Réhabilitation de points d'eau à Yaoundé - Cameroun
Action intégrée au programme " Eau potable et assainissement dans les quartiers périurbains et les petits centres en Afrique ".

Lieu d'implantation

4ème arrondissement de Yaoundé, Cameroun.

Domaine d'intervention

Connaissance des ressources en eaux et de leurs usages outils d'aide à la décision

Dates Clés

Début du projet

1993 et action-pilote : mai 96

Durée du projet

en cours au 31 juillet 1998

Budget Total

en monnaie locale

371.000 FF
(dont volet étude : 268 000 FF et volet réalisation : 103.000 FF).

en US $

Non renseigné

Principaux partenaires

Association Française des Volontaires du Progrès (AFVP)

Le programme Solidarité-Eau (pS-Eau).

- volet étude :

>Secrétariat d'Etat à la Coopération à travers un Fonds d'Aide et de Coopération d'Intérêt Général (FAC-IG).

- volet réalisation :

>Haut Commissariat du Canada à Yaoundé et Mission de Coopération et d'Action Culturelle (MCAC) de Yaoundé.

>Délégation Régionale de l'AFVP au Cameroun.

>Ministère des Mines de l'Eau et de l'Energie (MINMEE), Société Nationale des Eaux du Cameroun (SNEC), Communauté Urbaine de Yaoundé, Mairie de Yaoundé 4, Centre d'Animation Sociale et Sanitaire (CASS), Université de Yaoundé I (laboratoire de biochimie végétale), Ecole Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé (ENSP).

Mots clés

Alimentation en eau potable; contrôle, gestion de l'eau.

Information générale

Contexte (géographique, institutionnel, politique, socio-économique, équipements, infrastructures…)

Yaoundé, capitale du Cameroun, compte aujourd'hui près de 1 million d'habitants. L'approvisionnement en eau y est caractérisé par la coexistence d'un service public concédé à une société nationale, la SNEC, et d'une multitude de points d'eau traditionnels (sources, puits et marigots) exploitant les abondantes ressources souterraines de la ville.

En Juin 1997, la SNEC reconnaissait 1 branchement pour 25 habitants. De plus la distribution gratuite de l'eau aux bornes-fontaines communales a progressivement cessé depuis 1993 pour cause de non-solvabilité des communes envers la SNEC.

La politique nationale de l'eau ne prévoyant pas de telles carences du réseau d'adduction, aucune mesure systématique n'est prise en faveur des points d'eau traditionnels effectivement fréquentés. Ces derniers, rarement protégés contre les pollutions et entièrement abandonnés aux utilisateurs, représentent un risque majeur en terme de santé publique.

Faut-il continuer à les ignorer, les condamner ou bien les aménager ? L'AFVP, consciente des difficultés de l'exercice, explore depuis quelques années la voie de l'aménagement.

Historique (origines, problèmes rencontrés…)

Une étude menée en 1993 par l'AFVP sur le quartier Nkoldongo de Yaoundé 4 montre que, malgré la présence du réseau public d'adduction, un quart de la population utilise exclusivement l'eau des rivières, puits et sources.

Une action-pilote a donc été mise en place selon les étapes suivantes (au 31/12/97) :

mai 96 : commande de l'action-pilote à l'AFVP par le Ministère de la Coopération

décembre 96 : diagnostic de l'alimentation en eau potable sur 15 quartiers périurbains de Yaoundé 4

>février 97 : 1er Comité de Réflexion sur les points d'eau traditionnels à Yaoundé 4

>mars 97 : mise sur pied des premiers Comités de Quartier et démarrage études de quartiers

>mai 97 : accord du Haut Commissariat du Canada pour le financement de 4 réhabilitations de sources d'eau potable (Fonds Canadien aux Initiatives Locales - FCIL)

>juin 97 : accord du pS-Eau pour la poursuite de l'action après validation du rapport intermédiaire de l'AFVP

>novembre 97 : début des travaux sur fonds FCIL

>décembre 97 : accord de la Mission de Coopération et d'Action Culturelle (MCAC - France) pour le financement de 4 réhabilitations de sources d'eau potable (Crédit Déconcentré d'Intervention - CDI)

>janvier 98 : préparation d'une campagne d'analyse bactériologique de 100 points d'eau de Yaoundé 4

>mai 98 : fin de l'action et restitution auprès du pS-Eau

Problèmes rencontrés et leçons à tirer

- Impossibilité d'un réel engagement des institutions

- Comme indiqué au § 3.3, le décalage important entre la démarche de l'action et la politique de l'eau en vigueur au Cameroun oblige les institutions à laisser l'AFVP seul véritable acteur de l'action.

- Le contexte électoral (législatives en mai 97 et présidentielles en octobre 97) n'a pas permis une réelle disponibilité des élus locaux. De plus les Communes d'Arrondissements n'ont pas de réels moyens d'action (difficultés financières et conflit de compétences avec la Communauté Urbaine de Yaoundé).

- La réalisation de l'étude de terrain fut diffcile car les éléments statistiques ou cartographiques n'existent pas toujours ou sont difficiles à obtenir.

