PROGRAMME D’EXPERTISE SUR LES DECHETS URBAINS

 

PROGRAMME UWEP

 

 

WASTE ENDA TIERS-MONDE

 

 

 

 

LA PARTICIPATION DE LA COMMUNAUTE A LA GESTION

DES DECHETS SOLIDES

 

 

 

Une étude de cas présentée par ARCENS Marie-Thérèse:

 

 

Centre Régional pour l’Eau Potable et l’Asaainissement à faible coût

CREPA

 

Janvier 1997

 

TABLE DES MATIERES

I. LA PARTICIPATION COMMUNAUTAIRE DANS LA GESTION DES DECHETS SOLIDES

p.5

 

1.1 UWEP et la participation communautaire à la gestion des déchets solides

 

p. 5

1.2 Le CREPA et la participation communautaire à la gestion des déchets solides

p.6

1.3 La gestion des déchets solides dans la ville de Ouagadougou

p.7

1.3.1 Généralités sur la gestion des déchets solides à Ouagadougou

p.8

1.3.1.1 Contexte socio-économique

p.8

1.3.1.2 Caractérisation des déchets

p.9

1.3.2 La gestion des ordures ménagères

p.10

1.3.2.1 Le contexte juridique

p.10

1.3.2.2 Le contexte institutionnel

p.10

1.3.2.3 Les actions

p.13

1.3.3 Les orientations actuelles

p.15

1.4 Méthodologie et limites de l’étude

p.16

   

II. LA COLLECTE DES ORDURES MENAGERES DANS LE SECTEUR 15 DE OUAGADOUGOU

p.17

 

2.1 Le secteur 15 de Ouagadougou

 

p.17

2.1.1 Informations générales

p.17

2.1.2 Eau potable et assainissement

p.19

2.1.3 Les ordures ménagères

p.20

2.2 Les formes et les mécanismes de la participation communautaire

p.21

2.3 Les activités du projet d’assainissement de la Patte d’Oie

p.23

2.3.1 Préparation de l’association à la gestion du projet

p.23

2.3.2 Le démarrage du projet

p.24

2.3.2.1 La collecte des ordures dans les ménages

p.24

2.3.2.2 L’animation et la collecte des redevances

p.24

2.3.2.3 Les documents d’administrattion et lde suivi de projet

p.25

2.3.3 Les nouveaux outils et mécanismes mis en place

p.28

   

III. ELEMENTS D’ANALYSE

p.30

 

3.1 L’impact des femmes dans la réorganisation de l’équipe

 

p.30

3.2 Les formations un créneau d’ouverture pour les femmes du projet

p.31

3.3 Bao Manégré dans l’environnement socio-politique et institutionnel

p.32

3.3.1 Les conditions d’émergence et les motivations del’asscoiation Bao Manégré

p.32

3.3.2 Bao Manégré et les populations du secteur 15

p.33

3.3.3 Modes d’intervention de l’association: comment se fait le choix du dépôt de transit, ce fait la supervision, le suivi du ramassage? Les stratégies de contrôle et d’auto-contrôle pour le recouvrement des coûts?

p.34

3.3.4 Bao Manégré et la Municipalité

p.36

3.3.5 Bao Manégré et les autres structures

p.37

3.4 La nouvelle approche du CREPA à la Patte d’Oie

p.38

   

Conclusion

p.40

Annexes

p.42

 

 

 

SIGLES

 

 

CREPA Centre Régional pour l’Eau Potable et l’Assainissement à faible coût

 

IAGU Institut Africain de Gestion Urbaine

 

UWEP Urban Expertise Programme

 

SARAR Self Esteem, Associative Strenght, Resourcefullness, Action Planning, Responsability

 

FNRS Fonds National Suisse pour la Recherche Scientifique

 

ECONFA Entreprise de Collecte, de Recyclage d’Ordures et de Nettoyage du Faso

 

ECOVOB Entreprise de Collecte et de Valorisation des Ordures du Burkina

 

CAPEO Cellule d’Appui à la Petite Entreprise

 

 

 

 

I. LA PARTICIPATION COMMUNAUTAIRE DANS LA GESTION DES DECHETS SOLIDES

 

1.1. UWEP et la participation communautaire à la gestion des déchets solides

 

 

Le programme UWEP, Urban Waste Expertise Programme, a été créé par WASTE, une ONG basée aux Pays Bas.

