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Les conditionnalités de la Banque mondiale et du FMI : les injustices du développement

Pour son rapport « Les conditionnalités de la Banque mondiale et du FMI : les injustices du développement », Eurodad a passé au crible les programmes des institutions de Bretton-Woods dans 20 pays du Sud. Le réseau européen d'ONG sur la dette et le développement, basé à Bruxelles, affirme que le nombre de conditionnalités exigées en contrepartie des financements de ces institutions est excessivement élevé et en constante augmentation. En moyenne, pour un programme de la Banque mondiale, ces pays doivent satisfaire à 67 conditions. Dans un pays tel que l'Ouganda, où 23% des enfants de moins de 5 ans souffre de malnutrition, leur nombre a atteint 197 en 2005 ! Dans le cas du Bengladesh, où la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, un tiers des conditions attachées à son second crédit d'appui au développement de 2005 concernait des privatisations (telles que les télécommunications, l'électricité, les banques...). Le rapport montre que la volonté affichée de la Banque mondiale et du FMI de réduire le nombre de conditionnalités attachées à leurs programmes n'est pour le moment qu'un mirage Eurodad appel en conséquence à une réforme radicale de leurs conditionnalités et demande notamment :

· une réduction drastique du nombre des conditionnalités, contraignantes ou non, attachées aux programmes du FMI et de la Banque mondiale. Cette dernière doit en particulier cesser de « micro-manager » les réformes dans les pays pauvres ;

· d'arrêter immédiatement d'imposer des conditionnalités en matière de privatisation et de libéralisation commerciale, quand bien même celles-ci figureraient dans les propres stratégies de réduction de la pauvreté du pays ;

· de s'assurer que les conditionnalités ne concernent qu'un socle fondamental d'exigences de transparence permettant de renforcer la capacité des citoyens à demander des comptes à leur gouvernement, plutôt qu'à la Banque mondiale et au FMI.




À lire aussi ce mois-ci :
>Et si la France dépendait de l'aide internationale... et des prescriptions du FMI
>Une nouvelle stratégie pour réformer les conditionnalités de la Banque mondiale et du FMI
>Lettre ouverte d'organisations de la société civile européennes sur la réforme institutionnelle du FMI
>La loi des créanciers contre les droits des citoyens

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communiquŽs

> Film/débat : Qui profite de l'or Malien ? (1er/06/2006)

> Nouveaux standards de la Banque mondiale : une contre-performance (8/11/2005)






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> L'Afrique sans dette
Damien Millet, Ed. CADTM/Syllepse, 2005. En savoir plus



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