Résumé du projet (objectifs généraux, bénéficiaires, moyens, résultats attendus…)

L'action tente de vérifier l'intérêt et la faisabilité de l'aménagement de points d'eau traditionnels en zone périurbaine à travers 6 objectifs :

1. Evaluer la qualité de l'eau et du service rendu par les points d'eau traditionnels: il s'agit à la fois d'évaluer la qualité bactériologique de l'eau des différents types de points d'eau utilisés et de mieux connaître les modalités et critères d'utilisation des différentes ressources en eau

2. Réaliser des aménagements-tests en impliquant les populations

3. Evaluer la qualité de l'eau après aménagement

4. Etudier les modalités de financement local de ces aménagements, et de leur coût récurrent: il s'agit d'étudier le rapport qualité/prix des divers aménagements, ainsi que les capacités d'investissement de la population et les besoins de financement externes.

5. Etudier la faisabilité des systèmes de chloration collectifs et, en particulier, les modalités de recouvrement des charges et de contrôle qualité

6. Intégrer ces ouvrages dans les schémas d'aménagement urbain et promouvoir une attitude pragmatique face aux populations en marge du réseau d'adduction.

Les acteurs et leurs relations : répartition des tâches et responsabilités, formes d'organisation

Remarque :

Il existe un décalage important entre la démarche de l'action et la politique nationale de l'eau en vigueur (assurer l'alimentation en eau de tous les habitants des zones urbaines par réseau d'adduction). Bien que souvent très intéressées par la démarche que l'AFVP tente de promouvoir, les institutions sont contraintes de limiter leur implication dans l'action-pilote à une simple concertation.

- Le Ministère des Mines, de l'Eau et de l'Energie (MINMEE) : il entreprend les investissements conformes à la politique nationale de l'eau.

- La Société Nationale des Eaux du Cameroun (SNEC) : exploitant exclusif des installations d'hydraulique urbaine sous tutelle du MINMEE, elle communique l'état de son réseau et ses projets d'extension;

- La Communauté Urbaine de Yaoundé (CUY) : chargée de l'application d'un plan d'urbanisation, ses compétences se confondent souvent avec celles des Communes d'Arrondissements;

- La Commune Urbaine d'Arrondissement de Yaoundé IV ( Mairie de Yaoundé IV) : ses capacités d'intervention sont très limitées. Elle suit l'avancement de l'action pilote;

- La Sous-Préfecture de Yaoundé 4 : elle donne son aval à la mise en valeur de terrains appartenant au domaine national (bas-fonds et marécages);

- La population : elle assure les mobilisations humaines et financières nécessaires, choisit des options techniques, passe contrat avec un artisan, contrôle les travaux, devient propriétaire de l'ouvrage et se charge de sa gestion et de sa protection.

Aspects technologiques (innovations, méthodes)

Ce qui nous semble important à retenir en tant qu'innovation se situe dans la démarche d'étude préalable à toute construction : l'étude sur les usages sociaux des différents point d'eau traditionnel et sur la capacité d'investissemnt des habitants a permis un ciblage du projet, qui s'avère adapté à la demande et au terrain.

Résultats & impacts de l'expérience (qualitatifs et quantitatifs)

La suite à donner à l'action sera définie prochainement :

- lors d'un Séminaire de restitution conjointe des travaux de l'AFVP et de l'ENSP (Yaoundé, Mai 98);

- lors du Séminaire de Clôture du programme " Eau potable et Assainissement dans les quartiers périurbains et les centres secondaires en Afrique " qui rassemblera les 16 équipes du programme (Juin 1998);

- au sein de l'AFVP dans une démarche de renforcement de la maîtrise d'ouvarge communale.

Suite à cette expérience; la production de certains documents est envisagée. Ces documents viseront à répondre à des questions prioritaires telles que :

> comment faire un diagnostic objectif sur une zone donnée ?

> quels critères appliquer pour sélectionner les puits et sources à aménager selon les contraintes techniques, socio-économiques et politiques ?

> quelle démarche de mise en oeuvre adopter afin d'éviter l'abandon ou la dégradation des ouvrages ?

Intérêt de l'expérience (leçons tirées, durabilité, replicabilité)

L'impact de l'action sur d'autres projets

Les enseignements techniques, sociaux et politiques de l'action devraient avoir un impact sur :

- les opérations d'autres ONG dans le domaine de l'hydraulique urbaine;

- les mesures sociales accompagnant la future privatisation de la SNEC;

- la redéfinition de la politique de l'eau à l'initiative du MINMEE.

Coordonnées de l'opérateur et des partenaires

Opérateur du projet (adresse, téléphone, fax, e-mail)

Association Française des Volontaires du Progrès (AFVP)
Thomas ADELINE, Chargé de projet urbain, coordinateur de l'action-pilote
AFVP, B.P. 1616 Yaoundé - CAMEROUN
Tél.: (237) 22.17.96
Fax: (237) 23.12.63
E.mail: afvp.cam@iccnet.cm