2. LA COLLECTE DES ORDURES MENAGERES AU SECTEUR 15 DE OUAGADOUGOU

2.1. Le secteur 15 de Ouagadougou

2.1.1. Informations générales

 

Le secteur 15, communément appelé la Patte d’Oie, relève de l’arrondissement de Bogodogo. Il est situé à la limite sud-est de la ville. Nous avons à l’Est la route de Po qui mène au Ghana et au Sud la province du Bazega. Au Nord le secteur est limité par le Boulevard Circulaire et à l’Ouest par le secteur 16.

 

Situation démographique

Tableau 3

tranche d'âge

nombre

%

20-29

14

10,85

30-39

44

34,10

40-49

35

27,13

50-59

22

17,05

60 et +

14

10,85

Situation professionnelle

Tableau 4

   

profession

Nombre

%

libérale

67

51,92

publique

40

31,0

informelle

5

3,81

retraité

12

9,30

ménagères

5

3,87

Total

129

 

 

 

Le lotissement du secteur a débuté dans les années 1980, et s’est réalisé en trois (3) phases. Les plus vieilles familles y résident depuis dix à quatorze ans. 72% de la population est comprise dans la tranche d’âge de 20 à 49 ans avec 82% des individus vivant en situation maritale. Le secteur 15 est classé dans le moyen standing.

 

 

 

Situation familiale

Tableau 5

situat° familiale

nombre

%

célibataire

18

13,95

marié

106

82,18

divorcé

-

 

veuf

5

3,87

total

129

100,0

     
     

Religion

Tableau 6

   
     

religion

nombre

%

musulmane

71

55,03

chrétien

58

44,97

total

129

100,0

 

 

L’ethnie mossi y est majoritaire avec 55% de la population. La religion musulmane domine avec 55% de la population qui la pratique.

Une frange importante de la population a une profession. 31% exerce dans la fonction publique et 51% dans des activités dites libérales. Les familles dont le chef de ménage est à la retraite constitue 9% de l’échantillon de l’enquête. La taille des ménages varie entre deux (2) et vingt (20) personnes.

 

Caractéristiques ethniques

Tableau 7

Ethnie

nombre

%

Mossi

71

55,03

Peul

5

3,87

Bissa

13

10,07

Dafin

5

3,87

autres

35

27,13

129

 

99,97

Résidence dans le secteur

Tableau 8

     

durée

nombre

%

0-4 ans

36

27,90

5-9 ans

44

34,10

10-14 ans

49

37,98

 

 

2.1.2. Eau potable et assainissement

 

55% de la population de la Patte d’Oie bénéficie d’un branchement d’eau courant dans leur concession. 41% des familles s’approvisionnent au niveau des bornes fontaines et 4% à partir de puits forés dans les concessions.

98% des familles possède une latrine et 60% a installé un puisard pour l’évacuation des eaux usées. La majorité de ces puisards a été construit dans les rues et sont non couverts.

 

Les maladies les plus fréquentes citées par les familles enquêtées sont:

- le paludisme

- les diarrhées

- la dysenterie

- la fièvre

- les démangeaisons

- le rhume et la toux.

 

2.1.3. Les ordures ménagères

 

87% de la population a une opinion défavorable sur leur secteur , ce qui est dû aux nombreux dépôts anarchiques d’ordures, de l’insuffisance d’infrastructures sanitaires et de caniveaux, de l’absence de bacs à ordures.

Abonnement à des structures de collecte de déchets

Tableau 9

         

réponses

abonnement

%

ménages

 

oui

ECONFA

5

3,87

 

oui

ONASENE

23

17,82

 

non

 

101

78,29

 

Total

 

129

99,98

 

 

 

Peu de structures de pré-collecte des déchets solides se déplacent vers cette zone éloignée du centre ville du fait du faible pourcentage de familles capables de payer mille (1 000) francs par mois. 59% de la population déverse les ordures dans des ravins où créent des dépôts anarchiques aux abords des voies dont aucune n’est goudronnée. certaines familles brûlent les ordures où les jettent dans les rares caniveaux existants.

 

Environ 21% de la population a pu s’abonner à ces structures privées. Depuis 1996, la structure semi-étatique ONASENE a disparu.

La pré collecte dans les ménages se fait à partir de seaux, bassines ou des fûts. Beaucoup de familles déposent les ordures devant leur porte en attendant le passage du service de collecte pour l’évacuation.

 

 

2.2. Formes et mécanismes de la participation communautaire

 

Bao Manégré signifie en langue mooré "cherchons à améliorer". L’association est constituée d’environ cent cinquante (150) membres, hommes et femmes dont tous ne sont pas actifs dans le projet.

 

L’association a introduit en juillet 1994 une demande d’appui technique et financier au niveau du CREPA. Elle était à la recherche d’un financement pouvant lui permettre de mener des activités rémunératrices pour ses membres.

 

Le CREPA a fait une première visite à l’association le 10 novembre 1994 pour un échange d’informations, et asseoir un éventuel partenariat. Soixante dix (70) personnes étaient présentes. Il s’agissait de s’informer sur :

 

 

Une seconde visite a été faite à l’association en début janvier 1995 et le 25 janvier le projet démarrait par la planification avec la population. La séance de planification consiste en :

 

 

Cette planification a été menée suivant la méthode ZOPP, ou la planification par objectifs, créée par les Allemands.

