Eau, source de vie et de développement dans 16 communes de l'ouest montagneux de la Côte d'Ivoire

Lieu d'implantation

16 communes de l'Ouest Montagneux de la Côte d'Ivoire: quartiers urbains défavorisés, centres secondaires et milieu rural.

Domaine d'intervention

Alimentation en eau potable, environnement.

Dates Clés

Début du projet

octobre 1996

Durée du projet

fin du premier semestre 1999

Budget Total

2 229 691 ECU

Principaux partenaires

Association Régionale pour le Développement de la Coopération Décentralisée (ARDECOD)
Le projet intervient dans le cadre du programme de coopération décentralisée mené par 20 communes de Franche-Comté (dont Besançon capitale régionale) avec les 16 communes ivoiriennes de la région des montagnes de l'ouest de la Côte d'Ivoire et le Parc National du Mont Sangbé.

Mots clés

Gestion de l'eau; mobilisation sociale; processus institutionnel, coopération décentralisée.

Information générale

Contexte (géographique, institutionnel, politique, socio-économique, équipements, infrastructures…)

Contexte national : décentralisation et forte croissance démographique urbaine.
Contexte local : mise en place d'un processus de décentralisation dans un contexte de ressources et de gestion difficiles, forte croissance urbaine (exode rural, immigration, afflux de réfugiés libériens), environnement urbain non contrôlé (déchets, eaux usées), fort impact des maladies hydriques.

Historique (origines, problèmes rencontrés…)

Les problèmes d'environnement urbain sont jugés prioritaires par les élus des communes françaises et ivoiriennes qui coopèrent depuis déjà dix ans. Un dossier est rédigé et présenté à la Communauté Européenne. Il débouche sur le financement du projet, qui démarre en 1997.
Les ressources en eau sont recensées quartier par quartier avec l'aide des services municipaux ivoiriens et de l'AFVP. La qualité de l'eau est analysée en partenariat avec le Centre Hospitalier Universitaire de Besançon, qui élabore également un dispositif d'évaluation de l'impact de la qualité de l'eau sur les maladies diarrhéïques.
En novembre 1997, les quartiers d'intervention sont choisis en collaboration avec les municipalités. Ainsi, les réalisations concerneront 40 quartiers ou villages des 16 communes. Un accord est passé à la même date avec la Société de Distribution d'Eau de Côte d'Ivoire (SODECI) pour la maîtrise d 'oeuvre des extensions de réseau et avec l'hydraulique villageoise pour les forages en zone rurale. Les types d'intervention sont choisis par les habitants, appuyés par l'AFVP jusqu'en avril 1998. Chaque intervention est validée par la municipalité. Après appel d'offre, les travaux sont réalisés, et un appui à la gestion des ouvrages collectifs est apporté par l'AFVP. Parallèlement, un programme de formation et de sensibilisation des municipalités est réalisé par le CREPA-CI. En fin de projet, les résultats sont évalués, un document de capitalisation est rédigé et remis à la Communauté Européenne.

Résumé du projet (objectifs généraux, bénéficiaires, moyens, résultats attendus…)

L'enjeu est d'améliorer durablement la qualité de l'environnement urbain et noatmment l'accès à l'eau potable, en sensibilisant et en impliquant les acteurs du développement communal. Les besoins des populations des quartiers urbains défavorisés sont jugés prioritaires.

Objectifs de l'action:

- Connaître les sources d'approvisionnement en eau des populations, la qualité de cette eau, cartographier les points d'eau, repérer les carences.

- Sensibiliser et former élus, services municipaux, populations à l'importance de l'environnement urbain et à l'intérêt d'une gestion cohérente et durable de celui-ci.

- Réaliser des équipements pour améliorer l'accès à l'eau potable des populations les plus défavorisées et réduire l'impact des maladies hydriques.