 

Son but est de promouvoir un programme d’expertise sur les déchets urbains. Ce dernier est financé par la Direction Générale de la Coopération Internationale des Pays Bas. Il s’est fixé comme objectif principal de développer des compétences locales par l’intérmédiaire de projets de recherche et de projets pilotes et la capitalisation des diverses expériences. Le programme se limite aux communautés urbaines défavorisées. Il entend par le terme communauté "un ensemble de résidents dans une aire géographique précise, partageant des intérêts et des buts communs quant aux conditions environnementales de vie ... Cette communauté possède une entité socio-politique spécifique".

 

Il vise particulièrement la participation communautaire à la gestion des déchets. Comment les populations prennent des initiatives pour gérer leur environnement? Comment les appuyer dans leurs efforts? Quelles sont les relations qui doivent exister entre les populations et les autorités municipales pour une gestion efficiente des déchets municipaux?

 

Quel partenariat mettre en place pour une meilleure approche de gestion communautaire?

 

Le programme UWEP définit le terme Approche de gestion communautaire comme étant "une ou des stratégies destinées à atteindre un objectif précis. Elle fait référence à une entité sociale et géographique bien définie".

 

1.2. Le CREPA et la participation communautaire à la gestion des déchets solides

 

Le CREPA a été créé en 1988, dans le cadre de la décennie de l’Eau (DIEPA 1981 - 1990). Il s’est rendu compte du débordement des services municipaux à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, pour faire face à la multitude de tas d’ordures anarchiques qui traînent dans la ville, due à la croissance incontrôlée des populations des villes mais aussi de l’espace urbain.

 

Les équipements et les infrastructures devant accompagner cette croissance n’ont pas suivi faute de moyens et de planification de la part des Etats.

 

En voyant les populations des zones périphériques de Ouagadougou s’organiser avec de faibles moyens pour assainir leur environnement, le CREPA a souhaité appuyer un processus communautaire pour la gestion des déchets solides. Le projet pilote de Wogodogo, quartier de Ouagadougou, a été mis en place en 1993 avec pour principes de base:

 

• un partenariat avec la municipalité;

• une gestion communautaire des déchets dans chaque secteur.

 

Les objectifs visés sont :

 

• l’assainissement du secteur par la communauté;

• la création d’emplois pour les plus défavorisés qui sont les femmes et les jeunes;

• le réinvestissement des bénéfices dans la communauté;

• une capitalisation et une diffusion de l’expérience.

 

Le projet de gestion des déchets solides de Wogodogo a été un laboratoire de recherche qui a permis d’expérimenter des approches de gestion communautaire, de les corriger et de les tester sur d’autres terrains.

 

En effet, en moins d’un an d’expérience, d’autres communautés ont souhaité bénéficier de l’appui du CREPA dans le même domaine. Les critères de sélection sont les suivants :

 

• être une association reconnue de la municipalité ;

• être située en zone périphérique défavorisée.

 

Cette étude présentera l’expérience de la gestion communautaire initiée par l’association Bao Manégré au secteur 15 de Ouagadougou, zone communément appelée Patte d’Oie.

 

 

1.3. La gestion des déchets solides dans la ville de Ouagadougou

 

 

Ouagadougou est la capitale du Burkina Faso (figure 1). Elle est située au centre du pays.

 

Administrativement, le Burkina Faso est divisé en provinces, et les provinces en communes. La commune de Ouagadougou relève de la province du Kadiogo, et est subdivisée en trente (30) secteurs. Ceux ci sont regroupés dans cinq (5) arrondissements qui sont (fig 2) :

 

- l’arrondissement de Baskuy qui compte douze (12) secteurs;

- l’arrondissement de Boulmiougou

- l’arrondissement de Nongremassom

- l’arrondissement de SighNoghin

- l’arrondissement Bogodogo

 

La superficie de Ouagadougou est passée de 13 386 ha en 1985 à 20 000 ha en 1995. L’arrondissement de Baskuy couvre 20% de la superficie totale. Les quatre (4) se partagent 80% de la superficie de la commune et représentent plus de 56% de la population.