 

Une formation intensive a eu lieu au mois de mars 1995. Tous les membres de l’association qui le souhaitaient ont pu y participer. Il s’agissait d’une formation en animation/communication et éducation pour la santé (deux semaines) et d’une formation en gestion et administration des projets d’AEPA (une semaine), donnée uniquement à l’équipe active du projet.

L’équipe de projet a été mise sur pied après cette formation. Le président était peu convaincu de la capacité des femmes à prendre une place importante au sein de l’équipe à cause de leur rôle de mère de famille. Le CREPA a réussi néanmoins à susciter leur intégration au sein de l’équipe qui se composait comme suit:

 

Le CREPA a tenu à s’assurer du principe de l’ouverture de l’association à toutes les confessions religieuses. Les réunions se tenaient au niveau de l’église, et il est à noter que le document de projet à été introduit au niveau du CREPA par l’intermédiaire d’une religieuse.

 

En février et mars 1995, les deux parties se sont rencontrées une fois par semaine pour discuter des points suivants:

 

L’association a pensé prendre contact avec Propre Service, une entreprise privée qui ne travaille plus dans le secteur afin qu’elle lui rétrocède ses abonnés. Elle a également l’intention d’approcher les autres structures (ECOVOB, ECONFA) afin de coordonner les activités de terrain.

 

 

L’équipe de suivi et de formation du CREPA est composé d’une sociologue, d’une consultante spécialisée en animation et parfois d’un technicien sanitaire.

 

2.3. Les activités du projet d’assainissement de la Patte d’Oie

 

2.3.1. Préparation de l’association à la gestion du projet

 

En mars-avril 1995, les membres de l’association ont bénéficié de formations sur les thèmes suivants:

 

 

Ce questionnaire a été à la base de l’enquête CAP (Comportement Attitude et Pratiques) menée sur les problèmes de l’eau potable et l’assainissement dans le secteur.

 

 

A la suite de ces formations intensives, un programme a été élaboré avec les animateurs.

 

2.3.2. Le démarrage du projet

 

2.3.2.1. La collecte des ordures dans les ménages

 

Les charretiers travaillent dans des zones qu’ils ont eux-mêmes définies, après que le CREPA leur ait montré comment lire un plan cadastral.

Le travail de collecte des ordures débute dès 6h30 et se termine aux environs de 11h selon les zones, le dynamisme de l’équipe, et le volume d’ordures à ramasser par jour.

 

Chaque équipe possède une charrette tombereau et un âne, en plus du matériel de protection et de ramassage (bottes, gants, masques, pelles , seaux, râteaux).

 

Il a été difficile de convaincre l’équipe de projet de la nécessité de l’organisation d’une permanence au siège. Après de longues discussions, un compromis a été trouvé. Il y aura toujours un animateur, ou le collecteur des redevances, au siège pour recevoir les personnes désireuses de s’abonner, de s’informer, ou de payer leur redevance.

 

L’association souhaitait engager un secrétaire pour assurer la permanence et les activités administratives. Dans les discussions, il est ressorti que si un secrétaire est nécessaire à une association, il devient superflu dans un tel projet où il risque de jouer le rôle de bureaucrate. Il faut à tout prix éviter les conflits entre ceux qui travaillent essentiellement sur le terrain (charretiers) et ceux qui assurent quelques tâches administratives (animateurs, coordonateur, trésorier...). Il est important que tous les membres de l’équipe aillent de temps en temps sur le terrain, afin qu’il ne se forme des groupes d’affinité conflictuels et qu’un fossé se creuse entre les travailleurs d’un même projet.

 

 

2.3.2.2. L’animation et la collecte des redevances

 

Au début du projet, l’animation était assurée par deux femmes et un homme. Ils passaient ensemble dans les ménages pour les convaincre de la nécessité de prendre un abonnement pour la collecte de leurs ordures. L’animation consistait en une discussion avec les ménages, particulièrement les femmes et leur faire entrevoir le lien qui existe entre les maladies liées à l’eau et l’assainissement.

 

Les animateurs prenaient le nom et le numéro du ménage qui désire s’abonner, le nom du responsable, et marquaient d’une croix verte la devanture. Ce signe matérialise leur adhésion au projet et permet à l’équipe de charretiers de la zone de s’y référer pour assurer le service deux fois par semaine.

 

L’information a bien circulé dans le secteur et l’association a enregistré cinq cent quinze (515) abonnés en juillet 1995, soit quatre mois après le démarrage.

Le collecteur des redevances distribue les factures dans les ménages à partir du 25 du mois. Il est aidé dans sa tâche par les animateurs et parfois par les charretiers pendant leur travail.

 

La collecte des redevances se fait à partir du 30 du mois jusqu’au 15 du mois suivant. Les redevances continuent d’être versées par les ménages après le 15, mais elles sont considérées dans le registre des recettes comme des arrièrés ou des retards. La gestion des recettes et dépenses (à partir d’un budget voté par l’équipe) revient au trésorier. L’argent est déposé dans une Caisse Populaire d’épargne une fois par semaine. A partir du 15, les animateurs doivent reprendre leur tâche de sensibilisation de la population.

