UWEP / ENDA ECOPOP
La participation de la communauté à la gestion des déchets solides au Sénégal
Collecte des ordures ménagères à Dakar
EL HOUSSEYNOU LY, CONSULTANT
MAI 1997
ABREVIATIONS DES SIGLES
AFVP Association Française des Volontaires du Progrès
AGETIP Agence d'Exécution des Travaux d'Intérêt Public
APE Association des Parents d'Elèves
ASC Association Sportive et Culturelle
CAMCUD Coordination des Associations et Mouvements
Associatifs de la Communauté Urbaine de Dakar
CEE Communauté Economique Européenne
CREPA Centre Régional pour l'Eau Potable et l'Assainissement
à faible coût
CUD Communauté Urbaine de Dakar
DST Direction des Services Techniques Municipaux
GIE Groupement d'Intérêt Economique
IAGU Institut Africain de Gestion Urbaine
ISS Interview Semi-Structurée
MARP Méthode Active de Recherche et de Planification ParticipativesONAS Office National d'Assainissement du Sénégal
ONG Organisation Non Gouvernementale
PGU Programme de Gestion Urbaine
PREFAL Programme Régional de Formation et d'Appui aux Associations locales
SARAR Self-Esteem - Associative Strenght - Ressources Fulness - Responsabilities
SONEES Société Nationale d'Exploitation des Eaux du Sénégal
SSE Société Sénégalaise d'Environnement
SVD Sahélienne de Valorisation des Déchets
TEOM Taxe sur les ordures ménagères
PAM Programme Alimentaire Mondial
PNUD Programme de Nations Unies pour le Développement
UNIFEM Organisation des Nations Unies pour la Promotion de la Femme
UWEP Urban Waste Environment Programme
TABLE DES MATIERES
*****
Avant-Propos p6
I.- LE PROGRAMME UWEP/WASTE ET LE MANDAT
1.1.- UWEP et la Participation communautaire p8
1.2.- Profil de la documentation de WASTE p8
1.3.- Contexte et objectifs de l'étude p9
1.4.- Le parcours méthodologique de l'étude p9
1.5.- Les limites des méthodologies p12
II.- CADRE INSTITUTIONNEL ET JURIDIQUE DE LA GESTION DES DECHETS SOLIDES DANS LA COMMUNAUTE URBAINE DE DAKAR (CUD) p15
2.1.- Les lois et les règlements p15
2.2.- Historique du système de nettoiement de l'espace de la CUD p16
2.3.- L'organisation du système actuel de nettoiement p19
2.4.- Rôles et responsabilités des acteurs du nouveau
système de nettoiement p21
2.4.1.- La Communauté Urbaine de Dakar p21
2.4.2.- L'AGETIP p21
2.4.3.- La CAMCUD p21
2.4.4.- Les maîtres d'oeuvre p22
2.4.5.- Les entreprises privées p22
2.4.6.- Les ONG et les organisations internationales p22
2.4.7.- Les GIE de quartier p23
2.4.8.- Le service d'hygiène p23
2.4.9.- Cadre réglementaire d'intervention du GIE p24
III.- CONDITIONS - CADRE D'INTERVENTION DU GIE DES LINGUERES p25
3.1.- Contexte physique et environnemental p25
3.1.1.- Contexte physique p25
3.1.2.- Contexte environnemental p25
3.2.- Cadre économique et social p27
3.2.1.- Bref historique p27
3.2.2.- Population, Emploi et activités économiques p27
3.2.3.- Structures foncières et spatiales du quartier p28
3.2.4.- Infrastructures et services p29
3.3.- Profil organisationnel et institutionnel du GIE les Linguères p29
3.3.1.- Historique p29
3.3.2.- Aspects organisationnels p30
3.3.3.- Mécanismes de suivi-évaluation p30
3.3.4.- Moyens matériels et aspects financiers p30
IV.- DYNAMIQUE COMMUNAUTAIRE DE GESTION LOCALE DES DECHETS SOLIDES p32
4.1.- Les stratégies d'intervention du GIE dans le quartier p32
4.1.1 Le balayage p32
4.1.2 La collecte des ordures ménagères p32
4.1.3 La surveillance des coffres p32
4.1.4 La sensibilisation p32
4.2.- L'implication des habitants dans la gestion locale des déchets solides p33
4.2.1.- Les organisations p33
4.2.2.- Les partis politiques p35
4.2.3.- Autres dynamiques communautaires p36
4.3.- Modes et tentatives d'interaction entre le GIE les linguères et la
communauté de la Gueule Tapée p37
4.4.- Analyse du vécu des acteurs du GIE p38
4.5.- Rôle et place du GIE dans le processus décisionnel de l'approche
