LA DIFFICILE ARTICULATION ENTRE L'ÉCHELON LOCAL ET L'ÉCHELON MUNICIPAL :

l'exemple des GIE d'assainissement de Bamako, Mali

ENDA-PPU, Dakar et antenne ENDA Mali, septembre 1998

Résumé

"Au Mali, l'emploi informel, proportionnellement à la population active occupée non agricole, est passé de 63,1 % en 1976 à 78,6 % en 1989". Ces activités du secteur "informel", que nous préférons appeler Économie et Écologie populaire urbaine, vont en fait bien au delà du seul phénomène économique. Elles englobent tout à la fois l'économique, l'écologique, le social, le politique, et le culturel.

L'économie populaire urbaine n'est donc pas uniquement constituée d'activités de survie vouées à la disparition. En effet, celle-ci est fortement créatrice d'emplois (environ la moitié des emplois urbains) et de richesses, c'est un levier du développement économique des villes.

L'économie populaire urbaine, c'est aussi une voie pour une nouvelle articulation entre l'économique et le social, dans la mesure où le critère économique n'est pas toujours déterminant dans son fonctionnement et ou l'on y préfère parfois l'accumulation de liens (sociaux) à l'accumulation de biens (économiques).

 

L'économie populaire urbaine, c'est enfin un lieu de reconstruction du politique, à savoir, du lien rompu entre la société et l'État, qu'il soit au niveau national ou local (municipalités). En effet, c'est dans cette relation, parfois conflictuelle, entre les pratiques de l'économie et de l'écologie populaire urbaine et de l'État que sont inventés de nouvelles règles, de nouveaux outils, de nouvelles structures de gouvernance locale, municipale et parfois nationale.

A Bamako, dans un contexte de crise urbaine, ont émergées une série d'initiatives de production et de gestion sociale des services de base.

- Centre Communautaires de Santé (CSCOM)

- Écoles de base et écoles communautaires

- GIE d'assainissement, qui tentent de combler les lacunes du service public (district) de ramassage des ordures et dont une centaine assurent aujourd'hui l'essentiel de la pré collecte domiciliaire des ordures ménagères.

L'étude de cas qui suit traite de ces GIE d'assainissement en se posant la question de savoir si l'on peut véritablement transformer les capacités d'initiatives manifestées par les populations urbaines face à la crise, en éléments moteurs pour la production sociale durable des villes du tiers monde ?
Après avoir étudié l'important potentiel économique que constituent les GIE, l'étude s'interroge sur la perception des GIE par les différents acteurs de la ville (populations, institutions) et le propre regard des GIE sur eux-mêmes, illustré par deux points de vue de GIE.

Enfin, l'étude tire des leçons pour la suite du processus, à savoir :

- la nécessaire évolution interne du secteur ;

- et la délicate articulation entre les initiatives des populations et les responsabilités des municipalités.