En avril 1995, aucune rémunération n’a été versée, même pour les animateurs qui ont fait le recensement. Ils ont eux-mêmes renoncé à bénéficier d’une quelconque somme afin de faire rentrer le maximum de redevances dans la caisse du projet.

 

 

2.3.2.3. Les documents d’administration et de suivi du projet

 

L’équipe dispose de plusieurs cahiers permettant le suivi du projet, ainsi que la capitalisation:

 

 

 

Les charges sont présentées au tableau 3 .

 

Tableau 3 : charges de l’association pendant les dix (10) premiers mois du projets.

Poste

Sommes nécessaires

8 charretiers

60’000 F soit 7’500 par personne

3 animateurs

25 500 F soit 8 500 par personne

un collecteur de redevances

8 500 F

un trésorier

8 500 F

un coordonateur

9 500 F

loyer

17 500 F

Eau

1 593 F

Gardiennage

7 500 F

Foin

18 000 F

Mil

11 000 F

Imprévu

4 125 F

Fournitures de bureau

5 768 F

Pharmacie

4 370 F

TOTAL

164 804 F

 

Tableau4 : Récapitulatif des recettes et dépenses à la Patte d’Oie en 1996

Mois

Nombre d’abonnés

Abonnés payeurs

Recettes

Dépenses

Epargne net

janvier

685

599

299’500

220’000

79’500

février

700

600

300’000

285’000

15’000

mars

715

511

255’500

220’000

35’500

Avril

727

660

330’000

230’000

100’000

Mai

742

710

355’000

285’000

70’000

Juin

786

721

360’500

268’500

92’000

juillet

777

740

370’000

265’000

105’000

Août

857

786

393’000

450’000 *

57’000

Septembre

908

888

440’000

313’000

127’000

Octobre

991

904

452’000

360’000

92’000

Novembre

-

955

477’500

885’000*

-

Extrait des tableaux de redevances et registres de recettes de l’association

 

En août 1996, l’association fait une avance de 180 000 F CFA pour payer deux nouvelles charrettes.

En novembre 1996, les charges incluent la construction du site de transfert, soit 350’000 F de plus.

 

A la date du 18 novembre 1996, l’association a en caisse 1’931’950 F CFA.

 

A partir d’août 1995, le CREPA s’est plus ou moins désengagé sur le terrain de la patte d’Oie. L’objectif de ce retrait momentané était d’analyser les capacités de gestion de l’association. A partir de février 1996, le coordonateur a fait part au CREPA de quelques difficultés à gérer son personnel. Par manque de discipline, beaucoup d’ânes sont morts pour mauvais traitement et les charges du projet se sont accrues. Les retards étaient devenus fréquents et les abonnés se plaignaient trop souvent du mauvais comportement des charretiers ou du mauvais service.

 

Après plusieurs discussions entre le CREPA et le coordonateur, les réunions ont repris en avril 1996 par une nouvelle planification des besoins.

 

Les principaux problèmes notés par l’association sont:

 

 

2.3.3. Les nouveaux outils et mécanismes mis en place

 

Un règlement intérieur a été élaboré avec l’équipe de projet (voir annexe n° 2) qui permet au coordonateur de sanctionner les membres (ou de leur octroyer des bonus) sur des critères établis et acceptés de tout le monde.

 

Il prend en compte les aspects tels que les absences non justifiées ou trop fréquentes, les mauvais traitements des ânes, la détérioration des équipements, les comportements irrespectueux et les malversations. Il permet également d’attribuer des bonus aux plus méritants. Par exemple, l’équipe des charretiers qui compte le moins de plaintes dans son secteur, ou les animateurs qui font rentrer le plus d’abonnés et de redevances. Le règlement permet de prêter ou d’avancer de petites sommes aux membres de l’équipe.

 

Les rencontres entre le CREPA et l’association se sont espacées et ont lieu désormais deux (2) fois par mois. Ces réunions ont permis de préparer les points les plus importants de la formation en animation et éducation pour la santé qui s’est tenue en juillet 1996.

Il semblait alors judicieux de mettre ensemble plusieurs associations pour une seule formation. Celle ci s’est déroulée au siège de Bao Manégré. Ces associations étaient les suivantes :

 

Chaque projet a été pourvu en outil d’animation concernant son thème. Il s’agit d’un classeur comprenant vingt (20) à vingt cinq (25) images, qui traitent des problèmes de chaque secteur et les solutions envisagées pour prévenir les maladies liées à l’eau et l’assainissement.

 

A partir du second trimestre de 1996, le projet a vu naître une nouvelle dynamique au sein de l’équipe. Celle ci s’est agrandie pour répondre à la demande des populations. Les rémunérations sont passées de sept mille cinq cents (7 500), huit mille cinq cents (8 500) et neuf mille cinq cents (9 500) francs à dix mille (10 000) par membre. Le coordonateur a tenu à mettre tout le monde au même niveau salarial.

