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| ee | Article : La crédibilité de la Banque mondiale en question Souvent considérée comme La référence en matière de recherche sur l'économie du développement, la Banque mondiale voit sa réputation de « Banque de La connaissance » mise à mal par un récent rapport d'audit commandé par son vice-président et économiste en chef, François Bourguignon. Le rapport d'audit, rendu public en décembre 2006, souligne que plus du tiers des 4000 recherches publiées entre 1998 et 2005 n'apporterait rien à la compréhension des phénomènes qui facilitent ou entravent la croissance dans les pays pauvres. L'audit dénonce également l'utilisation fortement idéologique des études. Les recherches internes défavorables aux positions de la Banque étant simplement ignorées. Selon les experts, il est dommageable que « cette recherche ait été utilisée pour la défense des politiques menées par la Banque, sans faire preuve d'équilibre dans la présentation des faits ni de la distanciation requise. » Les études des économistes les plus influents de la Banque tels que David Dollar, Art Kray et Paul Collier soutenant la thèse - chère à l'Institution - d'une croissance « bonne pour les pauvres » sont particulièrement critiquées. La Banque est accusée d'en « claironner les résultats empiriques, sans tenir compte de leur nature fragile et incertaine » ni du traitement hasardeux des données statistiques. Les experts recommandent d'accroître le budget du département de recherche de la Banque et d'en limiter les thématiques d'étude. Ils souligne également la nécessité d'associer à leurs travaux des chercheurs des pays en développement. Suite à cette parution, deux chercheurs de la Banque mondiale, Vijayendra Rao et Michael Woolcock, en rajoute une couche. Ils soulignent un « oubli » dans les critiques formulées par le rapport d'audit, et non des moindres. Selon eux, le problème fondamental avec la recherche au sein de la Banque mondiale est que moins de 5% de ses chercheurs ont une compétence et un intérêt suffisant dans les sciences non économiques. Cela crée une sorte de monopole disciplinaire. Les politiques de développement de la Banque ne reflètent par conséquent que les tendances, les modes et les débats d'une seule discipline ». Par ailleurs, les chercheurs et les évaluateurs n'ayant pas une perspective économique seraient laissés seul dans leurs travaux, sans coordination avec leurs collègues économistes. Dans leurs conclusions, les deux chercheurs insistent sur l'importance d'une plus large gamme de discipline dans le profil des chercheurs recrutés par la Banque ainsi que d'un plus grand nombre d'opérationnels ayant une expérience hors de la Banque, pour « davantage de nouvelles idées ». Un appel à une approche pluridisciplinaire du développement au sein de la Banque mondiale plus que bienvenu. Consulter le rapport complet : An evaluation of World Bank Research 1998-2005 À lire aussi ce mois-ci : >Banque mondiale : les 12 travaux de Zoellick >Le FMI de plus en plus en mal de clients >Le gouvernement norvégien renonce aux conditionnalités économiques >Allègements de dette sous conditions, la Zambie étroitement contôlée >La Stratégie de la Banque mondiale en matière de Gouvernance et de Lutte anti-corruption - perspectives de la société civile >Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI, Singapour, 19 et 20 septembre 2006 |
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