GESTION URBAINE
ET PARTICIPATION DE L'HABITANT:
QUELS ENJEUX ET QUELS RESULTATS ?
LE CAS DE YEUMBEL (SENEGAL)
ENDA-ECOPOP
Le projet de gestion urbaine et de participation de l'habitant mené à Yeumbeul, dans le banlieue de Dakar, Sénégal, constitue avec ceux de Port-au-Prince, Haïti, et de Rio, Brésil, une des expériences-pilotes du programme " Villes, gestion des transformations sociales et de leur environnement " de l'UNESCO. Ce programme a pour objectif l'amélioration de l'environnement et du cadre de vie des citadins, mais aussi, et surtout, l'appui à la gestion urbaine participative et le renforcement des acteurs locaux, qu'il s'agisse des organisations populaires (associations de base, ...) ou des pouvoirs locaux.
Depuis 1992, le Sénégal est entré dans un processus de décentralisation, qui aurait dû permettre aux municipalités de mener une gestion de leur territoire au plus proche des habitants, et par là, peut-être, plus efficiente. Pour autant, il n'en est rien: les moyens financiers, techniques et humains des municipalités sénégalaises paraissent bien dérisoires face à l'ampleur des besoins (en infrastructures, etc.) que suscitent une urbanisation galopante et mal maîtrisée
S'inscrivant dans une démarche de recherche-action, cette étude de cas apporte un éclairage sur une des questions centrales du développement: celle de la participation de l'habitant. Que recouvre le vocable " participation populaire "? Qui participe et comment ? Quels sont les impacts de la gestion urbaine participative sur l'organisation populaire des citadins ? En quoi un dispositif de gestion populaire autour de l'environnement est-il porteur d'enjeux plus globaux? Telles sont les questions auxquelles cette étude tente d'apporter des élements de réponses à travers l'analyse de l'expérience de Yeumbeul.
Ainsi, la première partie de ce rapport est consacrée à la présentation de la première phase du " Programme d'appui aux dynamiques de quartier " à Yeumbeul, qui a débuté en 1995 et pris fin en 1997. Elle retrace le contexte, la génèse, le déroulement et les résultats de cette première phase, au terme de laquelle une limite essentielle est apparue quant à l'impact du programme:
" En raison de l'échelle et des moyens modestes du programme, mais aussi des difficultés d'information dans les sous-quartiers, les ouvrages réalisés concernent d'abord les bénéficiaires les plus solvables ou les moins pauvres, qui peuvent potentiellement apporter une contribution financière, fût elle faible (200 CFA). L'exigence d'une meilleure prise en compte des populations les plus pauvres devient dès lors pour les partenaires un des enjeux de la deuxième phase ".
La seconde partie, quant à elle, constitue une réflexion transversale sur le thème de la gestion populaire urbaine et aborde successivement ces trois questions:
1. Les différents visages de la participation de l'habitant. Il s'agit avant tout, ici, d'une réflexion sur la participation populaire, et notamment sur son sens, sa définition et ses applications et ses implications concrètes dans le cadre d'un " projet de développement ".
2. Les impacts et les résultats du programme d'appui aux quartiers défavorisés. Il s'agit d'une évaluation en terme économiques et sociaux des impacts du programme sur le cadre de vie et l'organisation sociale des habitants de Yeumbeul.
3. Gestion populaire ou gestions partagées: comment mieux appuyer les initiatives locales? Ce dernier point nous livre ici quelques réflexions et pistes d'action concernant la gestion urbaine populaire. L'auteur insiste notamment sur l'importance du partenariat entre l'ensemble des acteurs de la ville comme condition indispensable à un processus de décentralisation viable au Sénégal.
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