 

Le nombre des équipes de ramassage des ordures dans les ménages passe de quatre (4) à sept (7) charrettes. Entre temps, la plupart des charretiers ont abandonné le travail pour laisser la place à des femmes. Les raisons invoquées par le coordonateur sont diverses:

 

Au départ, le projet comptait quinze (15) membres dont seulement six (6) femmes, soit (40% de femmes). Au second trimestre 1996, le groupe s’est agrandi avec trois (3) nouvelles équipes de charretières. On compte au troisième trimestre 96 six (6) animatrices, treize (13) charretières et un (1) charretier, le coordonateur, le trésorier, le promoteur (collecteur des redevances) et le gardien, soit vingt quatre (24) membres dont dix neuf (19) femmes, soit 79% de femmes.

 

Les autres membres de l’association ont au début tenté de mettre en place d’autres projets rémunérateurs. Faute d’appui financier, seul le projet d’assainissement marche et les autres travaillent en attendant dans l’informel.

 

Les femmes se montrent néanmoins plus intéressées par le projet du fait des salaires réguliers proposés, mais que les hommes trouvent trop faibles.

 

 

3. ELEMENTS D’ANALYSE

 

3.1. L’impact des femmes dans la reorganisation de l’equipe

 

 

Le coordonateur du projet a souvent eu affaire à des cas de malversations financières, heureusement de petite envergure:

 

Ces fautes ont toujours été commises par les charretiers ou l’animateur. Les sanctions sont allées de la rétention du salaire à la suspension du fautif pour un mois. Devant une telle sévérité, beaucoup ne sont pas revenus au projet à cause de l’humiliation ressentie.

 

Le coordonateur a ainsi révisé ses préjugés sur les femmes. Il a pensé qu’en leur accordant un meilleur salaire et d’autres motivations financières ou sociales, en tenant compte de leur statut de mère de famille, elles pourront contribuer efficacement à l’avancement du projet. C’est ainsi que toute l’équipe est passée à dix mille (10 000) francs en mai 1997. Pour une grande motivation et en guise de cadeau de fin d’année, le salaire du mois de décembre est passé à douze mille cinq cents (12 500)francs.

 

Les femmes habitant hors du secteur 15 peuvent arriver au travail jusqu’à 8h. Elles sont pour la plupart des " déguerpies " de la cité de Ouaga 2000 qui est situé à la limite de la Patte d’Oie. C’était auparavant une zone non lotie. Elles ont été relogées 5 à 10 km plus loin du secteur. Elles se lèvent à 4 h du matin pour exécuter leurs tâches ménagères, et se rendre sur leur lieu de travail. Elles marchent entre 3 et 4 h par jour pour rejoindre le projet et retourner chez elles.

 

Certaines ont dû construire elles mêmes leur maison, en fabriquant les briques en banco et en les juxtaposant les unes sur les autres. Il s’agit d’avoir un toit où passer la nuit et abriter sa famille. Les époux de quelques unes sont allés chercher fortune à l’étranger. Elles se battent du mieux qu’elles le peuvent pour nourrir leur progéniture, les habiller, les soigner et parfois les envoyer à l’école.

 

En prêtant une oreille plus attentive aux problèmes de survie de ces femmes qui sont illettrées, le coordonateur se montre plus ouvert aux propositions. Il a demandé à rencontrer le président de l’association ECLA, une association de Ouahigouya, ville moyenne située à 180 km au Nord-Ouest de Ouagadougou, qui monte des vélos d’occasion, pour l’achat d’une quinzaine de ces vélos pour les charretières qui paieront ensuite à tempérament.

 

Les charretières font aussi de la récupération d’objets trouvés dans les déchets : sacs, bouteilles, etc, qu’elles revendent pour leur compte.

 

Malgré les limites imposées par le règlement intérieur, les soins de santé et les vaccins nécessaires sont pris en charge par le projet.

 

A la fin de 1996, le CREPA s’est rendu compte que les femmes se sentaient à l’aise dans le projet, grâce à cette promotion. Lors des rencontres entre le CREPA et l’association, le coordonateur leur donnait la parole pour expliquer leur travail. La gestion des fonds est devenue plus transparente et partagée. Elles assistent aux réunions, participent aux débats et à la recherche de stratégies pour faire avancer le projet.

 

Les animatrices sont appuyées par les charretières pour la collecte des redevances. Ces dernières savent combien de ménages elles desservent dans le mois bien qu’elles ne savent ni lire ni écrire, alors que les animatrices tiennent un cahier individuel de recettes. On assiste ainsi à un auto-contrôle qui s’est installé petit à petit, sans trop de brusquerie, grâce aux formations intensives.

 

3.2. Les formations, un créneau d’ouverture pour les femmes du projet

 

Avec le projet pilote de Wogodogo, le CREPA s’est rendu compte que les formations ont permis aux femmes de maîtriser certains outils et mécanismes de gestion et de contrôle du projet. Six (6) mois après le démarrage du projet, elles ont pu se rendre compte de certaines malversations financières commises par les deux (2) promoteurs et un (1) animateur du projet.

 

La même expérience a été tentée à la Patte d’Oie. Former les femmes, du moment qu’aucune n’avait obtenu un poste de responsabilité à la tête du projet. Cela leur permettait au moins de comprendre l’intérêt du projet pour l’amélioration de leur condition de vie.