Les acteurs et leurs relations : répartition des tâches et responsabilités, formes d'organisation

Le financement du projet:

- La Communauté Européenne: 1 200 000 ECU

- Les communes franc-comtoises et les communes ivoiriennes: 90 000 ECU

-La Coopération Française

Les acteurs:

- Maître d'ouvrage : Association Régionale pour le Développement de la Coopération Décentralisée (ARDECOD)

- Maître d'ouvrage associé : Association des Villes et Communes de l'Ouest Montagneux de la Côte d'Ivoire (AVICOM-CI)

- Maître d'ouvrage délégué : chaque commune ivoirienne (16 communes en tout)

- Maitre d'oeuvre : ARDECOD/Ville de BESANCON

La Ville de Besançon joue le rôle de chef de projet par un ingénieur des services techniques basé à Besançon. L'ARDECOD a embauché un pilote de projet, basé à MAN (Côte d'Ivoire).

- Maître d'oeuvre délégué en ingénierie sociale : Association Française des Volontaires du Progrès (AFVP)

- Responsable du volet santé : Centre Hospitalier Universitaire de Besançon (évaluation de l'impact en termes de santé, analyses d'eau).

Organisation et relations : cf "historique"

Aspects technologiques (innovations, méthodes)

L'innovation à retenir est l'intégration réussie de différents niveaux institutionnels, des groupement villageois aux pouvoirs communaux. Cette réussite semble reposer sur la coordination et la communication entre les différents acteurs de la coopération décentralisée.

Résultats & impacts de l'expérience (qualitatifs et quantitatifs)

Le projet concerne de manière directe 40 quartiers ou villages des 16 communes de la Région des montagnes de l'ouest de la Côte d'Ivoire.
A terme, 500 000 habitants environ de cette région seront concernés de manière directe ou indirecte.
L'implication des populations laisse espérer des résultats durables. L'impact est également important par le nombre et la variété des partenaires impliqués dans ce projet de coopération décentralisée, en France et en Côte d'Ivoire.
L'implication des différents partenaires notamment des communes ivoiriennes et la réalisation d'un document de capitalisation méthodologique laissent espérer une utilisation de l'expérience par les communes elle-mêmes et par d'autres intervenants.
Enfin ce projet est le premier "gros projet" mené par l'ARDECOD. Sa réussite encouragera l'association et ses membres à en mener d'autres de même envergure .

Intérêt de l'expérience (leçons tirées, durabilité, replicabilité)

Les principaux points forts sont :

- l'implication des acteurs du développement communal (municipalités et population) et la mise à leur disposition d'outils de compréhension, de documents d'information

- l'importance accordée au choix et à la gestion des réalisations par les populations

- l'importance accordée aux aspects sanitaires (impact sur les maladies hydriques, analyses d'eau) qui permet d'évaluer les résultats du projet et qui donne de précieuses informations sur les réalisations susceptibles d'apporter de l'eau potable

- la possibilité de reconduction de l'expérience par les communes, ou un autre intervenant, en utilisant la méthodologie et les documents fournis par le projet

Problèmes rencontrés et leçons à tirer :

- la durée prévue du projet (deux ans) s'avère très courte voire insuffisante

- un objectif affiché est la réduction de l'impact des maladies hydriques. Même si le projet apporte de l'eau potable, il n'est pas sûr d'atteindre cet objectif qui dépend beaucoup de l'hygiène. Cet objectif est à court terme très difficile à atteindre.

- le projet intervient dans les quartiers défavorisés. Pour consommer de l'eau potable, les populations devront payer. Certaines réalisations (extension de réseau et branchement individuel) garantissent un approvisionnement pérenne en eau potable. Leur coût est trop élevé pour beaucoup d'habitants des quartiers. D'autres réalisations (puits, sources, pompes) permettent un approvisionnement à plus faible coût mais ils ne procureront probablement pas d'eau potable à long terme. Le projet doit trancher au cas par cas. La solution principale réside dans l'accroissement du niveau de vie de la population. Une autre solution sera expérimentée dans le projet : la création de "Mutuelles Populaires d'accès à l'eau potable".

- le projet s'intéresse peu à l'assainissement (il n'existe que des systèmes individuels). Ce problème devient de plus en plus crucial.

Coordonnées de l'opérateur et des partenaires

Opérateur du projet (adresse, téléphone, fax, e-mail)

Association Régionale pour le Développement de la Coopération Décentralisée (ARDECOD)
Président : Marcellin BARETJE
2, chemin de Palente - 25 000 BESANCON
Tél. 03 81 53 77 47
Fax 03 81 47 19 95