communale des déchets p39
V. EVALUATION PARTICIPATIVE DU GIE ET DES ACTIVITES. p40
5.1.- Analyse de l'image de marque des Linguères p40
5.2.- Les dynamiques de changements p41
5.2.1.- Les pratiques locales d'hygiène p41
5.2.2.- Impacts environnementaux p42
5.3.- Analyse de l'impact des stratégies d'intervention du GIE p42
5.4.- Les contraintes des activités du GIE p44
5.4.1.- Contraintes matérielles p44
5.4.2.- Contraintes financières p44
5.4.3.- Contraintes sanitaire p44
5.4.4.- Contraintes des conflits et des pratiques déviantes p45
Conclusion p47
Annexes p49
AVANT PROPOS
La phase transitoire de la gestion des déchets solides dans la CUD est basé sur les éléments-clés ci-après :
- le découpage du territoire de la CUD en neuf (9) zones de collecte ;
- la concession des zones de collecte à des sociétés prévues suite à un appel d'offres avec un maximum de trois (3) zones de collecte par société ;
- la sous-traitance des prestations de balayage, de pré-collecte, de sensibilisation, de surveillance et de police d'hygiène par des GIE de quartier avec les sociétés privées concessionnaires.
Cette nouvelle politique municipale qui se veut une "approche communautaire" initiée par la CUD en partenariat avec l'AGETIP a un double objectif :
- responsabiliser les populations dans l'amélioration et l'aménagement des cadres de vie urbains ;
- créer des emplois à l'intérieur des quartiers dans un contexte d'ajustement structurel.
Ainsi, l'intervention du GIE des Linguères de la Gueule Tapée, constitué essentiellement de femmes s'étant attachées les services d'hommes, s'inscrit dans cette mouvance institutionnelle.
Les domaines d'intervention du GIE sont :
- le balayage des rues ;
- la collecte des ordures ménagères ;
- la surveillance des coffres ou containers ;
- la sensibilisation des messages.
Il y a certes des dynamiques de changements positives dans l'état environnemental du quartier subséquentes aux actions du GIE, mais il subsiste une désarticulation entre les activités du GIE et les dynamiques locales en dépit des efforts d'interaction sur le plan local.
L'analyse du rôle et de la place du GIE dans le processus décisionnel de l'approche communale de gestion des déchets solides démontre que les linguères n'ont aucune capacité de négociation avec les autres acteurs du système. Les linguères ne peuvent pas influer sur les choix stratégiques et les options institutionnelles de la politique de gestion des déchets mise en place par la CUD en partenariat avec l'AGETIP qui s'appuient sur la CAMCUD organisme fédérant tous les GIE de quartiers de la CUD.
Donc, le GIE subit le système dont pourtant il est censé être un pôle important dans la planification des actions.
Dans ces conditions, il n'y a pas de "gestion communautaire" des déchets parce que le GIE ne participe pas à toutes les étapes du processus de mise en oeuvre des actions.
Décrire cette réalité en convoquant le concept de "participation communautaire" serait peut-être utiliser un concept multidimensionnel qui rendrait compte fort mal les réalités du terrain. D'autant plus qu'il n'y a pas une articulation fonctionnelle entre la mobilisation sociale des habitants et l'approche communautaire de gestion des déchets solides de la municipalité.
En tout cas, dans l'entendement des autorités qui ont initié le système, la nouvelle approche (politique) mise en place dans la phase transitoire est une approche communautaire visant à impliquer des communautés et des groupes dans la gestion des déchets solides. Mais à ce stade du système et à la lumière des éléments ressortis dans l'étude effectuée à la Gueule Tapée, il est plus sûr et moins périlleux d'utiliser l'expression de "participation des habitants" dans la description des réalités du terrain.