 

Les deux formations qui ont intéressées les membres de l’équipe de projet de la Patte d’Oie sont celle de juillet 1996 et celle de novembre qui s’est déroulée au siège du projet de collecte des ordures ménagères du secteur 19, géré par deux (2) associations féminines, (Delwendé et Bénéwendé). Il s’agissait d’une formation en gestion et administration des projets de gestion des déchets et en technologie appropriée. L’association Bao Manégré souhaite dès le premier trimestre 1997, se lancer dans la réalisation d’ouvrages d’assainissement individuels par l’octroi de crédit aux ménages le désirant.

 

Cette formation a regroupé les associations du secteur 19, l’association Lagemyam du secteur 10 et Bao Manégré. Elles ont comparé les projets, leur gestion et administration, la tenue des cahiers, les initiatives prises sur le terrain avec les populations, etc. Les discussions ont souvent été intenses et les équipes ont promis de faire des visites de projet pour mieux se connaître.

 

Pour chaque module de la formation, le CREPA a demandé aux membres des micro projets qui l’avaient le mieux assimilé d’introduire le cours, toujours en langue locale. Le CREPA complétait l’explication, avant de proposer des exercices basés sur les outils de gestion et de contrôle, utilisés par les projets ( cf annexe n° 3).

 

Les femmes du projet de la Patte d’Oie ont compris l’importance de la maîtrise de ces outils, pour améliorer et faciliter la tenue de leur cahier de recettes. Au départ, elles pensaient qu’elles ne pourraient pas s’intégrer dans le projet parce qu’elles avaient trop de handicap. Elles ne maîtrisent pas le français pour la plupart et vivent des conditions de vie si difficiles qu’il leur faut beaucoup de volonté pour respecter le règlement intérieur du projet.

Elles ont compris qu’elles peuvent être plus que des exécutantes ; des femmes participatives et contribuant réellement à l’évolution du projet, grâce à leurs idées et leur dynamisme.

 

3.3. Bao Manégré dans l’environnement socio-politique et institutionnel

 

3.3.1- Les conditions d'émergence et les motivations de l'association Bao Manégré- Degré d'implication des populations.

 

L'association Bao Manégré est née du souci du président et du trésorier de voir autant de jeunes du quartier sans activité et dans le désoeuvrement.

 

En 1994, Mrs Silga Emmanuel (président de l'Association) et Soubelga Benoît (trésorier), ont informé leurs camarades de quartier de leur désir de créer l'association, qui devait avoir pour but à l'époque de réfléchir sur les moyens de se rendre utile au secteur.

 

Les premières rencontres ont eu lieu à l'église de la Patte d'Oie, Silga E. En tant que cathéchiste, avait des relations privilégiées avec le clergé et n'a pas eu de mal à obtenir l'autorisation de faire les réunions de l'association dans la grande cour de l'église.

 

Dans la foulée, près de cent cinquante (150) jeunes et femmes se sont intéressés au projet, dans l'espoir de trouver une activité rémunératrice.

 

Ne parvenant pas à trouver d'eux-mêmes un appui financier de la part d'une ONG, Silga E. a demandé à nouveau l'aide d'une religieuse de l'église, qui travaille dans un bureau d'appui aux populations. Cette dernière avait déjà eu des contacts avec le CREPA par le biais d'une association d'un secteur voisin. Elle a proposé à la nouvelle association de laisser tomber leur projet d'élevage de poulets et de se lancer dans l'assainissement.

 

Lors des premières tractations avec le CREPA, en décembre 1994. Il a été souligné aux membres de l'association que le projet ne pouvait pas embaucher tout le monde. Cette information a causé une telle déception, que la plupart des adhérants, en particulier ceux qui avaient un niveau scolaire du secondaire, se sont dispensés dans les semaines à venir. Lors des formations en mars 1995, seule une cinquante de personnes y ont assistées et 15 ont été sélectionnées pour démarrer le projet.

 

3.3.2. Bao Manégré et les populations du secteur 15

L’association a démarré ses activités d’assainissement, alors que très peu d’initiatives étaient entreprises à la Patte d’Oie, de la part des privés et de la municipalité. Elle ne se trouvait certes pas en situation de monopole, mais par une politique de contact appropriée avec les populations, elle a su les faire adhérer massivement au projet. Les équipes d’animation entraient dans les concessions pour discuter avec les ménages et les informer des objectifs du projet. Pendant 30 à 45 mn, elles parlaient des maladies liées à l’eau et à l’assainissement les plus fréquentes dans le secteur et les préventions possibles.

 

Lorsque certains abonnés se plaignent du service, l’équipe d’animation de la zone concernée cherche avec eux des solutions d’arrangement. Les charretiers ont souvent travaillé le week-end pour satisfaire quelques ménages qui exigeaient qu’on les débarrasse d’un dépôt anarchique d’ordures qui se trouvaient trop près de leur concession, pour leur permettre d’adhérer au projet.