 

 

1.3.1. Généralités sur la gestion des déchets solides à Ouagadougou

 

1.3.1.1. Contexte socio-économique

 

De 441 415 habitants en 1985, la population de Ouagadougou est estimée à plus de 800 000 en 1995. On assiste à la création de zones d’habitation non structurées (non loties) aux périphéries due à l’exode rurale. Ces populations provenant des zones rurales sont le plus souvent à la recherche d’un travail rémunérateur.

 

Malgré les efforts des pouvoirs publics, les infrastructures et les équipements en matière d’eau potable et d’assainissement n’ont pas suivi l’accroissement de la ville. On constate une détérioration du cadre et des conditions de vie des populations. Le manque d’eau devient crucial et les ordures s’entassent dans les quartiers nouvellement ou non lotis, créant des nuisances et la prolifération d’insectes vecteurs de maladies, surtout chez les enfants.

 

 

1.3.1.2. Caractérisation des déchets

 

Les ordures ménagères de la ville de Ouagadougou sont caractérisées par une production spécifique moyenne de 0,62 kg par habitant et une densité moyenne de 0,63. Ces valeurs cachent cependant des disparités comme le montre le tableau 1.

 

 

Tableau1 : Production spécifique et densité des ordures ménagères en fonction du niveau de vie.

Standing

Production spécifique

(kg/habitant)

Densité

Haut standing

0,85

0,37

Moyen standing

0,65

0,47

Bas standing

0,54

0,85

Moyenne pondérée

0,62

0,62

Sources: CREPA/IAGU 1992

 

 

 

La composition des ordures varie en fonction du niveau de vie (tableau 2) .

 

 

Tableau2 : Evolution de la composition des ordures en fonction du niveau de vie

Composition

Haut standing

Moyen standing

Bas standing

Inerte

2,4

4

1

Combustible

9,6

6,6

2,1

Organiques

60,5

36,9

21

fines

27,5

52,5

75,9

Sources: CREPA/IAGU 1992

 

 

1.3.2. La gestion des ordures ménagères

 

1.3.2.1. Le contexte juridique

 

La pré collecte est régie par l’arrêté N° 3/CO du 25 mars 1960 relatif à la salubrité et à la propreté des voies publiques, cours, jardins. La loi N° 002/94/ADP du 19 janvier 1994, portant code de l’environnement, interdit la détention ou l’abandon des déchets urbains dans des conditions favorisant le développement d’animaux nuisibles et d’insectes vecteurs de maladies, susceptibles de provoquer des dommages aux personnes et aux biens.

 

La collecte est régie par la loi N° 004/93/ADP du 12 mai 1993 portant organisation municipale. Le maire est chargé, sous le contrôle du conseil municipal, notamment de "veiller à la protection de l’environnement et de prendre en conséquence les mesures propres à empêcher ou à supprimer la pollution et les nuisances, à assurer la protection des espaces verts, et contribuer à l’embellissement de la commune".

 

En matière d’information, d’éducation et de communication, l’arrêté 94-20 MAT/PKAD/ crée le comité provincial de sensibilisation à la salubrité et à l’assainissement, opérationnel depuis janvier 1995.

 

 

1.3.2.2. Le cadre institutionnel

 

 

Selon les estimations de la municipalité de Ouagadougou, la ville produit quotidiennement près de 500 tonnes de déchets dont seulement 40% sont évacués.

 

Pour faire face à la dégradation de l’environnement urbain, de multiples initiatives ont foisonné au Burkina Faso. Depuis une dizaine d’années, le secteur informel et des structures associatives et privées se sont engagées pour apporter leur contribution à l’évacuation des déchets de la ville. Cependant, la question de la solvabilité des populations ont parfois amené ces acteurs à intervenir principalement dans les secteurs du centre où l’accès est plus facile et où résident les fonctionnaires et citadins ayant les moyens de s’acquitter du coût de la collecte de leurs ordures.

