-économiques et culturelles,( premier état des lieux).

Résumé du projet (objectifs généraux, bénéficiaires, moyens, résultats attendus…)

Le projet, initié par la mairie de Guibéroua (d'après l'article de CREPA info), doit permettre à la population d'être approvisionnée en eau potable, d'avoir accès à des latrines, et d'organiser un système urbain de collecte et de gestion des déchets, qu'ils soient ménagers, hospitaliers, etc…

Les acteurs et leurs relations : répartition des tâches et responsabilités, formes d'organisation

La gestion du projet a été assurée par des jeunes de la commune, organisé en GIE nommé Tatabéro : ils sont 21 membres, 4 gestionnaires des bornes-fontaines, 3 locataires-gérants des latrines publiques, 14 agents de précollecte et d'entretien. Pour les ouvrages, un GIE de maçons (GIE artisans - Guibéroua) a été formé par le CREPA-CI aux technologies d'approvisionnement en eau et assainissement à faibles coûts.

L'action du GIE Tatabéro est coordonnées par un bureau de 9 membres et un comité de supervision émanant des autorités locales . Parallèlement, une convention est établie entre la mairie et Tatabéro.

Concrètement : Choisir les gérants et déterminer les tarifs d'usage des installations du projet :

  • Les bornes-fontaines : Des associations féminines et des responsables de quartiers choisissent des femmes qui vont assurer la gestion de ces points d'eau. Elles se voient remettre par le projet un seau de 15 litres, destiné à estimer les volumes d'eau et le coût des utilisateurs. Elles tiennent un carnet de gestion où sont notées les sommes encaissée et les relevés du compteur d'eau (1 seau de 15l =15 Cfa, un seau de 30l = 30 cfa)
  • Les latrines : Gérées par des particuliers en location-gérance. Ils payent un loyer dont le montant est fonction de l'affluence des usagers (10 fcfa pour uriner, 15 fcfa pour déféquer) . Les latrines qui équipent deux établissements scolaires primaires et le centre de santé sont gratuits. Le comité de gestion visite régulièrement les latrines.
  • Balayage et récurage de caniveau : Tatabéro récure et nettoie les caniveaux le long de la voie principale bitumée.
  • Collecte des ordures ménagères et entretien des espaces verts : Une équipe a été constituée : formée de trois charretiers, quatre balayeurs, deux débroussailleurs et quatre " encaisseurs "-agents de sensibilisation. Un équipement leur a été fourni, sous la forme de deux lots de matériel, coûtant au total 2 720 000 Cfa : 4 charettes à traction humaine, 600 étiquettes autocollantes, 800 poubelles, 3 brouettes, des paires de bottes, des machettes, des caches-nez, des " balais à gazon "… Le ramassage a lieu tous les jours, du lundi au vendredi. Les " clients "sont abonnés, et payent une redevance hebdomadaire de 100 Fcfa. Des contrats lient Tatabéro et les abonnés. Une étiquette numérotée est collée sur la porte de chaque adhérent. Puis ces adhérents sont recensés et reportés sur un plan de la ville, ce qui permet de visualiser en un coup d'œil les évolutions du projet dans les quartiers de la ville.
  • Information et sensibilisation des habitants.: Pour informer et sensibiliser les habitants vis-à-vis des équipements et services, Tatabéro organise des " campagnes de sensibilisation " de proximité à travers les quartiers de la ville : diaporamas, cassettes vidéo, qui expliquent les enjeux sanitaires et sociaux de telles actions.

Aspects technologiques (innovations, méthodes)

  1. Construction de quatre bornes-fontaines dans des quartiers à faible taux de consommation (Scierie, Sokoua, Guibéroua 1 et 2)
  2. 20 cabines de latrines améliorées (école, marché, gare routière, préau et centre de santé)
  3. 1 incinérateur de déchets mécaniques à faible coût au centre de santé
  4. 2 déchetteries (Quartier TP et Guibéroua 2)
  5. 1 service de précollecte des ordures ménagères, d'entretien et de nettoyage de la ville : 14 personnes.
  6. Comptabilité : Pour mieux gérer les projets, la Crepa - CI appuie la mise en place d'un système de comptabilité; Tatabéro doit établir chaque mois un bilan financier du projet.

Résultats & impacts de l'expérience (qualitatifs et quantitatifs)

  • La précollecte : au moment de l'article du Crepa, 293 ménages étaient adhérents à ce projet. Mais la liste des abonnés varie, car les gens ne peuvent pas toujours payer.
  • L'eau : Les variations d'utilisation de l'eau relevées grâce aux compteurs sont liées aux saisons culturales (rythme de travail), et aux saisons des pluies.
  • La collecte des ordures : le montant total des redevances encaissées atteignait 346 000 Cfa au 31/5/97. Taux de recouvrement mensuel : 53%.
    Les collecteurs de la redevance pour ce service sont financés par la mairie, et ils en resteront dépendants " tant que le nombre des abonnés n'atteindra pas un seuil de rentabilité, qui n'est pas encore déterminé " (info Crepa N°18)
  • La mairie a apporté à Tatabéro un appui de 1 500 000 Cfa.
  • Les redevances encaissées dans le cadre de ces différents projets permettent à Tatabéro de régler les factures d'eau, les salaires des membres du comité. Cela sert aussi de caisse de secours pour les petites réparations, les petites dépenses de fonctionnement du groupe. Un compte a été ouvert à la Coopec de Guibéroua. Les bénéfices nets au 31 mai 97 s'élèvent à 236 000 Fcfa.
  • Pour mesurer l'impact de ces projets, la mission française de coopération et d'action culturelle (MFCAC), conduite par Mme Berthet-Thomas (conseillère), et le Crepa-CI (organisme d'encadrement technique), avec le chef d'antenne et quatre collaborateurs, se sont rendus sur les différents sites du projets et ont procédé à une évaluation : à leur avis l'aspect technique est satisfaisant. Les difficultés relevées concernent le recouvrement des redevances de la précollecte. Il y a encore des efforts à mener en terme de prestation auprès des ménages

Intérêt de l'expérience (leçons tirées, durabilité, replicabilité)

La MFCAC va poursuivre son appui au groupe en 1998 : de nouveaux projets sont à l'étude. Notamment un atelier de planification participative qui servira à évaluer les actions prioritaires. Ce sera là la deuxième phase du projet.

Coordonnées de l'opérateur et des partenaires

Opérateur du projet (adresse, téléphone, fax, e-mail)

• CREPA
03 BP 7112 Ouagadougou 03 - Burkina Faso
Tél: (226) 31 03 59/60
Fax: (226) 31 03 61
E-mail: crepa@fasonet.bf

CREPA CÔTE D'IVOIRE GUIBBÉROUA
MONSIEUR TIE HYACINTHE
B.P V83
Tél : (225) 25 17 58 Fax : (225) 21 45 61
Abidjan-Côte d'Ivoire

Partenaires (adresse, téléphone, fax, e-mail)

Mission française de coopération et d'action culturelle (MFCAC)
Tél : 00 221 21 60 45
Fax : 00 221 21 44 81

Pour en savoir plus

Fiche rédigée par Sophie Mitrani

Rédacteur de la fiche

source : info crepa n° 18