 

L’équipe reçoit des encouragements de la part des familles. Elle rencontre cependant des obstacles sur le terrain:

 

• Le secteur compte beaucoup de terrains vides qui sont des parcelles attribuées non encore mises en valeur par leur propriétaire, ou des réserves administratives. Ce sont des endroits idéaux pour certains résidents, pour y déposer leurs ordures;

 

• L’équipe de projet a recensé une douzaine de dépotoirs sauvages. Elle a décidé de les évacuer et dès le 25 juin 1995, elle s’est mise à la tâche. C’est effectivement un préalable pour que les familles voisines de ces dépôts s’abonnent;

 

Le résultat est que plusieurs familles ont pris part à ces journées de nettoyage. Certaines se sont abonnées au projet et quelques individus se sont portés volontaires pour l’organisation d’un comité de surveillance pour garder les lieux propres;

 

• Autre dilemme qui se pose à l’équipe est l’extension du projet au reste de la Patte d’Oie. Le projet ne couvre à ses débuts que 1/3 de la superficie du secteur. Les demandes d’extension sont fortes et pressantes de la part des populations qui n’adhèrent pas encore. L’association se voit contrainte de planifier ses activités. Il va falloir faire un choix entre créer de nouvelles équipes de charretiers, ou acheter des ânes de rechange pour travailler dans les nouvelles zones les après midi, avec les mêmes équipes de charretiers du matin; ces derniers voulant accroître leur revenu.

Les critères à prendre en compte sont:

 

3.3.3- Modes d'intervention de l'association : comment se fait le choix du dépôt de transit, comment se fait la supervision, le suivi du ramassage ? Les stratégies de contrôle ou d'auto-contrôle pour le recouvrement des coûts ?

 

Le dépôt de transit n'est pas choisi par l'association. Cette dernière introduit une demande auprès de la mairie de son arrondissement. Le délégué administratif fait des propositions de terrains à l'association. Dès que le maire les entérine, le dossier continue à la Division Economique (D.E), service technique de la mairie de la commune de Ouagadougou. La D.E organise des sorties de terrain avec le service d'hygiène (autre service technique de la mairie de la commune). Les dossiers traînent à ce niveau car les deux services techniques vérifient si les terrains demandés peuvent contenir sans risque des déchets : nappe phr&atique, terrain réservés, proximité d'un marché ou d'un lieu public, etc.

 

La supervision et le suivi du ramassage : après la formation en animation/communication et EPS, l'équipe de projet est sélectionnée et le travail commence sur le terrain. L'équipe du CREPA fait un suivi durant les premières semaines, pour vérifier les charretiers et les animateurs maîtrisent leur travail et connaissent leur zone.

 

L'une des tâches du promoteur est de superviser le travail des charretiers : combien de fois passent-ils dans les ménages , respectent-ils les limites de leurs zones d'intervention ? Déchargent-ils les déchets à l'endroit indiqué ? Ménagent-ils les ânes ? Est-ce qu'ils utilisent le matériel de protection ?

 

A Bao Manégré, le Président s'occupe également de ce travail de supervision et fait souvent le tour du quartier pour discuter avec les ménages et se rendre compte de l'état de salubrité du secteur.

 

Lorsque les animatrices vont collecter les redevances dans les ménages, elles prennent également les plaintes pour en discuter en réunion d'équipe.

 

Pour le recouvrement des coûts, chaque animatrice a une zone de collecte bien délimitée. Elle a avec elle un certain nombre de carnets de reçu sur lequel le promoteur marque les informations suivantes :

 

- nom du collecteur

- zone de la collecte

- mois de la collecte

- nombre de reçus dans le carnet

- nombre de reçus ayant servi pour les arriérés ( à partir du 20 du mois)

 

Le trésorier (ou le promoteur) récupère auprès des animatrices les sommes collectées tous les jours. Celles ci émargent dans un cahier avec la date de remise des sommes. Chaque animatrice possède un cahier de recouvrement pour confronter les informations avec celles du trésorier le jour de la réunion où sera voté le budget du mois prochain, environ le 25 de chaque mois.

 

Le promoteur tient un cahier d'abonnement. Chaque abonné est inscrit sur une carte d'abonnés sur laquelle est inscrite l'évolution annuelle de son paiement.

 

Le promoteur rempli également tous les jours un cahier des redevances. Il comprend :

- le numéro d'ordre et le nom de l'abonné

- la date d'abonnement

- les observations éventuelles et les 12 mois de l'année.

 

Si l'abonné paye régulièrement, c'est à dire avant le 20 de chaque mois, le promoteur marque une croix devant le mois. S'il accuse un retard de moins de trois mois dans son paiement, le promoteur marque un point, plus de trois mois de retard de l'abonné est considéré comme un abandon et le promoteur marque des tirets. Les retraités payent tous les trimestres.

 

Si un abonné s'inscrit en milieu d'année, le promoteur fait des rayures devant les mois avant l'abonnement.

 

L'animatrice qui recouvre 90% des redevances de sa zone reçoit un bonus de 1000F.

 

3.3.4. Bao Manégré et la municipalité

 

Malgré les multiples prises de contact avec leur mairie d'arrondissement, il faut dire qu'il n'existe pas de relations concrètes entre l'association et la municipalité. Par contre, depuis la création de la fédération des associations oeuvrant dans le domaine des déchets solides, il y a un contact naissant avec la mairie de la commune centrale, qui a une politique relativement claire de l'assainissement de la ville de Ouagadougou et du rôle moteur que les associations doivent y jouer, notamment au niveau de la pré-collecte dans les quartiers périphériques de la capitale. Les quartiers centraux seraient réservés au privé. La municipalité évacuerait les déchets des dépôts de transit vers le dépôt final aménagé hors de la ville.