 

 

 

a/ Le secteur public

 

Les structures intervenant directement ou indirectement dans la gestion des ordures sont nombreuses:

 

 

Dans le document du 3ème projet urbain, intitulé "Plan d’action pour la gestion des déchets ménagers et industriels à Ouagadougou et Bobo Dioulasso", l’approche retenue repose sur un nouveau partenariat entre le secteur privé et les services techniques municipaux. Les ordures ménagères des villes de Ouagadougou et de Bobo Dioulasso représentent environ 95% des déchets produits.

 

b/ Le secteur privé/les ONG

 

Depuis le début des années 90, vu l’ampleur des tâches et l’insuffisance des moyens du secteur public, on assiste à une implication progressive des acteurs du secteur privé dans la gestion des ordures. Les entreprises plus actives sont ECONFA, ECOVOB, SGECOM, Dugu Sanya. Ces structures font payer le service mille (1 000) francs par abonné et par mois.

 

Elles bénéficient d’appui surtout financier de la part d’institutions telles que CAPEO, UNICEF, Banque Mondiale, etc.

 

 

c/ Le secteur informel

 

Des structures communautaires (associations, groupements) font la pré-collecte dans les secteurs 10, 15, 17, 19, 20, 21, 22 27, 28, 29, 30 à raison de cinq cents (500) francs par concession et par mois. Elles ont été appuyées financièrement et/ou techniquement par le CREPA, l’IAGU, l’UNICEF, EAST, le 3ème PDU et l’ambassade des Pays Bas. Il existe des acteurs travaillant à titre individuel à l’aide de charrettes, de pousse-pousses, de brouettes, etc.

 

Des organisations non gouvernementales appuient techniquement et/ou financièrement le secteur de la gestion des ordures ménagères dans la ville de Ouagadougou. Le CREPA a initié des activités d’appui technique et/ou financier à des structures communautaires de gestion des ordures ménagères. Il existe d’autres ONG telles que EAST (Eau, Agriculture et Santé en milieu Tropical), la CAPEO ou l’UNICEF qui ont un volet assainissement.

 

Comme nous pouvons le constater, il existe une multitude d’acteurs locaux dans le domaine de la gestion des déchets solides. Le problème est de les mettre en interaction, afin que le système soit efficient.

 

La mairie de Ouagadougou, par le biais de son service technique, la Division Economique, a tenté de jouer le rôle de catalyseur et de régent des lois sur l’assainissement, en présidant le comité Provincial de Sensibilisation à la Salubrité. Le système semble être trop lourd et les membres des comités sectoriels se plaignent de la non rémunération de leur activité. Cela entraîne une faiblesse dans la récupération des taxes d’enlèvement auprès des ménages qui bénéficient des bacs à ordures.

 

Le système de bacs à ordures n’est pas diffusé dans toute la ville de Ouagadougou. Effectivement, les cent quinze bacs ont été répartis seulement dans les douze (12) secteurs de l’arrondissement de Baskuy. Dans les quatre (4) autres arrondissements, il existe des comités sectoriels dans chaque secteur. Pour l’instant, ils n’ont pas grand chose à faire, en attendant que la Division Economqiue place des bacs dans leurs zones d’activités.

 

Le service d’hygiène contrôle sans grand moyen la salubrité dans les secteurs. Il contrôle la conformité des terrains utilisés par les associations pour déposer les ordures. Le problème est que la mairie et la division Economique peuvent s’entendre sur un terrain à donner à une association pour en faire un dépot transitoire d’ordures, mais le service d’hygiène ne sera pas d’accord. Le plus dur pour les associations est d’obtenir une réponse identique des trois (3) structures. Raison pour laquelle, l’obtention d’une autorisation de construction d’un site de transfert pour le dépot provisoire des déchets est une procédure de longue haleine.