I.- LE PROGRAMME UWEP/WASTE ET LE MANDAT D'ETUDE AU SENEGAL
1.1.- UWEP et la Participation communautaire
Le programme d'expertise des déchets urbains (UWEP ; URBAN WASTE EXPERTISE PROGRAMME) a été mis en place par WASTE pour tirer parti des compétences locales en matière de gestion des déchets partout où on peut les rencontrer : auprès des particuliers, dans les petites localités ou au sein des associations de base.
Pour l'UWEP, la diversité et les implications du traitement des déchets sont immenses et donnent l'occasion aux populations de développer leurs "puissances endormies" de créativité à travers des démarches typiques de recherche de solutions locales. C'est ainsi que des bouteilles de plastiques usagées sont transformées en semelles dans certaines communautés d'Afrique, d'Asie et d'Amérique. D'autres indicateurs du développement de la créativité dans le domaine des déchets apparaissent aussi à travers les vieilles semelles qui servent à fabriquer des neuves ou fondues pour le zinc ainsi que le verre cassé retraité servant de support à la fabrication de bouteilles et de bocaux.
C'est dans cette perspective que WASTE, dans une démarche novatrice privilégie la participation communautaire dans le domaine de la gestion des déchets solides dans les communautés d'Afrique au Sud du Sahara, d'Amérique latine et d'Asie.
Cet intérêt est manifesté par l'exécution des études de cas dans ces communautés.
Ce travail de compilation, déjà très avancé, sera suivi de projets pilotes dans lesquels l'accent sera mis sur le rôle des gestionnaires locaux et des autres intervenants dans la gestion des déchets, sur les mécanismes de transfert des connaissances, et sur l'implication des gouvernements compétents. Ces projets-pilotes seront exécutés dans des pays désignés par le gouvernement néerlandais.
Les résultats seront diffusés dans les centres de documentation comme les bibliothèques de proximité ou les universités nationales. L'ensemble des activités des projets-pilotes sera coordonné et contrôlé par un comité de direction du programme UWEP composé de membres originaires des pays du Sud.
1.2.- Profil de la documentation de WASTE
La première année et demie de l'existence de l'UWEP a été dominée par la recherche. Actuellement, les experts locaux, les ONG, les Instituts de recherche, et les Universités en sont à retracer et à analyser les expériences innovatrices en matière de déchets. Les thèmes de recherche en cours sont :
- la fabrication de compost à partir des ordures ménagères organiques ;
- le traitement des déchets plastiques ;
- les déchets hospitaliers ;
- les déchets des ports et des navires ;
- les entreprises de collecte des déchets sur une petite échelle ;
- la gestion communale des services de déchets ;
- la liaison des activités associatives et privées avec le système municipal des déchets ;
- la collecte des excréments domestiques ;
- le traitement des vidanges de latrines à l'échelle du quartier ;
- l'analyse environnementale et économique des déchets ; etc.

1.3.- Contexte et objectifs de l'étude
La présente étude de cas effectuée dans le quartier de la Gueule Tapée de la ville de Dakar a pour objectif de dégager les formes, les modalités et les mécanismes de participation communautaire référenciés au contexte économique et social et au cadre institutionnel et juridique de la gestion des déchets solides dans l'espace de la communauté urbaine de Dakar (CUD).
Il s'est agi d'étudier, dans le quartier de la Gueule Tapée, un GIE d'assainissement composé majoritairement de femmes et officiant dans les domaines du balayage, de la sensibilisation, de la collecte des déchets et de la surveillance des coffres (bacs à ordures).
Ce GIE intervient dans la phase transitoire de gestion des déchets solides mise en place par la CUD en partenariat avec l'Agence d'Exécution des Travaux d'ntérêt Public contre le sous-emploi (AGETIP).
L'accent a été fortement mis sur :
- les modes et domaines d'intervention du GIE ;
- l'évaluation participative des populations bénéficiaires ;
- la dynamique organisationnelle rapportée à l'assainissement ;
- l'impact des stratégies du GIE ;
- l'analyse de l'image de marque du GIE dans le quartier ;
- les modes d'interaction entre le GIE, les leaders d'opinion et les autres entités associatives ;
- les dynamiques de concertation et de conflits avec la commu-nauté ;
- l'acceptabilité sociale des actions ;
- l'impact environnemental des actions ;
- les facteurs défavorables à l'efficience et à la durabilité des actions du GIE ;
- etc.
