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Départ de Wolfensohn : quel avenir pour la Banque mondiale ? (6/01/2005) | Contact presse : Agir Ici - Laetitia Guidi - 01 56 95 24 46 | James D. Wolfensohn vient d'annoncer qu'il ne briguerait pas un troisième mandat à la tête de la Banque mondiale. En 10 ans de direction, M. Wolfensohn aura incontestablement laissé son empreinte sur la plus puissante institution internationale de développement (20 milliards de prêts et de dons en 2004). Quelques mois avant son départ, les bilans sur sa présidence vont se multiplier. Un chroniqueur du Washington Post, Sebastian Mallaby, a déjà ouvert le bal en publiant un ouvrage sur celui dont il qualifie la présidence d'à la fois "meilleure" et "pire" que la Banque ait jamais connue . Il identifie les trois principales avancées réalisées sous l'ère Wolfensohn : la lutte contre la corruption, la décentralisation et la définition des politiques de lutte contre la pauvreté par les pays eux-mêmes. Dans un deuxième temps, il déplore le manque de poigne de M. Wolfensohn dans sa façon de diriger ainsi que son hyper-réactivité à la critique. Agir ici et ses partenaires du "programme pour la réforme des institutions internationales" ont pu apprécier, au cours des différentes rencontres organisées depuis plus de 6 ans, les multiples facettes du personnage. D'un côté, un homme ouvert, riche en idées pour réformer la Banque mondiale : plus de voix pour les pays en développement au sein de la Banque, plus de participation de la société civile, moins de conditionnalités imposées de l'extérieur, une appropriation locale des projets de développement... De l'autre, un Président qui campe sur ses positions et refuse le dialogue quand il devient trop gênant : impossibilité de remettre en cause les conditionnalités macroéconomiques, contradiction entre les annonces de la Banque mondiale et la réalité du terrain... Pourtant, une chose est sûre : quelles que soient nos critiques, il est indéniable que la Banque mondiale s'est ouverte sous la présidence de M. Wolfensohn. Son départ annoncé laisse planer le doute quant aux prochaines orientations de la Banque. En effet, en vertu de l'accord tacite qui veut le président de la Banque soit un ressortissant des Etats-Unis alors que la direction du FMI est laissée aux Européens, l'avenir de cette institution internationale réside désormais entre les mains des seuls Etats-Unis,. L'opposition chronique de Wolfensohn avec les prétentions de l'administration Bush aura eu raison de lui. Gageons que le prochain président de la Banque mondiale prendra du recul face aux exigences américaines. Une réforme en profondeur de cette institution est à cette condition. |
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