 

Le nouveau plan d’assainissement prévoit néanmoins plusieurs sites de transfert dans la ville de Ouagadougou, qui seront utilisés par les associations et évacués par la Division Economique, moyennant une participation financière de la part des associations.

 

 

1.3.2.3. Les actions

 

a/ La collecte

 

La production d’ordures ménagères est estimée à 176 000 tonnes par an. (Diop, 1993). 123 000 tonnes alimentent annuellement dépôts sauvages, caniveaux, anciennes carrières ou sont incinérées. Le circuit des ordures est illustré par la figure 3 :

 

Le faible taux de collecte des ordures (40% ) est imputable à plusieurs facteurs dont l’insuffisance des moyens des services publics, privés et associatifs, ainsi que le manque de moyens des populations en particulier périurbaines.

 

L’éloignement des décharges et l’insuffisance des dépôts transitoires poussent les structures privées et informelles à exploiter illégalement certaines carrières ou des dépôts anarchiques dans la ville.

 

Les moyens utilisés pour la collecte sont des camions multibennes et des chargeuses pour le service public. Le privé utilise des tracteurs agricoles (ECONFA, ECOVOB), des camionnettes. Le secteur informel utilise des charrettes à traction asine (ânes), des brouettes et chariots.

 

 

 

 

 

 

Les décharges finales actuellement exploitées sont d’anciennes carrières de matériaux de construction. Elles sont non contrôlées et présentent des risques potentielles de contamination des nappes phréatiques, de prolifération de vecteurs de maladies (rongeurs, mouches etc...).

 

L’Etat a prévu trois (3) décharges municipales des déchets solides, situées à environ une quinzaine de km au sortir de la ville. Aucun système d’enfouissement ou d’incinération n’est encore mis en oeuvre dans les décharges.

 

b/ Le recyclage

 

Le recyclage fait vivre différents groupes socio-professionnels : les récupérateurs directs, les intermédiaires, les revendeurs et les artisans transformateurs.

 

Les récupérateurs s’approvisionnent directement à partir des décharges, des poubelles et des dépotoirs anarchiques. Les intermédiaires sont approvisionnés par les récupérateurs. Les artisans transformateurs produisent des objets utilitaires à partir de matériaux récupérés.

 

Selon une étude menée par le CREPA et l’IAGU en 1992, 2/3 des récupérateurs sont analphabètes et le tiers restant a été scolarisé.

 

Les objets récupérés sont les bouteilles, boîtes, ferraille, chaussures, aluminium, emballages divers. Ces éléments récupérés sont, si leur état le permet, directement revendus aux consommateurs ou aux transformateurs. Ces objets de récupération donnent lieu à des activités commerciales dans les marchés, parmi lesquels certains ont acquis une réputation pour cette activité : Baskuy yaar, Boins yaar, Sankar yaar. Le revenu minimum hebdomadaire des recycleurs est de trois cent cinquante (350) francs.

 

Il existe également une activité de recyclage de terreau, terre noire résultant de la décomposition des ordures mélangées à la terre. Ce produit est utilisé comme amendement organique pour l’agriculture urbaine et le jardinage. Il est vendu à quatre cent cinquante (450) francs le chargement d’une charrette de trois cent cinquante (350) litres environ.

 

L’association Lagemyam gérante du projet de collecte des ordures ménagères du secteur 10 produit du compost à partir des déchets organiques à raison de 2,4 tonnes par ouvrier par mois. Ce compost est vendu à quinze mille 15 000) francs la tonne. Cependant l’activité reste marginale en ce sens que la clientèle n’est pas nombreuse.

 

 

 

1.3.3. Les orientations actuelles

 

Avec l’appui des différents partenaires du secteur, la municipalité veut définir un cadre institutionnel qui permettrait de spécifier les rôles et tâches de chacun des intervenants. Cette organisation se fait à partir, bien entendu, du comité provincial et des comités sectoriels.