 

La municipalité de Bogodogo est bien informée du projet. Plusieurs rencontres ont eu lieu entre le maire, ses conseillers et l’association. Le coordonateur a eu d’autres rencontres informelles avec le maire ou ses conseillers, particulièrement pour régler la question du site de transfert.

 

La parcelle attribuée à l’association par la mairie a fait l’objet d’un conflit entre l’association et un résident qui refusait la construction d’un site près de sa concession. Le maire a dû intervenir pour expliquer au résident l’impact du projet sur le secteur. Ce dernier s’est abonné sur le champs, et il a aussi accompagné le maire et le coordonnateur pour chercher un autre terrain devant servir de site de transfert.

 

Les petits conflits avec les ménages se règlent assez rapidement, compte tenu que l'association a reçu des formations et recyclages en communication et que ce sont également des enfants du quartier. Les animatrices travaillent avec des outils d'animation. Ce sont une vingtaine d'images reflétant les habitudes d'hygiène des populations, contenues dans un classeur. Pour une séance, elles sélectionnent deux à trois images sur un thème, et vont dans les ménages.

 

Il arrive qu'un ménage se plaigne du travail d'un charretier. Le président règle le problème selon les articles du réglement intérieur mis en place en 1996, il est arrivé à trois reprises que des charretiers soient suspendus pour mauvais traitement sur les animaux, ou mauvaises prestations dans les ménages.

 

Bien qu’il n’ait pas encore donné à l’association son récépissé d’autorisation d’exploitation du site de transfert, le maire supervise en personne les travaux de construction de la clôture du terrain.

 

C’est par de telles actions que les associations deviennent incontournables dans le domaine de l’assainissement péri-urbain à Ouagadougou. Le 3ème PDU prend en compte leur existence dans sa nouvelle stratégie d’assainissement. Malgré leurs faibles moyens techniques, elles se montrent plus aptes à satisfaire les populations avec le nettoyage des devantures des maisons des abonnés, les discussions et les informations recueillies par les équipes d’animation, etc. Cependant elles ne peuvent couvrir que des aires bien limitées: ce qui est pris en compte par le 3ème PDU.

 

Les gros équipements des services techniques municipaux seront chargés d’évacuer ces dépôts intermédiaires situés dans les secteurs et exploités par les associations et privés, vers les décharges finales qui se trouvent hors de la ville.

 

3.3.5. Bao Manégré et les autres structures associatives

 

Le regroupement des associations pour les formations ont permis de mieux connaître leurs forces et faiblesses, mais surtout d’envisager de créer une coordination des associations appuyées par le CREPA. Les autres structures (secteurs 10 et 19) se sont rendues compte du rôle de leader que pouvait jouer le président de Bao Manégré, mais aussi qu’il peut leur être d’une grande aide dans les éventuels contacts avec les autorités.

 

Des visites d’échange entre les trois projets ont pu être organisées sous l’égide du CREPA. C’est ainsi que le président de Bao Manégré a demandé à rencontrer son homologue de l’association ECLA, pour déterminer des séances de travail.

 

Il est important que ces différents projets se rencontrent pour faire le point de leurs activités. Les associations se retrouvent dans un domaine prisé par les entreprises privées qui bénéficient d’appui et de moyens plus importants. Leur force reste donc dans l’union.

 

Bao Manégré a tenté d’entrer en contact avec des ONG pour bénéficier d’un appui financier, bien avant de se tourner vers le CREPA. Très peu d’ONG sont intéressées par l’assainissement en milieu urbain et péri-urbain, parce que jusqu’à ces dernières années, c’était un domaine réservé à l’Etat. Les acteurs commencent à s’élargir petit à petit, mais on note un manque d’expérience et de compétence au niveau de l’appui.

 

En février 1997 sous l’égide de la municipalité, une fédération des associations travaillant dans le domaine de l’assainissement à Ouagadougou a vu le jour. La présidence est revenue à Bao Manégré, après un vote serré entre l’AJSC du secteur 22 (Association des Jeunes pour la Salubrité dans nos Cités) et l’association du secteur 15.

 

3.4. La nouvelle approche du CREPA à la Patte d’Oie

 

Le CREPA a noté certaines faiblesses au niveau des micro projets :

 

° Les associations sont confrontées à de sérieuses difficultés dans la gestion financière et celle du personnel, la notion d’autonomie étant mal comprise par certains membres de l’équipe. Ils ont confondu "transparence" et "démocratie" avec "anarchie" et "manque de respect". Cela a entraîné des dérapages dans le fonctionnement car l’autorité du coordonateur en a pris un coup.

 

Sans appui, l’épineux problème des sites de transfert reste insurmontable pour les associations, car celles-ci manquent encore de crédibilité face aux institutions étatiques et à la municipalité. Elles doivent, encore pour quelques temps, vivre sous le couvert d’ONG ou d’institutions reconnues par l’Etat.

 

Pour être intégrés dans la politique générale de gestion des déchets, qui commence à se dégager au niveau de la municipalité de Ouagadougou, voire même au niveau national, il devient nécessaire que ces projets sectoriels puissent faire face aux exigences du moment et à celles des populations. Pour surmonter au plus vite ces difficultés, il est alors nécessaire de restructurer les équipes afin de permettre une meilleure intégreation des assciations au processus d’ouverture du marché.