L'accent a été aussi mis sur l'articulation de toutes les questions soulevées avec l'analyse genre c'est-à-dire la répartition des rôles et des responsabilités entre les hommes et les femmes et aussi sur l'évaluation à terme de l'efficience du système de nettoiement mis en place par la CUD en termes d'approche communautaire de gestion des déchets solides.
1.4.- Le parcours méthodologique de l'étude
Les méthodologies utilisées dans le cadre de cette présente étude sont le Focus Group, certains outils et techniques d'analyse de la Méthode Active de Recherche et de Planification Participatives (MARP) et des outils de la méthode SARAR comme les Voies de Contamination et la Visite environnementale.
Le Focus Group est une méthode qualitative de recherche sociale qui ramène différents intervenants impliqués et bénéficiaires d'une action de développement communautaire dans une structure égalitaire de communication. C'est un outil de recherche qui s'apparente aux palabres africaines, à la différence près qu'il ne recherche pas le consensus mais plutôt l'émergence de toutes les opinions. En clair, c'est une méthode de recherche sociale qualitative qui consiste à recruter un nombre représentatif de groupes homogènes (membres de groupements et autres groupes-cibles différents), à susciter une discussion ouverte à partir d'une grille d'entrevue définissant les thèmes des termes de référence de l'étude. Ensuite, il s'agira de faire une analyse-synthèse devant permettre de relever les messages-clés émis par les bénéficiaires, de même que les points de convergences et de divergences entre les différents groupes de l'échantillon.
La méthode du Focus Group a été particulièrement utilisée dans l'analyse des dynamiques de changements subséquentes aux actions du GIE, à la recherche et opinions sur le GIE et à l'analyse des dynamiques de concertation et de conflits entre le GIE, les autres organisations et institutions du site.
La MARP a été utilisée dans cette étude dans sa version évaluative. Elle se présente comme un procédé d'apprentissage et d'appréhension des conditions de vie des populations. Elle a permis à amener les populations à discuter des conditions d'hygiène du quartier, et à évaluer les activités du GIE. Elle a permis d'être à l'écoute des discours et des pratiques des populations dans le domaine de la gestion locale des déchets dans le quartier, et d'analyser les éléments motivateurs et les facteurs de réticences à l'approche communautaire des déchets solides telle qu'elle apparaît à travers les actions du GIE.
La recherche documentaire a précédé les travaux de terrain et s'est poursuivie jusqu'au terme du mandat. Des études effectuées sur les déchets de la CUD (voir bibliographie), des données statistiques du quartier et des déchets, des documents d'orientation de la CUD et d'autres éléments bibliographiques pertinents se rapportant à l'assainissement et à la participation communautaire ont été exploités dans la documentation.
L'observation participante (visite environnementale) a permis de déchiffrer de façon exhaustive certaines composantes des situations sociales des habitants du quartier (lieux, structures, instruments, personnes, groupes, actes, évènements, comportements, durées, etc.) pour ensuite en extraire des hypothèses. La visite environnementale dans le quartier effectuée par l'Equipe du CREPA a donné lieu à l'élaboration d'hypothèses préliminaires sur les comportements de pratiques d'hygiène.
La carte de l'assainissement (voir en Annexe 1) a été élaborée collectivement par les habitants du quartier. Elle a permis de mettre en évidence les représentations locales de l'espace et les visions endogènes de l'environnement. Elle apparaît comme un portrait du quartier élaboré par ses habitants (voir Photo n°1). Les discussions sur la carte ont tourné autour des facteurs d'insalubrité publique (déversement eaux usagées dans les ruelles, obsolescence de la canalisation, divagation des animaux, égouts bouchés, dépôts sauvages d'ordures devant les devantures des concessions, etc. Les habitants du quartier n'ont pas manqué de discuter sur les contraintes de la collecte, du balayage et de la surveillance des coffres. Les discussions étaient axées aussi sur les comportements des habitants du quartier dans le domaine de l'hygiène et de l'assainissement et sur les maladies liées aux limites du système de nettoiement.