 

Dans la même foulée, un groupe d’institutions Suisse (ALTER-EGO/SANDEC) et Africain (CREPA/IAGU) a exécuté en 1994 et 1995 un programme régional de recherche sur les possibilités d’amélioration du système de gestion à travers la valorisation de la matière organique par le système du compostage décentralisé (cas du secteur 10)

 

Dans la seconde phase du programme (96-99) toujours financé par le Fonds National Suisse pour la Recherche Scientifique (FNRS), le groupe a tenu à disséminer les résultats obtenus dans différents pays: Burkina Faso, Bénin, Mali et Côte d’Ivoire - et à "dégager des formes de combinaisons technologiques, financières et institutionnelles à même de garantir une gestion concertée et durable des déchets".

 

Cette seconde phase qui s’est déroulée d’avril à octobre 1996 à Ouagadougou, a déjà permis de donner des éléments d’analyse :

 

 

Cette analyse a conduit aux questions suivantes:

1- Quelle combinaison de technologies (pré collecte, collecte, valorisation, compostage, etc.) retenir afin d’obtenir des solutions qui correspondent aux ressources des bénéficiaires?

2- Quel mode de financement pouvant être accepté de tous et pouvant responsabiliser les différents acteurs de la gestion des déchets solides doit être mis en place?

3- Quel est le rôle des différents acteurs (ministères, municipalité, arrondissements, secteurs, associations, ONG, entreprises privées, etc.) et comment améliorer la concertation entre eux?

4- Quelle délimitation géographique optimale (secteur, quartier, arrondissement, etc) pour mettre sur pied des plans de gestion des déchets solides ? Comment articuler ces plans pour qu’ils deviennent un tout cohérent au niveau de la ville ?

 

1.4. Méthodologie et limites de l’étude

 

Les micro projets appuyés par le CREPA ont une fonction essentielle: pousser les chercheurs à trouver les meilleures alternatives pour un développement durable et approprié par les collectivités de base.

 

La Patte d’Oie est le premier projet de gestion de déchets solides à Ouagadougou où le CREPA travaille avec une association mixte (Bao Manégré) dirigé par un président. L’intérêt était de voir comment les femmes allaient s’impliquer dans le processus et quels étaient les rôles et les postes qu’elles allaient viser dans le projet.

 

La recherche-action menée avec l’association Bao Manégré gérante du projet a conduit à une seconde hypothèse :

 

Quels sont les mécanismes à mettre en place pour que l’approche de la participation communautaire se combine avec une initiative individuelle stimulée par des moyens de pression collectifs?

 

Le troisième axe de recherche est le suivant: Quels mécanismes mettre en place à partir des sommes dégagées par les projets et déposées dans des caisses d’épargne, afin que les membres des équipes puissent en bénéficier de façon à améliorer visiblement leurs conditions de vie et d’habitat.

 

La collecte des données a débuté dès les premières rencontres de concertations entre le CREPA et l’association. Au démarrage du projet à partir de mars 1995, le CREPA a inclue dans la formation des membres de l’association des enquêtes de terrain qui devaient permettre de collecter des données sur la Patte d’Oie, dans le domaine de l’eau potable et l’assainissement.

 

Après les formations, des rencontres hebdomadaires ont eu lieu à partir du mois de mai 1995. Elles ont permis au CREPA et à l’association de s’entendre sur l’approche à adopter pour la gestion et l’administration du projet.

 

Dans le même temps, le CREPA continue de suivre l’évolution des autres micro-projets d’assainissement à Ouagadougou (secteurs 10 et 19), qui donnent des éléments de vérification des différentes hypothèses et approches établies. La même équipe composée d’une sociologue et d’une consultante spécialisée dans l’animation supervise tous les projets d’assainissement à Ouagadougou appuyés par le CREPA, depuis 1993, mais aussi dans les centres secondaires (Fada, Kaya). Les données sont collectées dans des rapports établis tous les trimestres.

 

L’étude de cas se limitera essentiellement à la zone où s’exécute le projet. Il s’agit des lotissements 1 et 2 du secteur 15 de Ouagadougou, quartier de la Patte d’Oie.

II. LA COLLECTE DES ORDURES MENAGERES DANS LE SECTEUR 15 DE OUAGADOUGOU