Projet pilote de collecte d'ordures ménagères (CREPA)

Lieu d'implantation

Afrique de l'Ouest - Burkina Faso - Ouagadougou

Domaine d'intervention

Gestion des déchets et des eaux usées

Dates Clés

Début du projet

1993

Durée du projet

non communiqué

Budget Total

en monnaie locale

non communiqué

en US $

idem

Principaux partenaires

CREPA (Centre régional pour l'eau potable et l'assainissement à faible coût)
IAGU (Institut Africain de Gestion Urbaine)

Mots clés

Amélioration des conditions de vie - Déchet organique - Déchet non organique - Système de collecte autogéré - Savoir populaire - Technologie appropriée - Micro-entreprise - Transport à traction animale - Participation de la femme

Information générale

Contexte (géographique, institutionnel, politique, socio-économique, équipements, infrastructures…)

Le ramassage des déchets était un vrai casse-tête pour les habitants des quartiers situés à la périphérie de la capitale burkinabé. Les services publics couvraient peu ces zones. Les quelques sociétés privées qui s'étaient lancées dans la collecte ne disposaient pas de moyens suffisants pour opérer dans ces quartiers. Le Centre régional pour l'eau potable et l'assainissement à faible coût (CREPA - voir ci-dessous) et l'Institut africain de gestion urbaine (IAGU), basé à Dakar, ont alors financé un projet pilote de collecte d'ordures ménagères fondé sur cette idée : organisée et appuyée, la population trouvera des solutions aux problèmes d'environnement.
C'est ainsi que, pour pallier les carences du service public, et grâce à des fonds extérieurs, des habitants de la banlieue de Ouagadougou ont pu créer leur système de ramassage des ordures.

Historique (origines, problèmes rencontrés…)

Le CREPA a été fondé en 1988, dans le cadre de la " Décennie internationale de l'eau potable et de l'assainissement " (DIEPA). Il fait partie du Réseau international de formation à la gestion de l'eau et des déchets (RIF). Financièrement, le CREPA est appuyé en grande partie par des bailleurs de fonds, la Coopération suisse (DDC), la Coopération danoise (Danida) ou l'Agence canadienne pour le développement international (ACDI). Les expertises qu'il effectue sont également une source de revenus. Sa structure juridique est celle d'une institution interétatique, dont les pays membres sont le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Centrafrique, le Congo - Brazzaville, la Côte d'Ivoire, le Gabon, la Guinée, la Guinée Bissau, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo. Il intervient notamment dans les domaines suivants : l'alimentation en eau et la gestion des déchets en zones urbaine et rurale; la réduction de la pauvreté par le développement urbain; l'hygiène et le changement de comportements; l'hydraulique villageoise; la gestion des programmes intégrés d'aménagement des bas-fonds; la conception des réseaux d'égout et de stations d'épuration des eaux usées; les mécanismes de micro-crédits dans les programmes d'eau et de gestion des déchets.

Résumé du projet (objectifs généraux, bénéficiaires, moyens, résultats attendus…)

Le projet de collecte des ordures, lancé en 1993, s'est fixé pour objectif d'améliorer le cadre de vie par une gestion rationnelle et participative des déchets solides.
C'est le quartier de Wogodogo qui a servi de test : avec l'appui du CREPA et de l'IAGU, la population devait mettre en oeuvre des solutions alternatives dans la gestion des déchets.

Les acteurs et leurs relations : répartition des tâches et responsabilités, formes d'organisation

Concrètement, les habitants ont créé une sorte de micro-entreprise autonome, sous la forme d'une association baptisée "Lagemyam" ("Unissons nos esprits" en langue Mooré). C'est à l'aide de charrettes tirées par des ânes et, spécialement conçues pour recueillir les ordures, qu'une équipe de femmes, choisies par la communauté des quartiers, ramasse les ordures. Munies de râteaux, de fouches, de pelles, de sceaux, de balais, habillées d'une blouse, équipées de gants, de bottes et d'un masque.
Chaque femme est aidée par un jeune homme qu'elle rémunère. Le matin, de 6 heures à 9 heures, c'est la tournée des ménages. Chaque équipe effectue plus de deux passages par semaine pour chaque
abonné : les concessions abonnées paient le service 500 FCFA par mois. L'après-midi est consacré à l'entretien et à la maintenance des équipements d'une part, et à la gestion d'autre part. Cette dernière concerne la collecte des redevances, la délivrance des reçuS, la planification des dépenses, la mise à jour des listes d'abonnés.

Résultats & impacts de l'expérience (qualitatifs et quantitatifs)

Au bout de six mois l'expérience s'est révélée concluante et rentable. Les deux institutions qui avaient amorcé le projet pouvaient alors se retirer.
Au niveau de la gestion, en l'espace d'une dizaine de mois, le compte épargne de l'association dépassait le million de francs CFA. En effet, environ 20% des ménageS résidents avaient souscrit à ses services.

Intérêt de l'expérience (leçons tirées, durabilité, replicabilité)

Suite à ces résultats, le quartier voisin de Nossin a tenté l'expérience, également avec succès. D'autres associations de femmes et de jeunes se sont alors créées dans divers secteurs de la capitale. Aujourd'hui, l'expérience du CREPA fait école dans plusieurs pays de la sous-région.

Coordonnées de l'opérateur et des partenaires

Opérateur du projet (adresse, téléphone, fax, e-mail)

CREPA
03 BP 7112 Ouagadougou 03 - Burkina Faso
Tél: (226) 31 03 59/60
Fax: (226) 31 03 61
E-mail: crepa@fasonet.bf