La carte historique (voir en Annexe 2) d'assainissement a permis de mesurer qualitativement les dynamiques de changement depuis l'intervention des "linguères" dans le quartier. Elle laisse entrevoir une profusion de dépôts sauvages dans le quartier durant les moments cruciaux de la dégradation de système de collecte et d'évacuation des ordures dans la CUD (cf. Sous partie 2.2.).
Les discussions autour de la carte historique d'assainissement ont aussi tourné autour des solutions apportées par les populations durant ces périodes comme les fréquents SET-SETAL et la mobilisation des associations et des leaders d'opinion autour de la problématique de la gestion communautaire des déchets dans le quartier de la Gueule Tapée.
Les deux cartes ont été élaborées avec le concours d'une équipe qui a bénéficié d'une formation en méthodologie Self-Esteem - Associative Strenght - Resources fulness - Planification and Responsability (SARAR) grâce à un appui financier du Centre Régional pour l'Eau Potable et l'Assainissement à faible coût (CREPA) (Ouagadougou). Cette formation s'est déroulée à Dakar du 15 au 24 Décembre 1996.
Le diagramme de polarisation (Annexe 3) a permis de placer le quartier de la Gueule Tapée dans la géographie de Dakar et d'analyser les stratégies d'accès des populations aux services de Santé et d'Assainissement.
Le profil historique du GIE des "linguères" (Annexe 4) a permis de faire une synthèse des expériences du GIE et des évènements liés à la gestion des déchets dans le quartier. L'outil a permis d'apprécier les difficultés rencontrées par le GIE dans le quartier et les stratégies menées pour y faire face.
La pyramide des priorités (Annexe 5) a permis de déterminer les principaux problèmes ou priorités des habitants du quartier de la Gueule Tapée en matière d'assainissement. La première étape de l'élaboration de la pyramide a été de classifier une série de problèmes du quartier.
La seconde étape a été de faire figurer les priorités par ordre d'importance. La troisième étape a été de provoquer la discussion autour de cette classification/priorisation.
Le diagramme de Venn (Annexe 6) a permis de mettre en relief la dynamique organisationnelle dans le domaine de l'assainissement en termes de mobilisation sociale et de contributions. Il donne à voir aussi les institutions qui, de l'extérieur, interviennent dans l'assainissement du quartier. La taille des organisations et des institutions dans la représentation schématique du diagramme, est fonction de l'importance que leur accordent les populations.
Les interviews semi-structurées (ISS) (individuelles et collectives) ont été effectuées tout au long de l'étude. Le but des ISS a été d'obtenir des réponses à un nombre limité de questions pré-déterminées et à de nouvelles questions soulevées dans la dynamique des réponses au cours de l'interview. Les ISS ont offert l'occasion d'acquérir par hasard, des informations imprévues.
La technique "voies de contamination" est un outil du SARAR qui a permis à l'équipe du CREPA, qui a travaillé avec les femmes du GIE chargées de la sensibilsation, d'apprécier les capacités d'établir des liaisons entre les maladies et l'insalubrité. L'outil a amené les participantes à discuter sur les voies de transmission liées à l'insalubrité et en particulier aux matières fécales ainsi que des mesures préventives.
La triangulation a été un des principes-clés de la démarche. Elle postule le recours à la diversité des sources pour vérifier une information obtenue.
La restitution des résultats de l'étude aux populations a procédé de la logique participative de l'étude d'UWEP/WASTE à Dakar. Elle a amené les principaux acteurs du quartier à rediscuter des résultats et en y enjoignant des amendements et des recommandations.
Le tableau 0 placé à la fin de ce chapitre fait la synthèse du choix initial des outils et des personnes rencontrées.
Les procédures d'élaboration des outils sont expliqués en annexe O.
