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Monsieur le Premier Ministre,
En 1997, le Parlement des enfants adoptait une proposition de loi pour
"créer dans chaque école un poste d'infirmière (ou infirmier), pour soigner les petits bobos, surveiller l'état de santé des enfants, écouter les enfants qui ont besoin de parler en sécurité, dépister, aider et protéger les enfants maltraités"
(article 1er de la proposition de loi des enfants).
Nous vous demandons d'inscrire dans le budget de la France les moyens financiers pour mettre en oeuvre cette exigence des enfants.

Cette carte pétition a été lancée à l'initiative de Bernard Birsinger (député - maire de Bobigny Seine Saint-Denis France), on peut se la procurer pour la signer et la faire signer en téléphonant au 01 41 60 93 91 (en France) ou en écrivant à Bernard Birsinger, député maire de Bobigny, 31 av du Pdt Salvadore Allende 93000 Bobigny

Plus de 20 000 personnes ont signé la carte pétition dont la validité prend fin au 28 février*. La FCPE, l'Action Catholique des Enfants, les Francas, les Pionniers, le Secours Populaire Français et de nombreuses associations ont pris une part active à la campagne et fait signer un très grand nombre de personnes. On estime à environ ¼ les signataires âgés de moins de 19 ans.
B. BIRSINGER s'est adressé à plusieurs reprises à Ségolène ROYAL, ministre de l'enseignement scolaire, laquelle a convenu de la nécessité de faire plus en matière d 'embauches d'infirmières scolaires, mais a renvoyé l'arbitrage au Premier ministre. La demande d'audience auprès de lui a été déposée par plusieurs personnalités représentant les associations ou syndicats qui se sont investis dans la campagne.
La réponse de Lionel Jospin fait état de la mise en place d'un groupe de travail chargé de redéfinir les missions des différents personnels dans l'éducation nationale et rejette la demande de rendez-vous.

Dépot des pétitions le 10 mars 1999
· 11h00 Conférence de presse de Bernard Birsinger à l'Assemblée nationale.
· 14h00 Dépôt des cartes pétitions " une infirmière par groupe scolaire " à Matignon.

Cette proposition est importante pour au moins deux raisons :

D'abord parce que c'est une proposition qui émane des enfants eux-mêmes

L'expérience du parlemnt des enfants doit être prise au sérieux. En montrant aux enfants que l'on prend en compte leur proposition, on les considère comme des individus à part entière.
Il faut faire en sorte que les enfants et les adolescents puissent réellement s'impliquer dans l'organisation et le fonctionnement des collectivités auxquelles ils appartiennent.
Les enfants ne doivent pas consommer leurs droits mais surtout les exercer.
Il faut valoriser l'espérience citoyenne, le travail collectif auprès des jeunes générations, pour développer les capacités d'initiative individuelle et collective, pour apprendre à vivre ensemble, recréer du lien social et former des citoyens lucides et solidaires.

Parce qu'il n'est pas acceptable qu'en France chaque groupe scolaire ne dispose pas d'une infirmière.

La présence permanente d'une infimière es nécessaire "pour soigner les petits bobos, surveiller l'état de santé des enfants, écouter les enfants qui ont besoin de aprler en sécurité, dépister, aider et protéger les enfants maltraités" (article premier de la proposition de loi du Parlemnt des enfants 1997)
Avec ces quelques mots, les enfants expriment clairement et simplement les besoins identifiés par le Haut Comité à la Santé Publique. Dans un rapport adressé au Parlement en juin 1997, le Haut Comité a dressé un tableau préoccupant de la santé des enfants, des adolescents et des jeunes adultes. (cf
http://www.globenet.org/enfant/france.html

Trois cents créations de postes d'infirmières ont été inscrites au budget 1998. Cette évolution est notable et mérite d'être soulignée, mais le retard est tel que cela n'est pas suffisant.
Le Syndicat National des Infirmières et Conseillères de Santé (SNICS) estime à 12 287 le nombre de créations de postes nécessaires pour améliorer les réponses aux besoins et aux demandes des élèves et étudiants en matière de santé. Cela représente entre 600 et 800 millions de francs. Ces chiffres peuvent paraitre importants mais ils méritent la comparaison. Le marché des médicaments remboursables concernant le système nerveux central pèse 10,6 milliards de francs.
Une éducation à la santé individualisée, une plus grande écoute peuvent certainement contribuer à la baisse de la consommation des somnifères, tranquilisants et autres antidépresseurs. Créer un nombre d'infirmières suffisant dans l'Education nationale pour répondre aux besoins, c'est faire un investissement social à long terme.
Surtout lorsque l'on constate que le suicide est la deuxième cause de de décès chez les 15-24 ans en France, que ce taux de suicide est le plus élevé des pays de l'Europe de l'Ouest et qu'en outre, les jeunes français occupent le premier ou le troisième rang selon l'âge pour les difficultés d'endormissement et pour la consommation de somnifères.


Mise à jour du lundi 12 octobre 1998

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