 

Le CREPA compte appuyer de nouvelles structures dans d’autres secteurs périphériques de la villes de Ouagadougou. Les anciennes équipes se doivent d’être performantes pour participer à l’implantation de ces projets avec les expériences acquises sur leur terrain respectif.

 

Il faudrait s’assurer de la fiabilité des données enregistrées dans les micro-projets et pour cela, les formations dont bénéficient les équipes doivent permettre de mettre en place des outils et des mécanismes de gestion et d’évaluation des performances et des insuffisances de chaque micro-projet.

 

 

Le CREPA est conscient de la nécessité de la participation des femmes dans tout projet d’eau potable et d’assainissement. Elles sont responsables de la propreté des ménages et ressentent fortement l’insuffisance des infrastructures et d’équipements d’assainissement dans le secteur. Elles ont une part active à prendre dans le processus de développement du secteur afin d’une part, d’alléger leur corvée quotidienne et d’autre part, de faciliter leur travail de maîtresse de maison et de mère de famille.

 

L’approche de partenariat ne permet pas d’imposer un point de vue, mais surtout de se faire comprendre grâce à l’information et aux formations. La participation communautaire doit permettre "de réhausser de façon indirecte la capacité des communautés à résoudre leurs propres problèmes".

 

Dans le même article, l’auteur définit la participation communautaire comme étant "l’implication active de la population locale dans la prise de décision concernant les projets de développement ou dans leur mise en oeuvre (...). L’implication de la population dans la réalisation pratique d’un projet ne peut être considérée comme une participation communautaire que s’il existe un certain niveau de partage de décisions avec la communauté".

 

 

CONCLUSION

 

Les résultats donnés par le projet de la Patte d’Oie découlent de plusieurs combinaisons:

 

 

Au premier trimestre 1997, le projet s’ouvre à de nouvelles perspectives. L’équipe veut réaliser des ouvrages d’assainissement (latrines, puisards, lavoirs) dans les ménages qui le souhaitaient en leur octroyant un crédit. Cinq (5) maçons appartenant à l‘association seront formés, ainsi que des hommes et des femmes qui s’occuperont de la gestion de cette activité.

 

Il s’agit d’un nouveau combat dans l’apprentissage, pour organiser, gérer, et discipliner. Le leader aura pour rôle de faire en sorte que les autres membres de l’équipe puissent voir des résultats qui leur permettent de s’approprier le projet.

 

La force de ce projet est que le leader ne craint pas de se battre seul, pour démontrer aux autres qu’il y a des possibilités à la portée de chacun.

 

Les femmes en Afrique ont un rôle déterminant à jouer dans la plupart des activités de développement. Le terrain est à défricher, parce qu’elles ont besoin, plus que les hommes, de formation, d’information, et de compréhension. Leur manque d’agressivité et de dynamisme est souvent mal compris et mal interprété. Dès lors qu’elles parviennent de nouveau à avoir confiance en leur savoir-faire traditionnel, et qu’elles pensent qu’on leur fait confiance, elles sont capables de beaucoup de choses.

 

Un autre combat en 1997, est de parvenir à obtenir de la mairie une autorisation d’exploitation du site de transfert. L’association a construit avec ses moyens une clôture permettant aux charretiers d’y déposer les ordures.

 

L’objectif du CREPA est d’amener le coordonateur à une maîtrise de la gestion et de l’administration des ressources humaines et du projet en général.

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

- Bayili Paul Perré, Gestion des déchets solides municipaux dans la ville de Ouagadougou; Analyse comparative des systèmes publics, associations et privés; rapport provisoire, Ouagadougoun septembre 1996.

 

- Bayili Paul Perré, Valorisation des déchets organiques dans les quartiers populaires des villes africaines: conclusions et perspectives,. Ouagadougou, juin 1996.

 

- Rapports d’étapes sur l’appui du CREPA aux micro projets Mars 1995 à Décembre 1996.

 

Ousseynou Guène, Contribution à l’étude de la technologie du compostage artisanal dans un quartier de Ouagadougou, septembre 1995.

 

- Termes de référence du programme UWEP.

 

- Atelier de restitution de la Phase de lancement (mai-septembre 1996), La gestion concertée et durable des déchets solides: une alternative pour une amélioration des conditions sanitaires et environnementales dans la ville de Ouagadougou, le 3 octobre 1996.

 

- PPE-FNRS, Gestion et Valorisation des Déchets Solides Municipaux, " Projet de recherche ", Ouagadougou, octobre 1996.

 

Direction du 3ème Projet de Développement Urbain, Plan d’action pour la gestion des déchets ménagers et industriels à Ouagadougou et Bobo Dioulasso. Projet d’Amélioration des Conditions de vie Urbaines (PACVU), version approuvée, mai 1996.

 

Dr Ousseynou Edje Diop (consultant GREA), Projet d’amélioration des conditions de vie à Ouagadougou: gestion des déchets solides municipaux. Etude de factibilité et d’ingénierie préliminaire, Rapport provisoire, Direction du 3ème Projet de Développement Urbain, octobre 1993.