1.5.- Les limites des méthodologies
L'exécution du mandat a buté sur les difficultés suivantes :
- sur le plan organisationnel : il a été un peu difficile de regrouper un nombre suffisant de représentants d'associations, de leaders d'opinions et de personnes issues des différents sous-quartiers dans les mêmes séances de Focus Group et de MARP. Pour avoir un éventail fiable de tous les points de vue et opinions, il a fallu mettre beaucoup l'accent sur les interviews semi-structurées individuelles. En plus, les populations du quartier voyaient déjà à travers le WASTE, une ONG qui faisait une étude de faisabilité dans le quartier afin d'y intervenir. ll fallait donc, en plusieurs circonstances, réexpliquer le but et les objectifs de l'étude ;
- sur le plan calendaire, il faut noter la difficile mobilisation des femmes pendant plus de deux (2) heures d'horloge au cours des séances de MARP et de Focus Group à cause des tâches ménagères qui leur sont dévolues dans les cellules familiales. Cette contrainte explique l'étalement de l'exécution de certains outils sur plusieurs jours. Par exemple, les discussions autour du diagramme de VENN se sont déroulées en deux séances.
Sur le plan méthodologique, il a été difficile d'avoir des informations quantitatives auprès des habitants du quartier (dates fixes, recouvrement de la TEOM, poids des brouettes remplies d'ordures poussées par les femmes, nombre d'arrêt du camion de collecte, production journalière, de déchets par famille, etc.). Mais cette limite a été relativement corrigée par les données issues de la recherche documentaire et par des interviews semi-structurées effectuées auprès des responsables de la DST, et de la SDV.
Entre autres contraintes on peut aussi noter :
- les appréhensions subjectives de certains habitants envers la présidente du GIE qui est une responsable politique dans le quartier ;
- l'assassinat d'un photographe-reporter, footballeur vedette d'une ASC, qui a plongé le quartier tout entier dans une vive émotion durant toute la durée de la mise en œuvre de l'étude.
Tableau 0 : CHOIX PRELIMINAIRE DES OUTILS
|
Objectifs généraux |
Objectifs spécifiques |
Outils |
Personne(s) rencontrée(s) |
|
1.- Cadre Institutionnel et Juridique & Cadre Economique et Social |
1. Acteurs 2. Modes d'interaction 3. Organisation 4. Textes 5. Contexte physique et environnemental du quartier |
Données secondaires Bibliographie . Documents CUD, AGETIP, CAMCUD, etc. . Cartes . Données statistiques |
Habitants du quartier Responsables AGETIP-CUD. |
|
2. Sociologie des organisations |
1. Cadres de mobilisation sociale 2. Mécanismes de participation à la gestion des déchets solides 3. Coopération inter- organisationnelle 4. Dynamiques de conflits et de concertation 5. Articulation GIE et organisations 6. Genre etc. |
Diagramme de VENN I-SS Cartes d'Assainissement Focus Group Diagramme de Polarisation |
. Habitants du quartier . Imam du quartier . Chef du quartier . Leaders d'opinion . Responsables d'organisation membres du GIE |
|
3. Modes et domaines d'intervention du GIE |
1. Stratégies d'intervention 2. Evaluation des Stratégies 3. Aspects financiers matériels, socio-économiques, techniques et autres 4. GIE/CAMCUD/SDV/CUD 6. Disparités Hommes et Femmes etc. |
Focus Group ISS Cartes d'Assainissement Focus Group |
. Profil historique . Habitants du quartier . Responsables SDV, CUD, CAMCUD . Rencontres individuelles . Equipes du GIE etc. |
|
4. Impact environnemental |
1. Dynamiques de changements 2. Aspects Assainissement et Santé 3. Disparités Hommes et Femmes, etc. |
Visite environnementale pyramides des priorités cartes d'Assainissement ISS Focus Group Voies de contamination |
- Habitants du quartier - Leaders d'opinion - Equipe du GIE - Responsables CUD, CAMCUD, SDV, etc. |
|
5. Evaluation participative du GIE |
1. Analyse de l'image de marque 2. Contraintes des activités 3. Efficience et durabilité des actions 4. Concertation et conflits avec les habitants 5. Evaluation locale du système de nettoiement. |
1. Cartes d'Assainissement 2. Pyramide des priorités 3. Focus Group |
- Habitants du quartier - Equipe du GIE - Commerçants du marché - Travailleurs de la CUD du marché - Responsables d'ASC - Locataires du quartier, etc. |
NB : Le Profil des personnes rencontrées est expliqué en annexe 0.